AqME – Epithète Dominion Epitaphe

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Avis :

AqME et moi, c’est un peu une grande histoire d’amour. Je suis tombé amoureux du groupe dès Sombres Efforts, premier album que j’ai découvert dans un rayon obscur d’un supermarché, à l’époque où la diversité était encore d’actualité et où l’on pouvait avoir accès à des bornes d’écoute avec des groupes français récents. Tel un poison limpide, les paroles se sont insinuées en moi et je suis devenu un fan inconditionnel du groupe. Après deux gros concerts, un Polaroïd et Pornographie plus commercial et un énorme La Fin des Temps, on apprend malheureusement que le groupe perd Ben, le guitariste qui décide de partir pour un autre groupe. Vient Hérésie qui déçoit les critiques, mais que j’ai plutôt apprécié et qui marque un changement dans le groupe. Beaucoup plus violent, on sent que AqME lâche un peu la bride et se dirige tout doucement vers un métal gueulard. En l’honneur de Jupiter signe aussi le grand retour du groupe, car cet album est vraiment excellent et alterne divinement bien les morceaux brutaux et les morceaux plus calmes. C’est en avril 2012 que sort le dernier album du groupe, qui sonne un peu comme le glas. Pourquoi ? Car il signe le départ de Thomas, le chanteur charismatique du combo, qui décide de partir vers sa passion, le tatouage. Du coup, ce sixième opus sonne comme un chant du cygne et marque peut-être un tournant dans la carrière du groupe. Putain, les mecs, déjà 10 d’existence, c’est beau ! Mais au fait, que vaut Epithète, Dominion, Epitaphe, sixième skeud du groupe ? Il va falloir vers un sombre effort vers la suite.

Déjà amorcé dans le quatrième et le cinquième album, AqME se tourne à présent vers quelque chose de plus bruyant, de plus brutal et on se retrouve devant quelque chose de totalement différent du premier album. Cela me fait assez bizarre, car ce qui m’avait plu dans ce groupe, c’est la noirceur des paroles, avec un rock, assez dur, certes, mais pas hurlé, pas gueulard. Hors, dans cet album, il y a très peu de chants clairs, surement trop peu pour moi et c’est ce qui me chagrine le plus. Mais, il y a tout de même plusieurs points positifs sur ce skeud. La première chose vient des compositions en elle-même. En effet, l’album a le mérite d’être ecclectique et de proposer des morceaux bien différents. Ainsi, si des chansons comme Luxe Assassin, Adieu ou encore la dialectique des possédés résonnent comme des morceaux hardcore, il y a toujours des morceaux qui contrebalancent tout cela et qui permettent tout de même un certain repos (l’empire des jours semblables par exemple). La deuxième grosse nouveauté va venir du guitariste. En effet, voulant s’affranchir de la gratte saturée de Ben, il va proposer des solos bien maîtrisés, lorgnant vers le heavy, et en ce sens, cela s’impose comme une bonne nouvelle, car cela apporte de la fraîcheur au groupe. Enfin, mais je ne sais pas si c’est une bonne chose ou un point noir, l’anglais fait son apparition sur le skeud. Alors certes, ce n’est que sur une chanson, mais cela m’a un peu chatouillé les tympans, et mon esprit chauvin prend un peu le dessus. D’ailleurs, My English is pretty bad est surement le morceau le moins inspiré alors qu’il y a un bon solo et des invités sur le titre (Loudblast). Heureusement pour moi, le vieux fan tellement con qu’il ne change pas de vision, il y a une pièce qui rappelle le bon vieux avec Plus tard Vs trop tard. Malgré un titre bien pourri, la chanson m’emporte et me parle et me donne même envie de remettre le premier skeud du groupe dans la voiture !

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Comme je l’ai dit précédemment, le groupe entame son entrée dans le monde du métal pour délaisser un son rock/métal. Mais cela est surtout dû au chant de Thomas. En effet, s’il laisse trainer sa voix sur des morceaux comme l’empire des jours semblables ou épithète, dominion, épitaphe, il passe le plus clair de son temps à crier. Heureusement pour nous, il a pris de la bouteille et livre une séquence vocale maîtrisé, jouant parfois avec son organe (sa voix, hein ! pas sa bite !), notamment sur Luxe Assassin. L’apport de certains chanteurs sur d’autres morceaux est plutôt pas mal et donne une autre dimension au groupe. Au niveau des paroles, on reste dans tout ce qui fait le charme d’AqME. Souvent sombres, elles dénoncent tout de même nos excès, et surtout les dérives de notre société, comme les médias (Marketing Armageddon) ou encore notre besoin d’avoir toujours plus (Luxe Assassin). Néanmoins, comme dans le dernier Mass Hystéria, on retrouve une certaine positivité, et une envie d’aller vers l’avant, comme avec Idiologie ou encore l’empire des jours semblables.

Au final, Epithète, Dominion, Epitaphe, reste une belle surprise qui demande tout de même à être apprivoisé et plusieurs écoutes. Malheureusement, il sonne pour moi comme une mort annoncée, à cause du départ de Thomas et de l’arrivée du nouveau chanteur, Vincent, qui ne m’a pas encore convaincu. Les prestations scéniques seront résolument différentes et c’est bien dommage. Si les morceaux sont plus violents, ils montrent une belle prouesse technique et un chant parfaitement maîtrisé. Pour les vieux fans comme moi, Plus Tard Vs Trop Tard fera revenir la vieille fougue qui s’était terrée dans mon corps. Bref, un album pas si évident, mais qui vaut le détour.

  1. Idiologie
  2. Quelque soit le Prométhéen (ou le Nihiliste)
  3. Epithète, Dominion, Epitaphe
  4. Luxe Assassin
  5. L’Empire des Jours Semblables
  6. Adieu
  7. My English is Pretty Bad
  8. Marketing Armageddon
  9. Plus Tard Vs Trop Tard
  10. La Dialectique des Possédés
  11. 110 587

Note : 15/20

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One Comment to "AqME – Epithète Dominion Epitaphe"

  1. […] 2012 : Epithète, Dominion, Epitaphe […]

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