octobre 26, 2020

Paranoïac

De : Freddie Francis

Avec Oliver Reed, Janette Scott, Sheila Burrell, Alexander Davion

Année: 1963

Pays: Angleterre

Genre: Thriller

Résumé:

A la mort de ses parents, le jeune Lord Simon Ashby s’attribue l’intégralité du patrimoine en tuant son frère Tony et en faisant passer sa sœur Éléonore pour folle. Mais bientôt, un imposteur se faisant passer pour Tony vient lui réclamer ses droits…

Avis :

S’il y a bien un réalisateur qui a laissé une marque indélébile sur le septième art, c’est Alfred Hitchcock. Non seulement il laisse des films devenus cultes, mais il a aussi inventé divers genre, et notamment le slasher avec Psychose qui est aujourd’hui considéré comme un Proto-Slasher, à savoir une œuvre qui s’apparente au genre, donnant quelques idées de base à ce que deviendra plus tard le slasher. Mais on notera dans la filmographie de Hitchcock des thrillers tous plus remarquables les uns que les autres. Il est donc logique que certains réalisateurs s’inspirent de cela pour faire leur propre film. Avec Paranoiac, Freddie Francis signe ses débuts derrière la caméra. Il profite alors d’une entente entre Hammer et Universal pour tourner ce métrage qui suppurera par tous les pores des films comme Psychose, mais aussi Rebecca ou encore Sueurs Froides.

L’histoire se place dans un cadre presque idyllique en Angleterre, au sein d’une famille bourgeoise qui a vécu un drame il y a de ça une quinzaine d’années. En effet, les parents de la famille ainsi qu’un frère vont décéder dans un accident. Ne reste alors plus qu’une sœur et un frère qui vont se faire élever par leur tante. Cette dernière, tous les ans, organise de fausses funérailles pour se souvenir du drame familiale. Mais ce jour-là, Tony, le frère disparu, semble ressurgir et sème la pagaille non seulement dans la famille, mais aussi dans l’héritage qui commence à se mettre en branle. Comme on peut le constater, on est clairement dans un thriller basique, très hitchcockien, non seulement par le cadre exploré, mais aussi par la thématique du mort qui revient et du passé qui va faire sortir quelques animosités, quitte à montrer que le monstre n’est pas toujours celui que l’on croit.

La première partie du film va se concentrer sur la jeune sœur, que tout le monde pense folle, mais qui va peut-être avoir raison sur le retour de son frère. On aura droit à une jeune fille fragile, hyperémotive et qui être troublée entre deux amours, celui pour son frère et celui pour un homme qu’elle aime. Le problème, c’est que ces deux hommes sont une seule et même personne. On aura donc droit à certains problèmes éthiques, à des questionnements sur la santé mentale de cette jeune fille et le film va semer le trouble sur l’identité de ce frère revenu au bon moment. Dès le départ, le métrage joue constamment sur la méfiance et on ne sait pas vraiment qui a raison. Le frère et la tante se posent des questions, mais on ne peut pas tellement leur donner du crédit, puisque leur seule motivation, c’est l’argent de l’héritage, qui va prendre du retard à cause de cette arrivée impromptue. Et d’un autre côté, entre le timing d’arrivée et la relation ambiguë avec la sœur, on se pose des questions sur l’identité de cet homme.

Une identité qui va être vite révélée, et ce sera un peu le point faible du film, car à partir du moment où on sait les vraies motivations de ce personnage, le film perd en intensité dramatique et en enjeu. Fort heureusement, Freddie Francis a l’intelligence d’accès son film vers un autre personnage, celui d’Oliver Reed, un grand frère amateur de bouteilles, violent et tonitruant. Si l’acteur est complètement habité par son rôle (comme à son habitude), son personnage n’en sera que plus développé et intrigant. Toujours dans la colère, dans la démesure, il s’agit-là aussi d’un personnage trouble. Un protagoniste qui va se révéler petit à petit, jusqu’à devenir un vrai monstre, dans un final très proche du Psychose que l’on connait tous. Le film va assez rapidement partir dans le thriller noir, à la limite du film d’horreur, s’amusant à créer un tueur masqué, avec quelques séquences plutôt dérangeantes, comme cette fameuse scène où le frère joue de l’orgue avec quelqu’un à côté de lui portant un masque lugubre. Le film vrille vers l’horreur en quelques instants et c’est plutôt bien vu. D’autant plus que la réalisation de Freddie Francis est exemplaire, lorgnant toujours du côté des maîtres, mais réussissant à créer une atmosphère délétère et qui finalement colle à la Hammer. A noter aussi que le noir et blanc sied parfaitement à ce genre, lui donnant un certain cachet, si ce n’est une véritable légitimité.

Au final, Paranoiac de Freddie Francis est une bonne surprise. Si on ne peut lui imputer ses références au cinéma d’Alfred Hitchcock et le fait de dévoiler l’une des intrigues un peu trop rapidement, le film se révèle tout de même efficace, aussi bien dans sa trame générale que dans son rythme. Certes, le métrage a quelques défauts, mais il arrive à tenir le spectateur en haleine sur toute sa longueur, mélangeant le thriller à l’horreur et offrant un final assez efficace. Et puis la prestation d’Oliver Reed est à tomber par terre, une sorte de monstre de Frankenstein mais ayant conscience de son âme perfide et malade. Bref, Paranoiac est un bon film, dont la version en bluray est sublime.

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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