octobre 29, 2020

Stranger Things Saison 2

D’Après une Idée de : Matt et Ross Duffer

Avec Winona Ryder, David Harbour, Millie Bobby Brown, Finn Wolfhard

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 8

Genre : Drame, Fantastique, Thriller

Résumé :

A Hawkins, en 1983 dans l’Indiana. Lorsque Will Byers disparaît de son domicile, ses amis se lancent dans une recherche semée d’embûches pour le retrouver. Dans leur quête de réponses, les garçons rencontrent une étrange jeune fille en fuite. Les garçons se lient d’amitié avec la demoiselle tatouée du chiffre « 11 » sur son poignet et au crâne rasé et découvrent petit à petit les détails sur son inquiétante situation. Elle est peut-être la clé de tous les mystères qui se cachent dans cette petite ville en apparence tranquille…

Avis :

Lorsque Netflix a débarqué en France, tout le monde était un peu dubitatif. Il faut dire qu’entre les pirates du web et le streaming, il semblait que le roi de la dématérialisation n’avait pas vraiment sa place dans les foyers français. Mais ce qui a fait la différence, c’est sa capacité à produire en exclusivité des séries de grande qualité et qui se sont imposées presque comme des références. On peut évoquer le Marvel Universe avec Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage, Iron Fist (bon ok, là c’est pas bon), Defenders et The Punisher, mais on peut aussi évoquer Mindhunter et bien évidemment Stranger Things. Cette dernière est une série très particulière car en plus de faire le buzz, elle flatte le fan des années 80 dans le sens du poil. Références à gogo, bande originale emblématique, scénario baignant dans un esprit Amblin, bref, la première saison de Stranger Things avait su emporter l’adhésion de tout un public. Mais y-avait-il matière à faire une seconde saison ? Rien n’est moins sûr et certains se tapait déjà le front du plat de la main en reniant une génération doudou en manque d’originalité et qui se pâme devant la moindre référence à son époque bénie. Sauf que faire ça, c’est un peu se voiler la face devant les énormes qualités d’une telle série.

Parce qu’on a beau dire que le petit écran ne rivalise pas avec le grand, en ce moment, on sent que le vent tourne et que certaines séries deviennent plus passionnantes que bon nombre de films sortant au cinéma. La preuve en est faite avec cette seconde saison de Stranger Things qui, même si elle reste assez inférieure à la première, demeure d’une grande qualité, aussi bien visuelle que scénaristique. Le principale reproche que l’on peut faire à cette saison, c’est qu’elle reprend un peu les poncifs de la première, c’est-à-dire continuer son exploration du monde à l’envers et des créatures qui la peuplent. On se retrouve donc en milieu connu et l’effet de surprise n’est plus présent. On pourra aussi renâcler sur certains aspects de l’intrigue qui s’avèrent balayés d’un revers de main, comme l’enquête sur l’hypothétique mort de Barbara. On aura quelques questionnements, quelques doutes, puis rapidement la série pivote vers autre chose, laissant cet arc narratif de côté pour y revenir sur la fin avec un enterrement un poil brutal.

Mais s’arrêter sur ces points serait ne pas voir tous les autres points forts de cette saison. Et en premier lieu, il convient d’aborder l’aspect scénaristique. Il faut comprendre que Stranger Things suit un axe fantastico-science-fiction assez marqué et qu’il ne peut pas se permettre de laisser le monde à l’envers de côté tant qu’un portail est ouvert. De ce fait, les frères Duffer ont intelligemment utilisé les questions laissées en suspens dans la première saison pour revenir sur ce monde et proposer une autre vision. Plus besoin de portail, le monde étend ses racines sous terre et plutôt que d’explorer le côté monstre qui surgit et attaque tout le monde, la saison va s’orienter vers la possession. On pourra donc remarquer que la série prend un côté plus horrifique, notamment sur sa fin, et accentue le tout avec des effets simples mais qui augmente l’angoisse et l’aspect imprévisible de la chose. On aura droit au monstre étrange fait de brume, aux chiens démoniaques, mais aussi à un grand frère violent mettant en danger le groupe, une Eleven qui apprend à maîtriser ses pouvoirs de façon anarchique et un jeu constant sur la luminosité et l’obscurité. Tous ces éléments font monter une certaine pression jusqu’à un dernier épisode puissant et maîtrisé de bout en bout.

Il y a autre chose qu’il faut noter aussi dans cette deuxième saison, c’est l’incroyable prestation des jeunes acteurs. Tous, absolument tous sont bluffants et jouent avec une parfaite justesse. En tête de liste, on peut citer Noah Schnapp qui joue Will, le petit garçon possédé et hanté par le monde à l’envers et il joue à la perfection. On ressent sa perdition puis sa peur, ou encore le double rôle qui l’habite. Mais il n’est pas seul. Ces trois autres compères sont relativement bons aussi, avec un peu plus de profondeur apporté au personnage de Lucas, qui va vivre une idylle avec Max, la nouvelle venue qui apporte du vrai sang neuf. On sera aussi touché par David Harbour et la relation qu’il entretient avec Eleven, la gardant près de lui, notamment en rapport avec un passif troublant et très émotionnel. Si les acteurs sont bons (bon, on peut émettre quelques doutes sur Winona Ryder qui roule toujours des yeux), c’est aussi parce que leurs personnages suivent une évolution logique et intéressante à l’image de Steve, le petit ami de Nancy, dont le rôle de babysitter est juste parfait. Alors oui, on peut reprocher à la série de jouer sur les effets des années 80 avec un casting adulte qui prête parfois à sourire comme Paul Reiser (Police Academy) ou encore le trop rare Sean Astin, mais ça marche et c’est bien tout ce que l’on demande à une série comme Stranger Things.

Au final, cette seconde saison est aussi plaisante que la première même si elle reste un poil en dessous à cause de l’effet de surprise qui a disparu et d’un épisode assez raté, ou tout du moins qui ouvre sur un nouvel arc narratif (pour la troisième saison), mais qui prouve qu’Eleven seule n’est pas foncièrement une bonne idée et que ce qui fonctionne, c’est le groupe de jeunes, ensemble. Plus stressante que la première saison, trouvant de la nouveauté dans la redite, Stranger Things arrive encore à captiver grâce à une atmosphère prégnante et des acteurs particulièrement doués. Bref, une réussite.

Note : 16/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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