Marvin ou la Belle Education – Marvin Gay

De : Anne Fontaine

Avec Finnegan Oldfield, Grégory Gadebois, Vincent Macaigne, Catherine Salée

Année : 2017

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Martin Clément, né Marvin Bijou, a fui. Il a fui son petit village des Vosges. Il a fui sa famille, la tyrannie de son père, la résignation de sa mère. Il a fui l’intolérance et le rejet, les brimades auxquelles l’exposait tout ce qui faisait de lui un garçon «différent». Envers et contre tout, il s’est quand même trouvé des alliés. D’abord, Madeleine Clément, la principale du collège qui lui a fait découvrir le théâtre, et dont il empruntera le nom pour symbole de son salut. Et puis Abel Pinto, le modèle bienveillant qui l’encouragera à raconter sur scène toute son histoire.
Marvin devenu Martin va prendre tous les risques pour créer ce spectacle qui, au-delà du succès, achèvera de le transformer.

Avis :

Elle est en forme ces derniers temps la talentueuse Anne Fontaine. Si dans les années 2000, la réalisatrice n’était pas toujours juste, on peut dire que depuis les années 2010, Anne Fontaine a su livrer un cinéma de qualité, comme peuvent en témoigner ses derniers films « Perfect mother« , « Gemma Bovary« , « Les innocentes« , Marvin, ou la belle éducation« . Tous différents les uns des autres et tous bons, excellents et voire même peut-être plus !

Un peu plus d’un an après sa dernière livraison, revoilà Anne Fontaine, et la réalisatrice nous revient encore une fois avec un film dur. Dur, mais aussi plein de lumière. Un film qui aborde des sujets graves, nécessaires et parfaitement d’actualité.

Nous racontant l’échappée d’un jeune homme pour se découvrir, Anne Fontaine livre un film poignant. Évitant les clichés, Anne Fontaine s’appuie sur ses personnages et leurs parcours, et même si on pourrait lui reprocher de faire simple, c’est d’une grande efficacité et d’une grande émotion. Bref, on est littéralement sous le charme.

Martin Clément est un jeune acteur dont le spectacle se fait plus que remarquer à Paris. Mais avant Martin Clément, il a été Marvin Bijou, un jeune garçon qui a dû fuir. Fuir son petit village des Vosges, fuir ses parents, fuir l’intolérance et le rejet… Marvin a dû fuir pour pouvoir se trouver, s’assumer, faire ce qu’il aime et vivre tout simplement.

« Marvin ou la belle éducation« , c’est une odyssée belle, triste et bien trop banale.

Seizième film d’Anne Fontaine, « Marvin … » est un film aussi fort qu’important, tant la réalisatrice a su filmer, capturer et surtout aborder des sujets délicats, parfois tabou, et pourtant tellement d’actualité.

À travers « les mémoires » d’un jeune homme en « pleine transformation », Anne Fontaine aborde aussi bien le harcèlement à l’école, que l’homosexualité à l’adolescence dans des campagnes.

Divisé en deux parties qui ne vont faire que s’entremêler afin de donner plus de puissance (effrayante parfois) au parcours de ce garçon, Anne Fontaine ne tombera jamais dans le piège de la caricature. Vif, virulent parfois, et très souvent dans le vrai, pour ne pas dire tout le temps, tant certains des aspects du film sont poussés au réalisme, « Marvin ou la belle éducation » étonne, bouscule, agace, et touche au plus profond. Que ce soit dans l’homophobie tristement banale, ou le manque d’attention des parents et de la famille. Que ce soit la torture et la solitude de vivre des situations et des choses, effacé des yeux des autres, ou la difficulté de revivre ces souvenirs lointains et proches à la fois, une fois que l’on est arrivé à passer et dépasser tout cela. Anne Fontaine parle de tout, arrive à tout entremêler et ne se perd jamais dans la richesse de son film.

Maitrisé, « Marvin ou la belle éducation » l’est aussi dans la mise en scène, et surtout dans son montage. Anne Fontaine nous emporte dans l’un de ses meilleurs films. Un film qui passe d’une époque à une autre, d’un sentiment à l’autre, ou encore d’une situation à l’autre, avec une fluidité et une assurance qui fait que rien n’est inutile, tout se renvoie et cette odyssée banale est audacieuse et prenante à la fois.

De plus, le film est doté d’un casting exceptionnel d’où s’élèvent avec force et talent les talentueux Finnegan Oldfield et Jules Porier (incroyable pour un comédien si jeune) qui se renvoient une balle invisible en incarnant le même personnage à deux âges et deux moments cruciaux de sa vie. Pour les souvenirs, Anne Fontaine a réuni des comédiens et des seconds rôles tout aussi exceptionnels. Grégory Gadebois est tragiquement effrayant, drôle et touchant en même temps. Catherine Salée, en mère ignorante, est incroyable. Catherine Mouchet, Vincent Macaigne, Charles Berling… Bref, on pourrait tous les citer tant ils sont marquants et justes.

« Marvin ou la belle éducation » est une très belle et très forte réussite. C’est un film vrai, sans fausse note, qui ose dire, dénoncer et taper là où ça fait mal. C’est un film qui étrangement fait du bien, malgré la dureté des choses.

Note : 17/20

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Par Cinéted

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