octobre 26, 2020

Porcupine Lake

De : Ingrid Veninger

Avec Lucinda Armstrong Hall, Delphine Roussel, Christopher Bolton, Maxime Robin

Année: 2017

Pays: Canada

Genre: Drame

Résumé:

C’est l’histoire de la vie secrète de jeunes filles dans le nord de l’Ontario lors d’un chaud été. L’âge adulte n’est pas encore là, mais l’enfance disparaît.

Avis :

Actrice, productrice et réalisatrice slovaque installée au Canada, Ingrid Veninger n’est pas forcément très connue chez nous, pourtant, quand on jette un œil à sa filmographie, on remarquera un sacré parcours très soutenu. Elle commence comme actrice au début des années 80 et jouera dans plus d’une cinquantaine de films. En parallèle, au début des années 90, elle se lance dans la production de petits films, qui restent enfermés dans le circuit du cinéma indépendant peu visible. Enfin, en 2003, elle se lance un nouveau défi, la réalisation. Depuis, elle a réalisé cinq courts-métrages et six longs-métrages. « Porcupine Lake » est son dernier film en date. Présenté en compétition, « Porcupine Lake » est la naissance d’un sentiment entre deux adolescentes fragiles et innocentes.

Des films sur les premiers émois amoureux, on en connaît énormément et l’on pourrait se dire que finalement, on a fini par faire le tour de la question. D’ailleurs, bien souvent, quand on découvre de nouveaux films, ils se ressemblent tous un peu. Mais pourtant, parmi eux émergent quelques jolies petites trouvailles, dont « Porcupine Lake » fait partie. Avec ce film, Ingrid Veninger offre un film simple et sincère. Un film discret et fragile, à l’image de ces deux jeunes filles qui vont vivre un été particulier. Un film qui se laisse regarder avec sympathie, même s’il ne sera pas aussi marquant qu’on l’aurait voulu.

Un été quelque part dans l’Ontario, Bea, une jeune fille de treize ans, s’installe quelques semaines dans le restaurant que son père vient de récupérer. Ses parents séparés essaient comme ils le peuvent de réparer les morceaux et alors qu’ils analysent les « si » et les non-dits, la jeune fille se lie d’amitié avec Kate, une petite rebelle du coin. Ensemble, les fillettes deviennent inséparables, au point qu’un sentiment étrange et ambigu va naître…

« Porcupine lake » est donc un joli petit film qui suit très bien la naissance d’un sentiment. Très solaire, cette amourette d’été est filmée avec une légèreté et une innocence adorables. Ingrid Veninger, dont je découvre le travail avec ce « premier », a parfaitement su capturer et rendre à l’écran ce moment particulier où les émotions sont à fleur de peau. Un moment fait de regards, d’interrogations, de sourires et rires, de partages aussi. Un moment plaisant et troublant à la fois. Un moment, dont seul un arbre sera le gardien de ce secret qui lui sera murmuré. Ce qui est joli avec ce film, c’est pendant que les adultes s’enlisent et se détruisent en essayant de se sauver, ces deux jeunes filles s’amusent et se découvrent avec une innocence touchante.

Avec ce film, on découvre un regard touchant, celui d’une réalisatrice qui n’en fera jamais trop, qui saura parfaitement respecter et filmer ses personnages. Cette petite romance non avouée de quelques semaines est forte et vraie. Puis les deux petites actrices, Lucinda Armstrong Hall et Charlotte Salisbury sont extraordinaires, incroyables, talentueuses, pleines de vie, de naturel et d’authenticité. Ingrid Veninger a très bien su « caster » son film de ce côté-là.

Car oui, si les petites sont parfaites, que leur histoire est très belle et que l’on croit vraiment à cet éveil, il y a aura bien quelques points qui dénotent et qui donnent une sensation de trop. Pour donner du relief à son film, Ingrid Veninger s’est aussi attardée sur les parents de cette jeune fille et la famille de son ami et si dans l’idée, c’est bon, à l’écran, on a parfois une sensation de trop. Particulièrement autour de la famille de Kate où le trait est poussif. Une mère qui sort tous les soirs et laisse ses enfants à l’abandon. Des frères et sœurs lourds qui n’enrichissent pas l’intrigue. Tout ce qui est fait autour de Roméo, le grand frère, aurait très bien pu ne pas apparaître que cela n’aurait rien changé. On ne comprend pas très bien où la réalisatrice veut en venir avec cette histoire et c’est dommage, car elle entache vraiment le sentiment qu’on peut avoir face à ce film et cette histoire.

Malgré tout, dans le fond, « Porcupine Lake » reste un joli film qui décrit très bien ce moment fragile et bouleversant. Porté par deux petites actrices incroyables, on passe un petit moment sympathique de cinéma. Mais pas sûr non plus qu’on se rappellera de ce moment dans quelques mois. Après, restons positifs, il sera toujours temps de redécouvrir ce joli moment dans l’avenir.

Note : 12,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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