avril 16, 2021

Jalouse

De : David et Stéphane Foenkinos

Avec Karin Viard, Anne Dorval, Thibault De Montalembert, Anaïs Demoustier

Année : 2017

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Nathalie Pêcheux, professeure de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d’action s’étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage… Entre comédie grinçante et suspense psychologique, la bascule inattendue d’une femme.

Avis :

David Foenkinos est plutôt connu et il y a six ans de cela, avec son frère Stéphane, ils étonnaient en passant à la réalisation avec un joli premier film adapté du roman de David Foenkinos, »La délicatesse« . Emporté par une Audrey Tautou touchante et un François Damiens incroyable, ce premier film portait admirablement bien son titre. Depuis, les deux réalisateurs s’étaient contentés de l’écriture, œuvrant pour les autres. Et revoilà donc le duo six ans plus tard, avec un second film qui cette fois-ci met en lumière une Karin Viard pour un rôle sur mesure.

Avec « Jalouse« , les Foenkinos continuent dans la lignée entreprise plus tôt en livrant un film doux et amer, qui saura offrir de vrais moments de rire qui feront du bien. Et pourtant, malgré la bonne comédie réussie, c’est bien le fond qui sera plus touchant. Terriblement triste, le duo peint ici le portrait d’une femme en pleine dépression et questionne sur le temps qui passe, l’âge, et même le regard de la société. Bref, une jolie réussite encore une fois !

Nathalie est une mère de famille aimante qui est particulièrement fière de sa fille. Professeure de lettres, Nathalie aime son métier. Bref, hormis qu’elle soit divorcée et célibataire, Nathalie a tout pour être heureuse et pourtant elle va de mal en pis. Jalouse de sa fille, dont elle va faire sa victime, Nathalie ne se rend pas compte qu’elle finit par être jalouse de tout et tout le monde…

Présenté comme une comédie avec encore une fois, une Karin Viard débridée, « Jalouse » est un film étonnant, car il est bien plus que cela.

Particulièrement fin et drôle, il est vrai que l’on s’amuse devant la cocasserie de certaines situations et surtout face aux horreurs que son personnage peut proférer. Nathalie, c’est une femme en « transit » qui perd le contrôle de ses émotions. Les deux réalisateurs, sur cette idée, livrent une comédie qui fait très souvent mouche. Et qui d’autre que Karin Viard pour balancer de telles insanités à sa famille et ses amis ? Franchement, la comédienne est comme toujours au top et un an après « Le petit locataire » de Nadège Loiseau, elle se pose encore une fois comme l’une des plus belles figures comiques du cinéma français, tout en étant aussi l’une de ses meilleures actrices, capable de passer du rire aux larmes avec énormément de naturel.

Mais comme je le disais, « Jalouse » n’est pas qu’un film comique et c’est même tout l’inverse, car derrière l’humour décapant se cache un très beau drame, profond, juste et émouvant.

Avec « Jalouse« , David et Stéphane Foenkinos abordent de plein fouet la dépression dans tout ce qu’elle a de plus horrible. Rejet de soi et des autres, déni, perte de repères, perte du contrôle, enfermement, déconnexion, leur Nathalie est en pleine chute libre et rien ne semble pouvoir arrêter la courbe vertigineuse qu’elle a prise.

Les questions qu’aborde le film sont bonnes et intéressantes, et même si les deux réalisateurs et leur actrice tournent leurs scènes à la dérision, dans le fond, ils gardent toujours une touche de sérieux et c’est ce qui rend leur film très touchant. Touchant, alors même que l’on sait que l’histoire dans ses grandes lignes est convenue, et que le film détient quelques petites incohérences et quelques petites longueurs sur la fin, ayant du mal à conclure.

Et à travers cette dépression, le deux réalisateurs poussent plus loin leur réflexion. « Jalouse« , c’est une femme qui n’accepte pas le temps qui passe. C’est la peur de vieillir, de ne plus plaire. C’est l’angoisse du futur à un âge crucial, la cinquantaine passée. Et puis c’est aussi le regard du monde, de la société, c’est des codes qu’elle impose et renouvelle, et tant pis si l’on est dépassé ou « démodé ». Bref, je le répète, derrière la comédie, « Jalouse » est un film plus profond et intelligent.

Puis enfin, c’est aussi une comédie dramatique très plaisante à regarder. Une comédie dramatique délicate, joliment mise en scène. « Jalouse« , même si on lui reproche certains clichés parisiens (immenses appartements, une jeune fille qui fait de la danse, ce côté bobo qui fait que toutes les comédies parisiennes se ressemblent), il est indéniable que le tout est plaisant, et esthétiquement beau.

On ressort donc de « Jalouse » aussi amusé que touché par la chute incontrôlable et triste de cette femme divinement incarne pour une grande Karin Viard, soutenue par un casting parfait, d’où s’élève la Canadienne Anne Dorval en amie fidèle.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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