mars 3, 2021

Seed Money – L’Homme qui Créa Falcon Studios

De : Mike Stabile

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Documentaire

Résumé :

Le documentaire Seed Money revient sur la vie de Chuck Holmes, le fondateur de Falcon Studios. Businessman de talent, parfois ambigu, Chuck Holmes a créé dans les années 1970 un véritable empire pornographique qui contribua à alimenter l’imaginaire gay pendant plusieurs décennies. Ce que l’on sait moins, c’est que Chuck Holmes a aussi été, à la fin de sa vie, un puissant activiste pour les droits LGBT et la lutte contre le sida…

Avis :

Mike Stabile dans le milieu gay, c’est « The Man ». Hyperactif, on le retrouve sur tous les fronts. Journaliste, blogueur, documentaliste, scénariste, producteur et réalisateur, cela fait plus d’une vingtaine d’années que Mike Stabile œuvre pour la culture gay, et plus précisément dans le milieu du porno. D’ailleurs, l’homme a reçu quelques prix pour certains de ses films. Deux de ses films trouveront une place dans le top dix des meilleurs pornos gay de la décennie par le très sérieux site Fleshbot.

Présenté au Festival Chéries Chéris, aujourd’hui, ce n’est pas l’un de ses films pour adultes sur lequel on s’arrête. Non, aujourd’hui, c’est sur son dernier documentaire qui rend hommage à l’un des hommes les plus influents de la culture gay. Cet homme, c’est Chuck Holmes, un homme qui créa l’un des premiers studios de films pornographiques gays. De l’après Stonewall aux années sida, jusqu’à sa mort en 2000, « Seed Money … » propose un portrait intéressant. Et bien plus que le simple portrait d’un homme, c’est aussi à travers lui et sa vie que Mike Stabile livre une bonne analyse de la société américaine. Lutte LGBT pour l’égalité, répressions, avancées des droits… Bref, « Seed money … » est une immersion sur une trentaine d’années dans une Amérique contradictoire.

1972, Chuck Holmes n’est personne. Il a fui son milieu et est venu à San Francisco pour vivre et s’assumer pleinement dans ce qui était à l’époque la ville de toutes les libertés. Arrivant avec une grosse ambiance, il sait ce qu’il veut faire. Avec un ami, il crée le studio Falcon (studio qui existe encore aujourd’hui) et il est bien décidé à vendre du rêve et du fantasme à une certaine Amérique. Des premières galères aux derniers actes de militantisme, Chuck Holmes a marqué l’histoire américaine.

La pornographie a toujours fait partie de la culture contemporaine gay. On peut même dire qu’elle a aidée dans sa mesure beaucoup de gens jeunes. Cette culture, cette image, a ses codes installés depuis de nombreuses années, et une très grosse partie de ces codes (bons ou mauvais), c’est à Chuck Holmes qu’on les doit.

Faire un documentaire sur Chuck Holmes était presque comme une évidence, tant l’homme a contribué à la libération de la culture gay. Le parcours de Chuck Holmes est une véritable odyssée, avec son lot d’amours et de tragédies, et c’est à travers les soixante-dix minutes que dure « Seed Money … » qu’on découvre ou redécouvre sa vie. Si le film de Mike Stabile a des problèmes de rythme et n’arrive pas toujours à captiver pleinement, il reste très intéressant. Fait d’images d’archives et de témoignages de ceux qui connaissaient l’homme en question, le réalisateur nous replonge avec un mélange de nostalgie et de sérieux dans l’un des âges d’or du porno. Commençant presque instantanément sur la décision de la cour suprême de ne pas juger le bon ou le mauvais contenu des films que l’on peut regarder chez soi, Mike Stabile ne laissera rien au hasard.

Et pendant que l’on apprend où et comment Chuck Holmes a monté son empire, Mike Stabile aura très bien su mettre en images les enjeux, les contradictions et les changements de cette Amérique. La répression aux bonnes mœurs, la pénalisation de la pornographie (homo ou hétéro) qui était considérée comme de la prostitution. De l’envie de succès de son « personnage », à l’envie de libérer et faire plaisir à une Amérique en demande de sexe. De l’après Stonewall et son traumatisme, aux premiers codes de la culture pornographique homos, qui sont en très grande partie liés aux fantasmes et aux goûts même de Chuck Holmes. Puis l’arrivée du Sida et toutes les peurs et les drames qu’il a engendrés. Une génération totalement décimée, une maladie qui n’épargne presque personne, et qui touchera personnellement le producteur. Puis les années Clinton, les actions de Chuck Holmes qui milite aussi bien dans les associations caritatives LGBT que pour la compagne du futur président. Enfin son décès, l’émotion qu’il a suscitée et son héritage… Bref, « Seed Money, l’homme qui créa Falcon studios » est un bon résumé des années 70 à 2000.

Un résumé qui est loin d’être vulgaire, un résumé touchant, qui met aussi bien en lumière les évolutions de la société, qu’il montre un beau et touchant portrait d’un homme, un visionnaire, en quête de reconnaissance.

Touchant parfois, et surtout intéressant pour cette évolution incroyable, « Seed Money … » est un bon documentaire qui, s’il n’est pas toujours bien rythmé et détient des moments qui ont tendance à retomber, demeure un bon film qui rend parfaitement hommage à cet homme et tout ce qu’il a pu apporter pour la culture et les droits LGBT. Puis c’est aussi un bon documentaire, qui met en lumière un homme pas si connu que ça finalement de nos jours.

Bref, avec ses qualités et ses défauts, « Seed Money, l’homme qui créa Falcon studios« , pour les curieux, est un bon documentaire à découvrir sur Pink TV en ce moment.

Note : 13/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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