décembre 2, 2020

The Blacklist Redemption Saison 1

D’Après une Idée de : Jon Bokenkamp et John EisenDrath

Avec Famke Janssen, Ryan Eggold, Edi Gathegi, Tawny Cypress

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 8

Genre: Thriller

Résumé:

Tom Keen rejoint Halcyon Aegis, une organisation de mercenaires dirigée par sa mère, Susan « Scottie » Hargrave. Son but : percer les zones d’ombres de son passé et découvrir ce qui est réellement arrivé à son père en infiltrant l’équipe d’Hargrave, qui s’est donnée pour objectif de racheter ses actions passées en venant en aide à ceux qui l’engagent pour mener à bien de périlleuses missions.

Avis :

Succès incontestable de la télévision, The Blacklist se distingue par une trame qui ne cesse de s’étoffer au fil de ses saisons. En partant d’un postulat relativement simple (traquer des criminels à l’aide d’une « liste » établie par l’un des leurs), Jon Bokenkamp offre une série de qualité. Tant dans son fil rouge que dans ses histoires indépendantes, les épisodes parviennent à tenir en haleine tout en demeurant crédibles. Dans cette volonté de développer la mythologie autour de l’intrigue, The Blacklist : Redemption est un spin-off qui tente de faire la lumière sur le passé de Thomas Keen. Les antagonistes d’hier sont les héros d’aujourd’hui…

Car les principaux intervenants de la présente série ne sont autres que les membres d’Halcyon, société de renseignements privée qui agit principalement pour le compte des États-Unis. Encore que, sur cet aspect, le constat n’est pas arrêté. Toujours est-il que certains individus dépeints sous un angle antipathique trouvent une seconde chance. Enfin, les enjeux et les motivations sont volontairement nébuleux pour leur offrir le bénéfice du doute. Et c’est sur ce point qu’on espère voir se développer The Blacklist : Redemption. Jouer de faux-semblants et d’intrigues à tiroirs susceptibles d’apporter un éclairage nouveau à certains pans ombrageux de la série originelle. En l’occurrence, faire la lumière sur la relation qui unit Tom Keen et Susan Hargrave.

Seulement, il persiste de nombreux problèmes pour se convaincre de la pertinence d’une telle initiative. À commencer par une entame s’appuyant sur des prétextes faciles pour impliquer Tom Keen dans les activités d’Halcyon. On part sur des thèses complotistes que l’on intègre bien maladroitement au gré des épisodes. Certes, on n’oublie pas le fil rouge au profit de missions indépendantes. Cependant, il est moins énigmatique qu’il veut bien le laisser paraître. On distille des indices et des pseudo-révélations qui apportent davantage de mystères que de réponses en espérant entretenir le suspense. Mais ledit suspense ne doit pas se baser uniquement sur des effets de manche pour se montrer convaincant.

Or, c’est exactement ce qu’il se passe ici. On joue sur les deux tableaux. On trahit. On se repent. On trahit à nouveau (quitte à s’accoler l’image de l’agent triple) pour, finalement, se rendre compte que l’option A n’était pas la bonne, mais que la B ne l’était pas non plus. Si cela peut paraître désordonné, cet embrouillamini ne fait que s’accentuer. Alors oui, une histoire élaborée n’a jamais fait de mal à personne, surtout quand la majorité des productions actuelles sont en mal d’inspiration. Sauf qu’ici, le travail relatif au scénario n’est pas développé pour surprendre le spectateur ou lui proposer un traitement original, voire complémentaire à The Blacklist. Non, cette complexité de façade vise simplement à dissimuler la confusion régnante.

Démarche étonnante qui s’efface inexplicablement quand on s’attaque aux intrigues secondaires de chaque épisode. Les enjeux et les cartes distribuées sont clairement établis sur des profils manichéens. Le terme « rédemption » du titre ayant valeur à redorer la réputation de l’organisme et celle de ses employés. Sous couvert d’interventions confidentielles, notre équipe d’élite se voit charger de missions hautement périlleuses à travers le globe et sur le territoire des États-Unis. La majorité d’entre elles ont pour point commun l’enlèvement, le kidnapping ou l’extraction de personnalités plus ou moins éminentes. De même, l’architecture de chaque épisode emprunte parfois quelques éléments aux films de braquage.

À savoir, l’étude de plans et la surveillance de la sécurité pour mieux s’infiltrer en terrain hostile. L’enrobage se veut relativement efficace, bien que dépourvu d’identité. La faute à une progression qui ne diverge pas d’un iota et offre des dénouements hautement prévisibles, même dans les ultimes rebondissements de chaque épisode. Du côté des qualités, on peut accorder à The Blacklist : Redemption une énergie évidente qui multiplie les péripéties. À défaut de surprises et de suspense, la tension est belle et bien présente pour mettre en avant des situations dangereuses, voire désespérées. Mais là encore, cette impression est ternie par une maladresse de taille.

Aussi bien dans la progression naturelle des histoires (et du fil rouge) que dans les comportements des personnages, on occulte des solutions plus pertinentes et faciles à concrétiser. Le but ? Cadrer avec les 40 minutes imposées par le format télévisuel. Le résultat ? Une évolution qui manque de crédibilité et de cohérence. On s’interroge encore sur les réactions d’individus qui ont les moyens et l’intelligence pour privilégier le bon sens et qui optent pour des décisions (presque) sans fondement. Pourquoi prendre le temps de s’arrêter pour empêcher les poursuivants de capturer l’un des deux fuyards alors qu’une issue était envisageable pour les deux protagonistes ? Et les exemples comme celui-ci sont légion.

Au final, The Blacklist : Redemption est un spin-off bien loin d’égaler sa consœur. Là où on aurait pu attendre un arc narratif parallèle des plus pertinents, on se retrouve avec une série mal maîtrisée qui vaque de contradictions en raccourcis faciles. Parfois trop simpliste dans le déroulement de ses histoires indépendantes. Parfois trop alambiqué dans la progression du fil rouge. On a l’impression que le scénario se tire une balle dans le pied à chaque revers de situation. La faute à des implications et des conséquences qui échappent totalement aux créateurs pour tenter de faire le buzz et surprendre. Comble de la frustration, cette série avortée n’est pas même capable de fournir une véritable conclusion. Peut-être l’occasion de recentrer les intérêts avec plus d’efficacité dans un double épisode de The Blacklist

Note : 12/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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