Malibu Shark Attack

De : David Lister

Avec Renee Bowen, Remi Broadway, Joel Amos Byrnes, Warren Christie

Année: 2010

Pays: Australie, Canada

Genre: Horreur

Résumé:

Un tsunami submerge les côtes de la ville de Malibu, transportant une horde de requins préhistoriques. Parvenant à évacuer la plage à temps, les sauveteurs se retrouvent pris au piège, encerclés par les squales et condamnés à attendre les secours.

Avis :

En 1975 sortait un film qui allait révolutionner le film de genre. Ce film, c’est Les Dents de la Mer de Steven Spielberg. Il va révolutionner le genre parce qu’il va montrer que l’on peut faire peur avec une grosse bestiole, mais que l’on peut aussi faire un survival tendu et intelligent avec des personnages attachants ou charismatiques. Le problème, c’est que certains producteurs ont rapidement flairé le bon filon et ont décidé de faire des suites ou des films qui lui ressemblent étrangement. Et depuis cette année, les films de requins n’ont cessé d’apparaître au cinéma ou dans les bacs de films de seconde zone. Plus de quarante ans plus tard, le squale effraie toujours au cinéma, comme on a pu le voir avec le sympathique Instinct de Survie de Jaume Collet-Serra, mais il fait surtout rire, notamment avec des métrages (si on peut appeler ça comme ça) comme Sharknado ou encore Sharks 3D.

Véritable machine à fric, le film d’horreur à base de requins pixélisés ne semble pas connaître la crise, et certains y vouent même un culte, se déplaçant en masse pour voir la dernière boutade de chez Syfy ou Asylum, se gaussant dans le mauvais goût et la communication à tout va. Car oui, Sharknado est tellement mauvais qu’il a besoin de balancer des # pendant la projection pour que les gens puissent mettre des âneries sur les réseaux sociaux. On peut donc voir que le film de requins devient plus un outil de communication qu’une véritable œuvre. Avec Malibu Shark Attack, on pourrait croire que l’on retombe sur un énième film de requins débile avec pour trame de fond une tempête ou un dérèglement climatique et des personnages fonctions complètement stupides. Et à quelque part, c’est un peu vrai, mais pas tout à fait.

Le problème avec ce genre de films, ce sont les effets spéciaux. Et Malibu Shark Attack ne déroge pas à la règle et plombe d’emblée l’ambiance avec des requins digitaux absolument dégueulasses. Et non seulement on voit que ce sont des faux, mais en plus de cela, le design est vraiment mal choisi. Le scénariste a cru bon de mettre en place des requins lutins, ce qui change du grand blanc, mais ces requins possèdent un long nez oblong qui tient plus du phallus que de l’évent. Et du coup, ils sont complètement ridicules, si on doit ajouter à cela des dents en avant, lui donnant un faciès complètement hideux. Ce choix de montrer les bestioles dès le début est un suicide au niveau de l’ambiance, puisque par la suite, on ne peut plus y croire. Il aurait été plus judicieux de mettre en place des ombres, des reflets au niveau de l’eau, pour créer un semblant d’effroi sans pour autant user d’artifices numériques, surtout quand on n’a pas le budget. Et cela va sans dire que vouloir créer un tsunami avec des moyens riquiqui, ce n’est pas très malin. En ce sens, le film perd toute crédibilité.

Et il le perd aussi avec ses personnages. Chaque protagoniste remplit une fonction bien précise au sein du groupe et tout est très stéréotypé. Ainsi on aura la nana protectrice des animaux, le chef de la bande, le jeune premier, la bimbo, la nana un peu masculine ou encore le mari pas très doué. Si les acteurs ne s’en tirent pas trop mal, leurs rôles sont assez clichés, pour en pas dire pénibles. Il sera donc impossible de s’attacher à eux, de sentir de l’empathie et on va regarder ce survival d’un œil distrait et sans grande envie de se plonger dedans. En même temps, il y a des requins dans la flotte.

Cependant, le film va faire certaines choses assez inattendues et relativement bien vues. En premier lieu, le métrage ne va pas hésiter une seule seconde à tuer des personnages sur lesquels on aurait pu miser une pièce. Ainsi, il y aura une petite crainte qui va naître pour certains personnages, puisque le film a décidé, semble-t-il, de sacrifier des protagonistes plus ou moins importants. Le problème, c’est que les réactions d’ensemble ne vont pas forcément suivre. Les relations entre les survivants sont souvent incohérentes ou stupides, sans parler bien évidemment du triangle amoureux autour de la nana la plus moche. Mais le film tente quand même de donner un peu de fond à son ensemble et c’est déjà pas mal. D’autant plus qu’il va jouer la carte de la sobriété par la suite, offrant un huis-clos fauché mais plutôt soutenu et voulant par la suite jouer la carte du gore avec des requins fracassés à coups de tronçonneuse ou de scies circulaires. Alors certes, ça ne vole pas bien haut, c’est superficiel, déjà vu et parfois même mal torché, mais c’est moins pire que ce à quoi on peut s’attendre, car malgré des erreurs évidentes, le film n’est pas débile pour autant, évitant gentiment les blagues pourries sur les moments un peu plus tendus et c’est tant mieux. Il est juste dommage que le début du film ne soit pas de cet acabit.

Au final, Malibu Shark Attack est un film raté et complètement fauché, mais qui reste un DTV presque au-dessus du lot des survival de requins. Certes, c’est très prévisible et aucune surprise n’est au rendez-vous, mais le film évite soigneusement les actes débiles lors de sa deuxième partie et on sera surpris par la tournure gore de son final face au grand requin. Il est dommage que le début soit si mauvais, laissant à penser que ce film sera dans la même veine que les requins à trois têtes ou atomiques (si, si, ça existe), alors qu’il est beaucoup moins stupide.

Note : 07/20

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Par AqME

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