octobre 24, 2020

La Journaliste – Christina Kovac

Auteur : Christina Kovac

Editeur : Hugo Thriller

Genre : Thriller

Résumé :

Lorsque la jeune et brillante Virginia, productrice de télé d’une chaîne d’informations trouve sur son bureau, au milieu des coupures de presse, le communiqué de la police de Washington signalant la disparition d’une jeune avocate, le mot DISPARUE ne va plus quitter son esprit. Malgré le scepticisme de ses collègues, la journaliste suspecte l’ambitieux substitut du procureur d’être au cœur de quelque chose de bien plus sinistre, d’autant qu’Evelyn a été vue pour la dernière fois en quittant un restaurant, seule, après une dispute avec son époux.

Du fait des conflits qui minent sa rédaction et ses collaborateurs, Virginia se retrouve à enquêter seule.

Risquant sa carrière, sa vie et peut-être même sa propre santé mentale, Virginia, en véritable journaliste d’investigation, se retrouve en immersion dans l’obscurité des affaires de Washington dans une enquête qui la plongera à travers les réseaux inextricables de corruption qui lient la presse, la police et la politique dans la capitale américaine.

Avis :

Se lancer dans l’aventure du premier roman n’est pas une chose aisée. Il faut relire maintes fois son ouvrage, se plier aux exigences des maisons d’édition, faire des concessions, et puis avoir un certain appui. De nos jours, les prises de risque sont de moins en moins visibles, notamment à cause d’un marché qui laisse peu de place à l’erreur et aux invendus. La Journaliste est le premier roman de Christina Kovac, mais l’auteure n’est pas arrivée là par hasard. Journaliste de métier, elle maîtrise déjà un certain langage et sait de quoi elle part, sans parler des liens qu’elle a dû nouer au cours de sa carrière. On pourrait parler de piston, mais si le talent est là, après tout, on s’en moque un peu. Seulement, si La Journaliste n’est certainement pas un mauvais roman, il reste somme toute assez banal, prévisible et peut se voir comme un page turner honnête.

Dans cette histoire, on va suivre Virginia Knightly, une journaliste ambitieuse, qui a de l’expérience et qui va se prendre de passion pour la disparition d’une jeune femme, Evelyn Carney. Cette disparition l’interpelle car elle possède une mémoire photographique et reste persuadée d’avoir déjà vu son visage sur un reportage. Elle va alors mener l’enquête, en s’aidant de ses contacts pour découvrir un complot d’envergure. Rien que dans son pitch, le roman est assez conventionnel. On retrouve une journaliste, qui va fourrer son nez partout, qui va s’attirer des ennuis, et qui va devoir composer avec son équipe pour remonter le fil de l’énigme. Le premier atout de ce roman, c’est qu’il se lit vite et bien. Il n’est pas ennuyeux, le style d’écriture est relativement fluide et le rythme demeure assez dynamique, notamment grâce à des chapitres courts et efficaces. Quant à l’intrigue, elle restera simple, mais fera illusion lors de la lecture.

En fait, le gros point fort de cette histoire, c’est tout ce qui gravite autour de l’enquête. On sent que Christina Kovac a été journaliste, car elle connait tous les rouages du métier. La bataille pour la meilleure photo, pour l’interview qui fera le buzz, avoir le meilleur présentateur pour toucher un public cible, les combats internes face à un patron qui n’y connait pas grand-chose, les indics qui ne sont pas toujours fiables, bref, tout y est et il faut avouer que cela est assez passionnant. C’est intéressant parce que cela sonne vrai et qu’il y a un vrai fond derrière. Le seul truc qui peut largement agacer, c’est que l’on sent que l’on est chez les requins, que c’est un peu chacun sa gueule et que parfois, certains sont prêts à faire n’importe quoi pour bouffer l’autre. Il s’agit d’un monde hypocrite, et même si les lois instaurées interdisent le mensonge, on est toujours sur la tangente de la déontologie. Fort heureusement, le roman ne verse pas dans la critique facile, et ne fait qu’exposer des méthodes pas toujours efficaces.

Par contre, le roman se plante sur une chose très importante, les personnages. C’est assez étrange comme il y a un nivellement social fort dans ce bouquin. En effet, si l’on regarde dans les détails, toutes les nanas relativement riches du roman sont de petites bombes atomiques, alors que celles qui vivent de manière modeste (comme le personnage de P’tit Bout) sont moches. Néanmoins, on ressent aussi qu’un lissage a été fait au préalable. C’est-à-dire que tous les personnages, ou presque, sont beaux. Que ce soit le procureur, le flic qui donne les indices, le présentateur télé, les journalistes, l’héroïne, la victime, les avocates, bref, tout le monde est canon, et au bout d’un moment, c’est assez lassant. Et cela va impacter sur la lecture et l’ambiance, car il manque à La Journaliste un ton sombre et froid. A aucun moment on ne craint pour l’héroïne car déjà, c’est écrit à la première personne, mais surtout, l’ambiance un peu « BCBG » ruine toute tentative de créer de la tension et de la peur. Enfin, on aura du mal à ressentir de l’empathie pour les personnages. Car outre leur physique d’Apollon, on n’aura que peu de background, même pour le personnage principal. On aura de-ci de-là quelques éléments sur le passé de quelques protagonistes, mais ce sera bien maigre pour s’attacher à eux. A titre d’exemple, durant tout le roman, on parle d’un homme qui s’appelle Isaiah et on n’apprend qu’à la toute fin qu’il a soixante balais. C’est peut-être un détail, mais cela montre bien le manque de précision dans la description des personnages.

Au final, La Journaliste n’est pas un mauvais roman, mais on sent clairement que c’est un premier essai. Excellent page turner sans prise de tête, le roman montre tout de même de belles faiblesses, et notamment une ambiance trop prout-prout pour baigner dans le thriller hard-boiled. Alors par moments, on s’ennuie, on n’évite pas la fameuse scène de sexe pour plaire aux lectrices, mais globalement, ce premier livre se lit bien, grâce à un style fluide et une histoire intéressante sur le milieu du journalisme télé.

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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