septembre 28, 2020

Justice League – Simple Zack

De : Zack Snyder

Avec Ben Affleck, Henry Cavill, Gal Gadot, Ezra Miller, Jason Momoa, Ray Fisher

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Super-Héros

Résumé :

Après avoir retrouvé foi en l’humanité, Bruce Wayne, inspiré par l’altruisme de Superman, sollicite l’aide de sa nouvelle alliée, Diana Prince, pour affronter un ennemi plus redoutable que jamais. Ensemble, Batman et Wonder Woman ne tardent pas à recruter une équipe de méta-humains pour faire face à cette menace inédite. Pourtant, malgré la force que représente cette ligue de héros sans précédent – Batman, Wonder Woman, Aquaman, Cyborg et Flash –, il est peut-être déjà trop tard pour sauver la planète d’une attaque apocalyptique…

Avis :

Depuis les débuts des comics, une guerre fait rage entre Marvel et DC. Si le premier s’amuse avec Captain America, Iron Man, Hulk, Thor ou encore Spiderman, le second est dignement représenté par Batman, Superman, Wonder Woman, Flash ou encore Aquaman. Tous ces super-héros forment aujourd’hui un nouveau panthéon qui remplace allègrement la mythologie grecque et romaine. Et si cette guerre a commencé sur le papier, elle s’est poursuivie sur les grands écrans. Elaborant depuis quelques années des « Cinematic Universe » pour fournir toujours plus de films de super-héros, les deux boîtes à idées se confrontent à grands coups de stand alone ou de réunion de justiciers, s’appuyant sur toujours plus de marketing. Sauf que pour le coup, Marvel a pris une sacrée avance, malgré des qualités de films plus ou moins douteuse par moments. Réagissant à la vague Avengers, DC a décidé de sortir sa Justice League pour concurrencer tout ça. Mais le projet est loin d’être gagné dès la post-production.

Et il n’est jamais bon de faire des reshoots des mois après la finition d’un tournage. Entre des rumeurs stupides autour d’une simple moustache ou encore des scènes manquantes qu’il faut rajouter car Superman n’a pas assez de dialogues, puis le départ de Zack Snyder avant la fin à cause du décès de sa fille, laissant les rênes à Joss Whedon, autant dire que le film ne partait pas avec les meilleurs atouts. Ce qui se confirmera très vite, car si Justice League se veut spectaculaire ou rythmé, il en oublie quasiment tout le reste, à savoir une bonne réalisation, des enjeux importants, un élan dramatique et surtout, des personnages attachants.

Le premier problème qui saute aux yeux avec ce film, c’est la minceur des personnages, qui d’ailleurs ne collent plus vraiment aux protagonistes que l’on a connu. Batman est devenu un vieux ronchon qui fait des blagues à deux balles, Flash est un clown qui fait des vannes dans les moments les plus inopportuns, quant à Cyborg, il est simplement relayé en freak qui ne s’assume pas mais qui va quand même aider la Justice League sur un coup de tête. Outre des caractérisations inexistantes, voire même pénibles et incohérentes, le film veut à tout prix rendre tout le monde attachant, en forçant volontairement les traits d’humour, qui tombent toujours à plat. Et les présentations sont beaucoup trop rapides. Flash possède directement son armure, on ne sait pas comment il se l’est procurée. Aquaman surgit des eaux, prend deux poses badass, refuse d’apporter son aide, avant finalement de revenir pour sauver tout le monde. Cyborg, qui pourrait être le seul élément perturbateur dans tout ça avec son armure qu’il ne maîtrise pas forcément, n’est qu’une machine qui fait tout, même le café, et qui n’a aucune ambiguïté. Et on ne parle même pas de Superman, dont les réactions sont stupides, le changement de caractère complètement à la ramasse au détour d’une scène niaise au possible, et ses dialogues sont d’une lourdeur pathétique. Bref, hormis Wonder Woman et Gal Gadot qui est tout simplement divine, ce n’est pas la joie. Et que dire du méchant, Steppenwolf, d’une nullité abyssale.

Le film est bien trop manichéen, simpliste et n’apporte finalement aucune sensation. Mettre en avant des effets spéciaux et des caméras tournoyantes pour noyer le spectateur lambda, ça ne marche pas à tous les coups. Tout comme être généreux en action ne cache pas la misère scénaristique du film. En gros, un méchant veut récupérer trois cubes d’énergie pour faire détruire la planète. Quel intérêt ? Et puis il y a réellement un énorme problème de gestion de la tension. On ne craint jamais pour nos personnages. Même Batman, qui se révèle être le plus faible de tous, ne craint jamais pour sa vie. Les blessures semblent constamment superficielles, même lorsque Cyborg se fait arracher une jambe, et nos super-héros ne seront quasiment jamais en danger de mort ou dans des situations dangereuses. Et alors quand Superman arrive, c’est le pompon, il écrase tout le monde et pourrait très bien s’occuper de cette affaire tout seul. Le problème, c’est qu’à partir du moment où tu ne crains pas pour les personnages que tu affectionnes, tu ne ressens aucune émotion, et c’est exactement le cas avec Justice League. Et tout ça sans parler des moments d’émotion, comme les retrouvailles entre Clark Kent et Loïs Lane, où Danny Elfman sort les violons et on se retrouve avec des dialogues d’une stupidité crasse comme « Tu sens bon » ou encore ça gratte ». Cet humour, omniprésent, casse complètement le moment émotionnel.

Et c’est la même chose dans les moments d’action ou de tension dramatique. Prenons un exemple tout bête, lorsque Flash doit sauver des civils avec l’aide de Superman, il faut qu’il sorte une vanne toutes les deux phrases alors que la situation est tendue au possible. En fait, tout est fait pour dédramatiser les enjeux du film. Comment ne pas se sentir floué ? Et ce n’est pas tout, on a vraiment la sensation de voir un film qui a été coupé dans tous les sens, tant il semble manquer du liant entre certaines séquences. En fait, on nous balance un film qui n’est même pas terminé, et c’est juste honteux. Enfin, parlons aussi de la réalisation qui oscille entre du Snyder pur jus abusant de ralentis espérant rendre le tout plus badass, et du Whedon où tout est lisse. En plus d’avoir été coupé, le film accumule les plans qui ne servent à rien, à part prendre une allure de poseur. La séquence au ralenti d’Aquaman dos à la mer en train de vider sa bouteille de whisky, ça ne sert à rien. Les élans de Flash, tous au ralenti, même quand il s’agit de pousser du doigt une épée, ça ne sert à rien. Bref, là encore, la réalisation est aux fraises et Snyder s’en sert comme cache misère. Et ne parlons de la musique de Danny Elfman, qui est bien, mais très mal utilisée, notamment dans des moments qui n’ont aucune importance.

Alors oui, il y a quand même quelques éléments intéressants, mais ils sont peu nombreux. Gal Gadot confirme qu’elle est bel et bien une sublime Wonder Woman et détient le rôle le moins stupide. Quant à Jason Momoa, il est charismatique en diable malgré la faible épaisseur de son personnage. L’autre atout du film, c’est son rythme. Les deux heures filent très vite, on ne s’ennuie pas car il y a énormément de combats, et même si parfois c’est peu lisible, notamment le combat du départ entre un Paradémon et Batman, c’est assez spectaculaire. Cependant, ce sont là de bien maigres consolations face au film que l’on aurait pu avoir. Il manque clairement beaucoup de choses et DC a un peu trop précipité les choses pour concurrencer sa Némésis, n’arrivant finalement pas à créer un DCU solide et constant. D’ailleurs, on ne sait trop que penser de l’avenir de DC au cinéma…

Au final, Justice League est très clairement une déception sur de nombreux points. Faire deux personnages badass et rythmer son film d’action ne suffisent pas à masquer une misère scénaristique flagrante et une certaine fainéantise dans les enjeux dramatiques, tournant constamment son film au ridicule avec un humour plus que douteux. Bref, Marvel peut se rendormir tranquillement, il gardera certainement le monopole pendant de longues périodes encore, surtout si DC ne redresse pas la barre ou ne laisse pas faire ces réalisateurs, qui possèdent pourtant une certaine patte.

Note : 07/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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