septembre 28, 2020

Hero Festival Marseille Saison 4 – Là où les Geeks sont Rois

Il fut un temps pas si lointain, le mot geek avait une connotation négative auprès de la masse populaire. En effet, les gens voyaient cela comme un garçon solitaire, à lunettes, boutonneux, la peau grasse, ne trouvant satisfaction que devant un écran d’ordinateur pour élaborer quelques sombres programmes. Par la suite, le terme fut utilisé pour pointer du doigt tous les amateurs de pop culture, mais toujours avec une certaine forme de mépris de la part des grands médias. Aimer les super-héros, les personnages de mangas ou encore les jeux vidéo, c’est refuser de grandir et se galvaniser dans un monde fictif qui, visiblement, n’apporte rien à la société. Parce que voyez-vous, il faut produire pour exister, et refuser de s’amuser pour devenir adulte. Fort heureusement, à grands renforts d’œuvres salutaires dans tous les domaines artistiques, le monde de l’imaginaire s’est développé, a prouvé qu’il pouvait tout aussi bien divertir qu’amener à de belles réflexions et le mot geek a suivi cette mouvance, désignant désormais une population qui possède un fort attrait pour la culture et la contre-culture.

Il n’est donc pas étonnant que voir ce terme se greffer à des conventions avec des invités issus de diverses licences littéraires ou cinématographiques et que cela attire de plus en plus de monde. Et étrangement de plus en plus de villes. Si l’on fait un rapide petit tour d’horizon du Sud-Est de la France, en dehors de grandes villes comme Marseille, on se rend compte que l’on est gâté avec la Avignon Geek Expo, le Geek Universe de Carpentras, le Manga Mania de Montélimar, le Manga Show de Fréjus, La Fantastikon de La Garde, la convention Science-Fiction d’Orange ou même le Manga Galaxy de Valence et j’en oublie. Mais s’il y a une convention à ne pas rater, c’est bien le Hero Festival de Marseille. Et ça tombe plutôt bien, puisque nous étions présents à cette quatrième édition, qui ressemble à une grande fête de la pop culture avec cinq lieux bien distincts, de nombreuses animations, des univers marqués, des invités prestigieux et bien évidemment du cosplay de grande qualité. Revenons donc sur ce weekend « geek ».

La première chose qui frappe quand on passe les portes d’entrée, c’est le monde qui parcourt les allées des deux halls. On ne va pas se leurrer, le Hero Festival de Marseille a le vent en poupe et il va falloir jouer des coudes pour accéder à certains stands, ou s’armer de patience pour avoir une petite dédicace. Qu’importe, ce monde-là est très respectueux de chacun. Même si parfois c’est fatiguant, même si piétiner est usant, c’est aussi synonyme de succès pour une entreprise comme celle-ci, ce qui n’est pas évident. Car prôner l’éclectisme n’est pas un pari gagné d’avance. Les fans de manga pourraient se sentir délaisser par rapport aux comics, et a contrario, les fans de médiéval fantastique risquent fort de s’offusquer d’un hall entièrement dédié aux jeux vidéo. Sauf que la vie, c’est tout ça et il est difficile de se focaliser sur une seule et unique chose. La preuve en est avec tous ces gens déguisés qui ont testé quelques jeux ou encore les fans de manga qui ont pu se délecter de la sublime actrice Carice Van Houten (Black Book, Game of Thrones, Brimstone). Alors oui, le festival a été victime de son succès en accueillant beaucoup de monde, mais il vaut mieux voir un festival plein, qu’une convention à moitié vide.

La deuxième qui saute aux yeux, c’est la taille de la convention. C’est plus grand que la Comic-Con de Paris, il y a plus d’espaces restauration et c’est moins cher. Alors certes, il y a beaucoup moins d’invités, mais est-ce bien eux qui font tout le show ? Non ! Les univers exploités sont tellement différents que la principale attraction d’un évènement comme celui-ci, c’est le cosplay et les gens déguisés. Et là, il y a vraiment de la qualité, allant du super-héros américain au ninja de manga, partant aussi dans des délires Steampunk et des soldats de la Seconde Guerre mondiale. Et que dire si ce n’est que cette diversité, c’est beau. Ca respire la vie, le respect d’autrui et tout un chacun s’accepte tel qu’il est, prenant la pose pour quelques photos et jouant ainsi avec les photographes. Alors oui, encore une fois, ça grouille, mais ça pétille, ça vit, ça rit et cela permet de sortir un peu de la morosité de la vie ambiante. Ici, point de différence, point de racisme, de lutte de classes, on se fait même des câlins entre inconnus, c’est dire la fraternité qu’il existe dans ce genre de convention. Qui a dit que le jeu vidéo et les mangas rendaient violents ?

Il est vrai qu’il y a des points à améliorer, mais un festival parfait, ça n’existe pas. Avec un tel monde, il serait intéressant d’agrandir les allées, voire de rajouter, si c’est possible, un autre hall, avec, pourquoi pas, d’autres univers comme le cinéma et les films d’horreur ou fantastique, ou encore un espace dédié à la BD franco-belge, et pourquoi pas un espace musique, avec différents groupes de style différent. Il faut vraiment drainer ce nombre impressionnant de visiteurs, afin de rendre le trafic plus fluide. On pourrait aussi reprocher au festival de faire des tarifs parfois un peu onéreux sur la nourriture et de ne pas mettre à disposition suffisamment de chaises, de bancs et de tables pour se sustenter. On pourrait aussi un peu regretter un espace Krypton amoindri au profit d’un espace Konoha plus grand. Mais ce sont des choses facilement modelables, et pour sûr que le staff, d’une extrême gentillesse, sera à l’écoute des retours des festivaliers.

Enfin, que dire des invités présents cette année. Outre la sublime Carice Van Houten dont la carrière n’est plus à démontrer (et jetez un œil à Brimstone, une des pépites de l’année), on a pu compter sur le Youtuber Le Joueur du Grenier, relativement drôle et avenant, ou encore un Bernard Minet visiblement heureux d’être là et de signer des autographes à un monde fou. Mais ils n’étaient pas les seuls à profiter de ce festival pour se mettre en lumière. On pourra compter sur deux acteurs de Star Wars, sur des dessinateurs de BD comme Bruno Bessadi (Zorn et Dirna ou Badass) ou encore sur Vanrah, une mangaka française qui a réussi à se faire un nom dans le milieu. Bref, là aussi il y avait de quoi faire, sans oublier la troupe de Noob, de la comédie musicale Alice au Pays des Merveilles, de quelques youtubers plus ou moins connus comme Frigiel ou encore des comédiens de doublage. Bref, là aussi ça respire la variété et tous les goûts étaient représentés.

Quoi qu’il en soit, cette quatrième édition du Hero Festival fut, à notre sens, une belle réussite. Malgré le monde, malgré le bruit, malgré les orteils fatigués et les oreilles bourdonnantes. Il s’agit d’un festival qui brasse toute une culture importante à nos yeux, car cela nous fait rêver, mais nous montre aussi à quel point l’être humain peut s’accepter malgré des différences de goût ou d’origine. Et cela, qu’importe l’âge, puisque enfants comme adultes furent présents et se sont amusés ensemble. Bref, même s’il y a eu quelques couacs pour des dédicaces, des photos, des rencontres, on reste sur un festival de qualité, qui fait chaud au cœur et qui donne envie d’y retourner rapidement. On se dit alors à l’année prochaine, avec une joie non dissimulée.

Par AqME

 

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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