Carbone

De : Olivier Marchal

Avec Benoit Magimel, Gringe, Idir Chender, Laura Smet

Année : 2017

Pays : France

Genre : Policier

Résumé :

Menacé de perdre son entreprise, Antoine Roca, un homme ordinaire, met au point une arnaque qui deviendra le casse du siècle. Rattrapé par le grand banditisme, il lui faudra faire face aux trahisons, meurtres et règlements de compte.

Avis :

Ancien flic reconverti réalisateur et acteur, Olivier Marchal, en une quinzaine d’années, s’est construit une pure réputation. Il faut dire qu’avec son style « réaliste » et violent, le réalisateur a dépoussiéré le polar français et nous a offert au cours des années 2000 quelques excellents moments où pointe en sommet son « 36 Quai des orfèvres« .

Depuis les années 2010, Olivier Marchal, avec toujours autant de succès, s’est tourné vers la télévision avec des séries comme « Braquo » ou « Section zéro » et cela fait maintenant six ans que l’on n’avait vu un Marchal sur grand écran.

Et bien après tant d’années d’absence, le voici de retour avec un film quelque peu différent de ceux qu’il nous avait présentés. Avec « Carbone« , Olivier Marchal passe au film d’arnaque et s’inspire dans les grandes lignes d’une histoire vraie. Dès les bandes-annonces, « Carbone » s’annonçait comme l’un des évènements français de cette fin d’année, mais même si le film est bon, on reste loin des précédentes réalisations d’Olivier Marchal. On ressort de la salle avec une petite pointe de déception, même si l’on a passé un bon moment de cinéma.

Antoine Roca est un homme ordinaire. Chef d’une petite entreprise, pour sauver cette dernière, il va alors monter une arnaque qui sera l’une des plus importantes de ce début de siècle. Mais alors que cette dernière fleurit, Antoine s’enfonce de plus en plus dans le grand banditisme. Trahisons, meurtres, règlements de comptes, enquêtes et soupçons vont alors être un engrenage duquel on ne peut sortir indemne.

« Carbone » est le sixième film d’Olivier Marchal et après avoir écumé sous toutes les coutures possibles nos amis de la police, il passe à un terrain suivant, tout en l’adaptant à son propre style. Alors il est vrai, que dans le fond, on ne peut trop rien reprocher à « Carbone« . C’est un film d’Olivier Marchal et il respire le style Marchal à plein nez et les amoureux du style du réalisateur seront plus que comblés.

On ne peut aussi trop rien reprocher à l’intrigue qu’offre le réalisateur. Originale, actuelle, prenante, complexe (L’arnaque si complexe soit elle est très bien expliquée, Marchal ne nous perd pas, alors que c’est une partie lourde de son film et d’entrée en matière) et intéressante, cette arnaque de haut vol est excellente. L’engrenage que les personnages subissent est très bon, et Olivier Marchal, en excellent conteur qu’il est, nous donne en permanence envie d’aller toujours plus loin, afin d’avoir le mot de la fin. Un mot de fin que l’on se pose depuis le début du film, puisque Marchal ouvre son film par son final. Et malgré ça, il arrive à nous tenir en suspens et intrigue tout du long.

De plus, avec « Carbone« , Olivier Marchal offre avec amusement une petite critique du système français qui se plante lui-même en administrant les choses.

Comme toujours chez Olivier Marchal, on sera séduit par la mise en scène de son cinéaste. Outre la photographie et l’esthétisme travaillé, qui sont à tomber, on remarquera surtout le choix de la BO qui habille le film. Un choix qui se remarque très vite avec des titres d’Orelsan prenants, qui collent parfaitement aux images et aux faits qui nous raconte le réalisateur.

Mais alors de quoi peut venir la déception ressentie, qui fait qu’on ne retrouve pas le sentiment qu’on avait à la sortie d’autres films d’Olivier Marchal ? Et bien pour la plupart, ça vient de son casting et sa direction d’acteurs. S’il fait des merveilles avec des second rôles tels que la chanteuse Dani, parfaitement à sa place chez Marchal, ou encore Laura Smet, Gérard Depardieu (toujours aussi imposant), Gringe ou Patrick Catalifo, en ce qui concerne le reste, c’est avec un petit pincement au cœur qu’on est obligé de constater la caricature. Poussé à l’excès, on a du mal à vraiment s’attacher à un Benoit Magimel qui en fait trop. Tellement que cela peut prêter à sourire parfois. Cette sensation se ressent aussi avec Moussa Maaskri ou le rappeur Idir Chender qui en font des caisses, au point de pousser le tout dans la ringardise.

Malgré tous ces extrêmes, on ne peut pas dire qu’on passe un mauvais moment devant « Carbone« . Le film reste bon, l’arnaque intrigante et prenante, mais pour un retour d’Olivier Marchal après ces années d’absence, c’est vraiment qu’on s’attendait à mieux et à plus, et c’est bien dommage, car derrière tout ça, on sent le film sincère et le réalisateur passionné par ce qu’il nous raconte. C’est donc un film mineur dans la carrière de son réalisateur.

Note : 12/20

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Par Cinéted

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