Les Anges Déchus

Titre Original : Duo Iuo Tian Shi

De : Wong Kar-Wai

Avec Charlie Yeung, Takeshi Kaneshiro, Leon Lai, Michele Reis

Année: 1997

Pays: Hong-Kong

Genre : Policier

Résumé :

Hong Kong la nuit. Un tueur à gages en a assez de tuer. Une femme lui sert d’agent et rêve qu’il tombe amoureux d’elle. Une jeune fille veut se venger d’un amour déçu. Une jeune femme guette le grand amour. Un garçon muet déambule dans les rues. Le tueur, héros de ce film, sort directement de « Chungking Express », du même réalisateur, où il devait composer une troisième partie supprimée en raison de la longueur du film.

Avis :

Les années 90, c’est la très belle montée d’un cinéaste chinois appelée Wong Kar-Wai. L’homme présente « As Tears Go By« , son premier film en 1988 et depuis ce film, le réalisateur ne va faire que convaincre et s’assurer une belle réputation avant de vraiment exploser au début des années 2000, avec son culte « In the mood for love« .

Alors que pas mal de cinémas nous offre une rétrospective des premiers films de Wong Kar-wai, aujourd’hui, on s’arrête sur son cinquième film, « Les anges déchus« , film étrange, à l’ambiance déglinguée qui envoûte son spectateur.

« Les anges déchus » est un film qui nous immerge dans le Hong Kong de la nuit afin d’y suivre plusieurs destins perdus et désabusés. Plusieurs destins en errance qui font face à leur solitude. Triste, drôle parfois, Wong Kar-wai nous livre un film aussi attachant qu’il finit aussi par trop s’étirer, ce qui est dommage, car même si l’on est sous le charme inconstatable du réalisateur, « Les anges déchus » nous laisse sur une petite note de déception.

Hong Kong, la nuit. Un tueur à gages qui aime que l’on décide pour lui se remet en question. Une femme qui travaille avec lui rêve secrètement de lui et d’une possible histoire d’amour. Pendant ce temps-là, quelque part dans la ville, un jeune homme muet est sur le point de vivre un grand changement pendant qu’une jeune femme quelque peu hystérique cherche une dénommée Blondie. Tous ces personnages qui se connaissent ou pas, se tournent autour, se croisent, se rêvent et surtout se mentent à eux-mêmes.

« Les anges déchus » est une expérience étrange et folle que nous offre-là Wong Kar-wai. Bercé dans une ambiance unique, le réalisateur nous plonge dans une Hong Kong brumeuse, poisseuse, où la fumée des cigarettes se mélange au doux et lourd son des armes à feu.

Et avant d’aborder cette intrigue et ces personnages, c’est tout d’abord de la mise en scène qu’on a envie de parler. Une mise en scène « déglinguée », qui oscille entre brutalité, mélancolie, folie, faux semblants et trompe l’œil. Wong Kar-wai filme énormément dans le miroir et autres reflets. Il floute parfois ses personnages pour appuyer leur état et les ressentis. Visuellement, l’œuvre est hors du commun, c’est un film unique aussi bien fou qu’audacieux, tant son réalisateur utilise ses plans, ses séquences, et même Hong Kong, pour nous faire ressentir la solitude, l’errance et la fracture de ces anges perdus. Affaire de sensibilité, certains pourront ne pas être touchés et trouver que le film est plus dans la démonstration, tant le film nous sort de nos habitudes de cinéma.

Une ambiance et un ressenti qui sont d’autant plus assurés grâce à la superbe BO Jazz Lounge électro qui souligne le film. Une BO empreinte de poésie, de mélancolie, même aussi de folie. Plusieurs séquences sont absolument fascinantes et cette musique ne fait que rehausser encore plus la fascination.

Ces « … anges déchus« , se sont Leon Lai, Michelle Reis, Takeshi Kaneshiro et Charlie Yeung. Quatre anges magnifiques, si touchants, et même s’ils ont tous leur part de noirceur, voire de « détestabilités », ils demeurent tous touchants car Wong Kar-wai a su tirer de leurs émotions et pensées (le film est parcouru de voix off qui sont les voix de ses personnages) quelques chose d’assez fou, de presque onirique, et l’on reste fascinés par leur parcours qui parfois, et c’est là où le film peut décevoir un peu, est incompréhensible. Plongée dans la déglingue, la folie, la tristesse, le chaos, on restera un peu sur notre faim avec l’impression de ne pas avoir tout saisi. On a l’impression que Wong kar-wai étire la folie de son film jusqu’au point de presque se perdre et c’est dommage. Bon, il faut dire que le film est si riche et inhabituel, qu’un second visionnage apporterait sûrement plus de précision, mais c’est le ressenti que l’on en a à la sortie de la salle.

Les errances de ces « … anges déchus« , même si elles sont imparfaites, demeurent une très belle expérience de cinéma. Une expérience à l’ambiance incroyable qui démontre dès sa scène d’exposition que Wong Kar-wai est bien un cinéaste qui n’est pas comme les autres. Beau, mélancolique, onirique et étrange, « Les anges déchus » est fascinant !

Note : 15,5/20

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Par Cinéted

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