octobre 26, 2020

Punisher

Titre Original : The Punisher

De : Mark Goldblatt

Avec Dolph Lundgren, Louis Gossett Jr., Jeroen Krabbe, Kim Miyori

Année : 1989

Pays : Australie, Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Après le massacre de sa famille par la mafia, l’ancien policier Frank Castle, laissé pour mort, devient le bras armé d’une vengeance expéditive et impitoyable. Traquant et éliminant sans pitié les criminels, il est le Punisher…

Avis :

Apparu en 1974 dans le comics Spider-Man et quatre ans plus tard en France, le Punisher est rapidement devenu une figure incontournable de chez Marvel. Héros solitaire qui symbolise la vengeance dure et froide, le Punisher est aussi un personnage qui a semé quelques troubles dans la culture américaine. Il faut dire que ses méthodes expéditives et sa violence en font un personnage à part, très adulte, amenant tout le temps à réfléchir sur la vengeance, sur ce que cela apporte psychologiquement et si elle nous permet de se sentir mieux après la disparition d’un proche. Des thématiques très complexes, très adultes et qui correspondent à une volonté de chez Marvel à augmenter la violence graphique de ces comics à l’aube des années 80. Et il faudra un certain temps au cinéma pour se décider à l’adapter, non seulement à cause des idéaux du héros, mais aussi pour traiter de la violence graphique sur un grand écran, avec un public plus large. Revenons donc sur la première version de ce personnage iconoclaste.

Mark Goldblatt, qui sort de Flic ou Zombie, va fournir un film assez fidèle aux comics, et il ne va pas s’embêter avec une présentation basique du personnage. D’entrée de jeu, le Punisher est présent et il s’amuse à défragmenter du malfrat à tout va. D’ailleurs, les informations vont relayer les infos, en disant qu’il a fait pas moins de 125 victimes en cinq années. En faisant ainsi, le réalisateur s’assure une entrée fracassante du héros, et montre qu’il ne possède aucune limite quand il faut faire payer les mafieux. Cette présentation est d’autant plus brute qu’elle montre un homme désabusé, comme si rien ne pouvait le toucher, et qui va employer des méthodes explosives pour arriver à ses fins. Punisher ne laisse rien au hasard et c’est une façon très directe de s’approprier le personnage. En même temps, la méthode est très cohérente avec le public visé, puisque les premiers attirés par ce genre de métrage sont les fans du comics, et ils n’ont pas besoin qu’on leur rabâche les origines du héros. Cependant, ces origines seront expliquées un peu plus loin, sous la forme de flashback ou de cauchemar pour le héros, amenant donc à une certaine compréhension de son état psychologique.

Mais le plus intéressant dans ce film, c’est son histoire et sa violence graphique. D’ailleurs, le film possède une flopée de versions alternatives à cause de sa forte violence. Le sang gicle, les meurtres se succèdent et certaines séquences sont assez gores, comme le plan final où une victime se prend un couteau en pleine tête. Mais c’est surtout son scénario qui va être intéressant, car malgré les rancœurs du Punisher, le film va tenter de montrer son côté « gentil » en l’amenant à sauver les enfants des parrains de la pègre. Un geste qui ne sera pas qu’un symbole, le Punisher devant collaborer avec ses ennemis contre un ennemi commun, et montrant combien la ligne est fine entre méchant et gentil aux méthodes expéditives. Le film va aussi tenter de parler de l’amitié entre flics. Frank Castle étant un ancien officier de police, il ne va pas oublier pour autant son ancien coéquipier, qui fait tout pour le retrouver et l’empêcher de commettre l’irréparable à chaque fois. Bref, même si le métrage baigne dans une atmosphère très 80’s, avec son lot de films d’action assez binaires mais efficaces, Punisher essaye de dépasser ce stade pour fournir un divertissement de qualité tout en apportant quelques passages réflexifs.

C’est Dolph Lundgren qui prête ses traits au héros et c’est une vraie réussite. L’acteur vit complètement son rôle, essayant de montrer son éloignement de l’être humain, ne souriant jamais et n’ayant aucun scrupule à tuer femmes ou hommes se mettant en travers de sa route. On appréciera aussi le personnage joué par Louis Gossett Jr., un flic qui cherche à remettre le héros dans le droit chemin, malgré toutes les difficultés pour le retrouver. L’acteur est touchant et parfois drôle. Enfin, comment ne pas citer les deux grands méchants du film, l’un joué par Jeroen Krabbe, un mafieux plus malin que les autres, et l’autre jouée par Kim Miyori, une chef des yakuzas sans pitié, même auprès des enfants. Les deux acteurs sont bons et incarnent de façon parfaite leurs personnages. Des personnages qui évoluent dans une mise en scène assez étrange et parfois très référentielle, allant de Mario Bava aux James Bond de l’époque, tout en y rajoutant une bonne dose de violence, et le rendu est intéressant, mais parfois inégal, comme ce passage dans une salle de torture minimaliste. On sent que le budget est serré (et c’est pour cela que le tournage s’est déroulé en Australie avec des acteurs australiens dans les seconds rôles) et certaines séquences font un peu pauvres, ce qui n’enlève malgré tout rien aux différentes qualités du film.

Au final, Punisher de 1989, la première adaptation signée Mark Goldblatt, est une franche réussite car elle a l’aura des films d’action des années 80, tout en gardant la violence si prégnante du comics de base. Si on ajoute à cela des réflexions plutôt intéressantes sur la vengeance et la justice que l’on se fait soi-même et une mise en scène assez marquée, on tombe sur un film qui, plus de vingt ans plus tard, demeure toujours aussi plaisant. La seule erreur que reconnait le réalisateur, c’est le fait d’avoir enlevé le logo du Punisher sur son pull, mais c’est une bien maigre chose.

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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