décembre 1, 2020

Universal Soldier

De : Roland Emmerich

Avec Jean-Claude Van Damme, Dolph Lundgren, Ally Walker, Ed O’Ross

Année: 1992

Pays: Etats-Unis

Genre: Action, Science-Fiction

Résumé :

Les Uni-Sol sont un commando d’élite utilisé lors des situations extrêmes. Ils sont quasiment invincibles et font preuves de compétences physiques surhumaines.
La journaliste Veronica s’intéresse de près à ses guerriers après que ces derniers aient participé à une impressionnante opération militaire. Elle découvre alors que les Uni-Sol sont en fait d’anciens soldats décédés et dont les corps sont ré-animés. Considérée comme une menace pour le projet, Veronica est traqué par une bande d’Uni-Sol dont l’un d’entre eux, Luc Devreux, décide de prendre sa défense. Contrairement à ses compagnons d’arme, il semble avoir une conscience et des réminiscences de celui qu’il était.
Le couple est immédiatement traqué par une escouade d’Uni-Sol avec à leur tête Andrew Scott, un sergent sadique abattu par Devreux durant la Guerre du Vietnam et depuis ressuscité…

Avis :

Pour beaucoup de monde, Roland Emmerich est un peu le papa des catastrophes gigantesques au cinéma. Aimant les destructions massives, il pourrait être le répondant germanique à Michael Bay, et sa filmographie est là pour en attester. Entre Independence Day et sa misérable suite, 2012 ou encore Godzilla avec Jean Reno, le réalisateur d’origine allemande fait tout exploser et ne laisse rien derrière lui, si ce n’est des souvenirs douloureux pour bon nombre de cinéphiles. Car oui, sans jamais égaler la ringardise d’un Uwe Boll, pour rester chez les teutons, Roland Emmerich est aussi célèbre pour ses séquences de destruction massive que pour ses films à l’écriture grotesque, flirtant constamment entre gêne et beauferie consternante. Mais cela ne survient qu’à la fin des années 2000, et avant cela, le cinéaste avait fourni quelques plaisirs non négligeables, comme The Patriot, Le Jour d’Après, Stargate ou encore Universal Soldier, même si sa réputation n’est pas au beau fixe. Et pourtant, à la revoyure, le film gagne en qualité au fur et à mesure des années.

L’histoire est relativement simple, même si elle interroge sur plusieurs points intéressants, et notamment sur la notion d’humanisme et de mémoire. Lorgnant du côté de Blade Runner mais en version plus binaire et violente, Universal Soldier narre comment deux soldats en sont venus à s’entretuer pendant la guerre et quelques années plus tard, reviennent d’entre les morts dans une unité d’élite où ils ne semblent plus conscient de leurs actes, répondant au doigt et à l’œil à un micro implanté dans leur oreille. Dès le départ, le film nous plonge dans l’enfer de la guerre, avec ce qu’il faut de sacrifice et de mort, mais surtout, un Dolph Lundgren complètement transformé par l’horreur de la guerre, devenant un être paranoïaque et monstrueux. Le film va donc appuyer sur l’inimité entre les deux personnages phares dès le départ, pour les retrouver acolytes par la suite, mais pas pour longtemps. A partir de là, Roland Emmerich va essayer de pointer du doigt les défaillances d’un système militaire qui ne peut aboutir. Brouillant les pistes entre humain et robot, comme un Blade Runner low cost, le cinéaste montre qu’en se prenant pour Dieu, l’homme peut perdre le contrôle et se faire prendre à son propre jeu, comme en atteste la violence dont fait preuve le personnage de Dolph Lundgren.

Alors il est évident qu’Universal Soldier n’est pas un film cérébral et qu’il mise énormément sur ses scènes d’action, n’épargnant quasiment personne au passage, et qu’il peut aussi se voir comme un Terminator 2 sur son schéma narratif (un soldat/robot qui essaye de sauver une jeune femme), mais il n’est pas vide de sens comme on peut bien souvent l’entendre. Le film est imparfait car il est parfois trop bourrin et que Dolph Lundgren surjoue à mort les moments de folie pure et sa fascination pour les colliers d’oreilles, mais on ne peut imputer au film d’être efficace dans tout ce qu’il aborde. D’autant plus que les personnages sont relativement attachants, notamment Jean-Claude Van Damme qui est constamment à la recherche de ses souvenirs afin de retrouver un semblant d’humanité et donc de ne plus souffrir soit d’amnésie, soit de troubles post-traumatiques. Et Universal Soldier propose deux visions différentes d’un retour de guerre, celui de l’homme blessé et traumatisé, et celui dont la violence à fait resurgir un instinct primaire et paranoïaque.

On peut dire ce que l’on veut de ce film, puisqu’il mélange allègrement plein de genres et de références comme Rambo, Blade Runner ou encore Terminator, mais l’aspect divertissement est bel et bien au rendez-vous, et cela sans jamais édulcorer son propos. Le sang gicle, les explosions sont nombreuses, les combats frappent fort et l’ensemble est porté par un rythme très soutenu. On pourrait croire que le film a un peu vieilli, mais ce n’est absolument pas le cas. Les effets spéciaux tiennent toujours la route et la réalisation est relativement propre. Le petit bémol que l’on peut apporter à Universal Soldier, c’est ses références parfois pas suffisamment digérées et son univers futuriste mais pas trop qui peut être perçu comme une incohérence. En effet, dans ce film on a des techniques pour ressusciter des hommes et en faire des super-soldats, mais tout le reste n’est pas autant développé. Il n’y a pas de téléphones portables, pas de structures militaires gigantesques ou encore d’engins agricoles ramassant le blé tout seul. Il faut dire que le film se préoccupe principalement des deux personnages principaux et de cette course-poursuite, du coup, il reste peu de place pour développer un univers, même si on sent que cela manque cruellement. Enfin, on peut aussi dire que certaines séquences d’humour n’ont pas vraiment leur place ici, comme la fameuse scène dans le restaurant où Jean-Claude Van Damme s’empiffre avant de balancer des mandales à tout le monde. Une rupture de ton un peu mal venue.

Au final, Universal Soldier est un film injustement décrié à cause de la notoriété de son réalisateur, mais aussi à cause de ses références trop évidentes. Il n’en demeure pas moins que le film reste très efficace et qu’il est surtout moins bête qu’il n’y parait. Avec le temps, le film se bonifie, non seulement parce que l’on est en période de vache maigre en ce qui concerne les films d’action simple et efficace, mais aussi parce qu’il reste un film humble, sans débauche d’effets spéciaux et qu’il renvoie à une certaine nostalgie des années 80 avec Predator et tous les films déjà précités. Bref, un film plaisant et divertissant, c’est tout ce que l’on demande dans ce genre.

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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