Le Vieux qui ne Voulait pas Fêter son Anniversaire

Titre Original : Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann

De: Felix Herngren

Avec Robert Gustafsson, Iwar Wiklander, David Wiberg, Mia Skäringer

Année: 2014

Pays: Suède

Genre: Comédie

Résumé:

Le jour de son 100ème anniversaire, un homme s’échappe de sa maison de retraite pour une cavale rocambolesque, certain qu’il n’est pas trop tard pour tout recommencer à zéro. Débute alors une aventure inattendue et hilarante aux côtés d’un escroc, d’un vendeur de hot-dogs, d’une rousse et d’un éléphant…

Avis :

La Suède est un pays qui était assez discret au niveau du septième art il y a de cela encore quelques années. Puis sont arrivés en masse les polars noirs et inquiétants d’un certain Stieg Larsson et de Camilla Lackberg. Best-seller et succès partout dans le monde, il n’a pas fallu longtemps pour voir arriver des adaptations de cinéma, notamment de Millenium, ou encore de Morse issu du livre Laisse-Moi Entrer. A partir de ce moment-là, les suédois ont commencé à prendre de l’ampleur dans le monde cinématographique, au point que certains réalisateurs se sont exilés à Hollywood pour faire des films plus imposants, comme Tomas Alfredson. Mais le film qui nous préoccupe aujourd’hui n’est point un polar ou un film d’horreur mélancolique. Le Vieux qui ne Voulait pas Fêter son Anniversaire est une comédie, un road trip avec pour personnage principal un centenaire, tiré là-aussi d’un best-seller de l’écrivain Jonas Jonasson. Mais est-ce que pour autant cela vaut-il les autres genres pour lesquels les suédois semblent être doués ?

Comme dit précédemment, le film est un road trip à travers une petite parcelle de la Suède. On va y retrouver un vieil homme qui vit dans une maison de retraite à cause de sa fascination pour les explosifs et sa faculté à régler ses problèmes via quelques bâtons de dynamite. Le jour de son centième anniversaire, il décide alors de prendre la poudre d’escampette sur un coup de tête et il va se retrouver dans un imbroglio avec des bikers voleurs, un ancien chef de gare, un vendeur de hot-dog et un éléphant. Annoncé comme cela, on pourrait croire que le film suit les délires des comédies américaines pour adolescents, comme le fut Road Trip, mais ce n’est pas du tout le cas. Déjà par le sujet principal qui se concentre sur la vieillesse et ce que ça fait que de vivre vieux dans une maison de retraite. Enfermé entre quatre murs, seul et sans famille, ce personnage principal est pourtant haut en couleurs et il semble complètement indifférent à ce qui lui arrive. D’ailleurs, les principaux gags proviennent de sa façon de percevoir le monde, sans vitesse, sans stress et avec des méthodes souvent expéditives. Le film demeure touchant sur bien des aspects et notamment cette relation qu’entretient le personnage principal avec les autres personnes. Innocent, parfois naïf, nonchalant, on sent que cet homme a du vécu et que finalement, à son âge, rien n’est vraiment grave. Même la profusion d’argent. On comprend qu’il faut vivre au jour le jour et profiter de chaque moment, prenant les occasions quand elles se présentent, sans quoi, nous passerions à côté de moments trop précieux. Une vision un peu naïve mais universelle.

L’autre point positif de ce film, c’est qu’il ne se contente pas de faire un road trip essayant d’être rigolo (et les mots sont précisément choisis dans cette phrase). Le film va s’arrêter sur ce personnage, sur ce vieux, qui a un vécu assez extraordinaire. On verra qu’au cours de sa vie, il a rencontré Staline, le frère idiot d’Albert Einstein (ce qui donnera lieu à des situations cocasses et vraiment drôles), qu’il aura aidé à la création d’une bombe nucléaire et qu’il sera aussi eunuque pour diverses raisons, notamment raciales. Ces passages historiques permettent de donner de la profondeur au personnage, mais surtout de montrer les absurdités de la guerre ou de certaines personnes. Le plus flagrant sera ce médecin qui sera persuadé que notre pauvre vieux est issu d’une famille noire à cause de la taille de son pénis. Ainsi, de façon plus ou moins uchronique, le réalisateur, dont c’est le troisième film à l’époque, dénonce le racisme, l’imbécilité de la guerre et de certains chefs d’état, dont Franco. Après, il faut quand même être plus ou moins rompu à l’histoire pour comprendre tout ce qui se passe et ces souvenirs tombent souvent comme un cheveu sur la soupe.

Et cela va aussi casser le rythme du film. Durant près de deux heures, le film va avoir du mal à se renouveler et il va proposer à chaque le même schéma narratif, à savoir une rencontre fortuite, un évènement drôle, une fuite, une rencontre, etc… Ce schéma est ponctué par deux choses différentes, à savoir les flashbacks sur la vie du vieux et les recherches par un policier complètement à côté de ses pompes, le réalisateur voulant certainement montrer l’incompétence d’un système. Et on va sentir une certaine redondance à cela. L’ennui va pointer son nez de temps à autre et le film va trainer en longueur, ce qui est dommage, car il y avait vraiment matière à faire quelque chose de plus condensé, de plus court et donc de plus efficace. Le film manque aussi d’émotions. Si ce petit vieux demeure attachant et que les autres personnages auront tous un petit truc pour nous accrocher comme ce vendeur timide qui ne prend jamais de décisions ou encore ce vieux chef de gare généreux et altruiste, on reste dans une sorte de caricature un peu pénible, à l’image des méchants, des bikers nazis ratés ou encore un vieux boss vivant à Bali qui va payer cher pour ses crimes. Ces excès manquent parfois de finesse d’écriture et on aura du mal à s’accrocher à tout le monde. D’ailleurs, la fin est rapidement expédiée, à un tel point que l’on ne comprend pas forcément ce qu’il se passe.

Au final, Le Vieux qui ne Voulait pas Fêter son Anniversaire est un film gentillet mais assez vain dans son ensemble, la faute à des sentiments amoindris, malgré une fin qui se veut une synthèse de tout le film, à savoir, profitons de la vie sans se soucier du reste. Un message qui a du fond, mais qui est desservi par une intrigue où la chance suit perpétuellement son personnage central, rendant le tout improbable. Et si l’aspect comédie peut paraître réussi, il reste un peu trop discret, le métrage ne sachant jamais sur quel pied danser entre humour ubuesque et passage un peu plus touchant. Bref, un film qui n’est pas désagréable, mais qui reste assez mineur.

Note : 11/20

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Par AqME

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