décembre 5, 2020

The Fortress

De : Dong-Hyuk Hwang

Avec Yun-Seok Kim, Park Hee-Soon, Byung-Hun Lee, Hae-Il Park

Année: 2017

Pays: Corée du Sud

Genre: Historique

Résumé:

En 1636, le royaume de Joseon est attaqué par la dynastie Qing. Le roi Injo se réfugie avec sa suite dans les montagnes, dans la forteresse de Namhansanseong, bientôt prise d’assaut par l’envahisseur. Alors que le roi hésite sur la marche à suivre, et que son armée protège la forteresse, deux de ses ministres s’opposent. Choi Myung-kil insiste pour que le roi traite avec les Qing, pendant que Kim Sang-hun exhorte le roi à résister coûte que coûte.

Avis:

Réalisateur au parcours intéressant, Hwang Dong-hyuk fait des études de communication avant de se lancer dans le cinéma. Il écrit et réalise de nombreux courts-métrages avant de s’envoler pour Los Angeles où il étudie la production cinématographique. Il continue de tourner aux Etats-Unis des courts-métrages. C’est en 2007 qu’il présente « My Father« , son premier long-métrage, mais c’est avec son second film, « Silenced« , que le réalisateur se fait remarquer. Il faut dire que le sujet de « Silenced » a de quoi révolter, puisque le réalisateur y raconte le scandale de l’école de Gwangju Inhwa, qui dans les années 2000 avait vu l’un de ses professeurs révéler les abus sexuels en masse sur des élèves sourds. « The Fortress » est son quatrième long-métrage.

Et pour son nouveau film, Hwang Dong-hyuk change encore une fois de style et s’aventure cette fois-ci dans le film en costume et met en scène une fresque de deux heures et demie sur la chute d’un roi. « The Fortress« , énorme succès de plus de quatre millions d’entrées en Corée alors que le film est sorti il y a à peine trois semaines, s’avère être un très bon moment de cinéma. Loin de l’idée qu’on se fait d’un film asiatique en costume, Hwang Dong-hyuk fait le pari de la politique plus que de l’action et nous offre un film prenant, riche, profond et détaillé. Bref, un film qui, même s’il a de petites longueurs, nous conquit et l’on en ressort riche d’émotions et d’histoire.

Hiver 1637, le royaume de Joseon est attaqué par la dynastie Qing. Le roi Injo se réfugie alors avec ses ministres dans une de ses forteresses perchées sur le haut d’une montagne. Commence alors un siège de la forteresse par l’ennemi et pendant que les soldats défendent les murs et que le souverain hésite sur la marche à suivre, plusieurs de ses ministres opposent leurs idées.

Stratégie, politique et rapport de force, voici les ingrédients de cette fresque de deux heures et demie qui nous entraînera avec beaucoup d’intérêt dans la chute d’un empire.

Bien souvent, avec les films comme celui-ci, on a tendance à s’imaginer un spectacle comme ceux que Zhang Yimou a pu nous offrir. Mais ne vous y trompez pas, « The Fortress« , c’est l’anti « … secret des poignards volants« . « The Fortress » est un film où l’on trouvera finalement peu de scènes d’action, laissant la place aux décisions, aux stratèges, aux débats politiques afin de remporter cette guerre et le tout saupoudré d’un soupçon d’orgueil de la part d’un souverain qui vit loin des réalités. Ici, le plus important et le plus captivant, ce sont les mots précis que chaque ministre prononce, ce sont des décisions prisent loin des champs de bataille. Ce sont les débats parfois violents qui règnent dans cette salle des conseils. C’est la lâcheté aussi de certains, ne prenant pas leur responsabilité ou rejetant les fautes sur d’autres. Hwang Dong-hyuk prend un soin tout particulier dans sa mise en scène pour nous tenir au plus près des discussions et si parfois, le film n’a pas toujours un rythme égal, il n’en restera pas moins captivant et une fois accroché et lancé dans cette intrigue, on aura en permanence envie d’aller plus loin, histoire de savoir ce qui arrivera à ce roi et ses sujets et si la guerre va avoir lieu ou non.

Bien entendu, « The Fortress« , ce n’est pas que des débats, c’est aussi un film à grand spectacle. Si l’on aura droit aux batailles qu’on est quand même venu chercher, on pourra aussi profiter des paysages enneigés splendides de la Corée. Un vrai dépaysement. On pourra profiter aussi de l’excellence de la reconstitution de l’époque. Entre la photo incroyable, les décors et les costumes superbes et originaux, ou encore les chorégraphies de batailles excellentes, le film est un petit plaisir à découvrir.

Un plaisir qui s’étend d’autant plus avec ce casting incroyable qui mérite bien des récompenses. Les personnages sont aussi touchants qu’attachants, défendant leurs opinions avec conviction, force et respect. Des personnages tenus par la crème de la crème des acteurs coréens. Ainsi, on retrouvera par exemple Kim Yoon-seok (« The chaser« , « Sea Fog« , « The Murderer« ), Lee Byung-hun (« J’ai rencontré le diable« , « Joint security area« , « A bittersweet life« ) , Park Hae-il (« Memories of Murder« , « The Host« ). La confrontation, le respect, la défiance ou encore l’amour entre ces trois-là sont sublimissimes à suivre.

Pour son quatrième long-métrage, Hwang Dong-hyuk a donc fait encore une fois les choses en grand et nous livre là une fresque passionnante à l’issue incertaine. Une fresque qui ne manque pas de politique, de passion, d’émotions (certains passages vers la fin sont bouleversants), de pression et d’épique… Bref, du cinéma comme on l’aime et comme la Corée sait si souvent nous en offrir.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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