avril 15, 2021

Laissez Bronzer les Cadavres

De : Hélène Cattet et Bruno Forzani

Avec Elina Löwensohn, Stéphane Ferrara, Bernie Bonvoisin, Marc Barbé

Année : 2017

Pays : France, Belgique

Genre : Thriller

Résumé :

La Méditerranée, l’été : une mer d’azur, un soleil de plomb… et 250 kilos d’or volés par Rhino et sa bande! Ils ont trouvé la planque idéale : un village abandonné, coupé de tout, investi par une artiste en manque d’inspiration. Hélas, quelques invités surprises et deux flics vont contrecarrer leur plan : ce lieu paradisiaque, autrefois théâtre d’orgies et de happenings sauvages, va se transformer en un véritable champ de bataille… impitoyable et hallucinatoire !

Avis :

Hélène Cattet et Bruno Forzani, c’est un couple à la ville comme derrière la caméra. Ils se sont rencontrés en 1997 à Bruxelles et depuis, les deux cinéastes filent le parfait amour sur tous les fronts. Après avoir parcouru les années 2000 avec plusieurs courts-métrages, ils réalisent en 2009 « Amer« , un film qui rend hommage au Giallo Italien. Depuis, les deux réalisateurs n’ont pas manqué de faire parler un peu d’eux avec « L’étrange couleur des larmes de ton corps« .

Aujourd’hui, ils nous reviennent avec un troisième film au titre aussi étrange qu’il pique la curiosité, « Laissez bronzer les cadavres« . Tout un programme et à la découverte de celui-ci, on peut aisément dire que le programme est à mille lieux des sentiers battus. C’est un programme très particulier, qui est aussi bon qu’il est fascinant et dérangeant. Sorte de western moderne, « Laissez bronzer les cadavres » est un film rare et inclassable. Un film auquel il faudra un petit bout de temps avant de rentrer dedans, tant il sort des normes et des chemins balisés. Bref, un film comme on en voit peu et qui ne manquera de marquer les esprits.

Un après-midi de Juillet, un fourgon est braqué. Les voleurs ne font pas dans le détail et suppriment tous les occupants avant d’emporter les deux cent cinquante kilos d’or qu’il y avait à son bord. Le braquage est donc une réussite et leur planque est quasi-introuvable, et même insoupçonnable, et pourtant, par un malheureux hasard, ou une malheureuse intuition, deux flics à motos débarquent dans la planque…

Ovni complément fou, « Laissez bronzer les cadavres « , c’est le pouvoir de la mise en scène, car c’est bel et bien cette dernière qui emporte le film vers des hauteurs de jouissance et d’étrangeté.

Si l’on regarde bien, si on enlève le délire et l’univers, dans ses grandes lignes, le scénario de « Laissez bronzer les cadavres » est pour le moins basique, et même déjà trop vu. Un braquage, un butin et finalement presque tout le monde se tire dessus pour emporter le magot. Rien de bien neuf, même si l’issue de ce genre de film n’est jamais la même.

Mais ici, avec le pouvoir de la mise en scène de Cattet et Forzani, « Laissez bronzer les cadavres » devient un film hors concours qui fascine autant qu’il est capable de répugner par sa créativité. « Laissez bronzer les cadavres« , c’est de l’esthétisme en or massif, c’est des plans qui sont de véritables tableaux, des œuvres d’art à eux seuls. Ce sont des chemins aventureux qui sont autant d’hommages, que d’ »inédit ». Le film pullule de références et autres clins d’œil qu’on prend un malin plaisir à débusquer.

Pour nous raconter cet affrontement, les deux réalisateurs utilisent tout un tas de genres qui fait que premièrement, le film ne cesse encore et encore de se renouveler, mais en plus de ça, il nous tient en intérêt, captive et hypnotise par ce qui nous est proposé de suivre.

« Laissez bronzer les cadavres« , c’est aussi une ambiance unique, dont la photographie est purement incroyable. Une ambiance qui bascule peu à peu dans la folie furieuse. Tour à tour, le film nous surprend, nous met mal à l’aise, peut même aller jusqu’à génialement nous écœurer avec des effets gores étranges et sales.

Après, comme je le disais plus haut, « Laissez bronzer les cadavres » est un cinéma particulier et il sort tellement des sentiers battus qu’il faut un moment pour entrer dans le délire. C’est un film très intriguant au départ et l’on ne sait quoi penser tant tout est poussé, exagéré, et unique à la fois. Puis, si jamais on entre dedans (on adore ou on rejette, peu ou pas de juste milieu devrait trouver sa place ici), ce qui nous apparaît comme intriguant devient alors excitant et l’on se plaît à suivre cette folle nuit qui ira jusqu’à bout d’elle-même, n’hésitant sur rien. Tuerie, fantasme, souvenir, gore, le tout tenu par des comédiens incroyables. Mention plus que spéciale pour Elina Löwensohn qui est tout bonnement fascinante.

« Laissez bronzer les cadavres » est donc un film déroutant, doublé d’une expérience fascinante et géniale à la fois. Rétro et inédit, voguant avec aisance d’un genre à l’autre pour finalement ne ressembler qu’à lui-même, on ne peut que conseiller d’aller voir le dernier-né d’Hélène Cattet et Bruno Forzani, tout en ayant quand même une idée de là où l’on met les pieds car, je le redis, l’expérience est très particulière. Bref, un vrai plaisir qui nous sort tellement de nos habitudes que ça fait du bien.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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