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Thor Ragnarok – Hulk/Thor les Shérifs de l’Espace

De : Taika Waititi

Avec Chris Hemsworth, Cate Blanchett, Mark Ruffalo, Tom Hiddleston

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Super-Héros

Résumé :

Privé de son puissant marteau, Thor est retenu prisonnier sur une lointaine planète aux confins de l’univers. Pour sauver Asgard, il va devoir lutter contre le temps afin d’empêcher l’impitoyable Hela d’accomplir le Ragnarök – la destruction de son monde et la fin de la civilisation asgardienne. Mais pour y parvenir, il va d’abord devoir mener un combat titanesque de gladiateurs contre celui qui était autrefois son allié au sein des Avengers : l’incroyable Hulk…

Avis :

Ce que l’on appelle désormais le MCU se poursuit encore et toujours, et malgré des changements de phase semble ne point vouloir innover. Cependant, c’est un peu comme une drogue, on sait que c’est mal, mais on ne peut s’empêcher d’aller voir les films Marvel en salles parce qu’on les a suivi depuis le début ou bien tout simplement parce que ces super-héros font désormais partie d’une nouvelle mythologie. Et en parlant de Mythologie, il faut s’arrêter quelques secondes sur le personnage de Thor, figure emblématique des déités scandinaves et du catalogue Marvel. Dieu du tonnerre, le personnage fait ses débuts au cinéma en 2011 sous la houlette de Kenneth Branagh. On aurait pu croire à un sursaut auteurisant de la part de Stan Lee, mais il n’en fut rien, le réalisateur british se pliant aux quatre volontés des studios. Deux ans plus, revoilà Thor qui se retrouve confronté à Malekith, un Elfe Noir qui ressemble au Elric de Moorcock, mais qui n’en a pas le charisme. Alan Taylor devient alors le responsable du pire film de chez Marvel, tuant Thor pour quelques années. Survient alors, quatre ans plus tard, Thor Ragnarok, troisième volet du dieu Asgardien.

Et avec ce troisième volet, deux petites surprises. La première, on était en droit de s’en méfier, c’était la venue de Taika Waititi derrière la caméra. Acteur à ses heures perdues, l’homme est aussi le responsable d’une comédie hilarante sur les vampires, sorte de faux reportage intitulé Vampires en Toute Intimité (ou What we do in the Shadows en version originale). On pouvait donc attendre prétendre à un Thor délirant, s’émancipant des codes du genre « super-héros ». Sauf que bien des réalisateurs avec une patte s’y sont cassé les dents, et on pouvait craindre le pire pour ce jeune cinéaste talentueux. La seconde surprise venait justement du ton décalé des premières bandes-annonces. Très coloré, avec une musique synthé pop, Thor empruntait beaucoup aux Gardiens de la Galaxie et nous n’étions pas sûrs que cela serait adéquat pour ce super-héros. Et pourtant…

Alors autant le dire tout de suite, il est clair et net que Thor Ragnarok n’est pas un film exceptionnel. Au niveau des défauts, on peut compter sur la redondance de chez Marvel à proposer des films qui se ressemblent tous sur le fond. Ce troisième volet n’échappe pas à la règle. C’est très manichéen, très binaire, et sur le fond, rien ne sera remis en question, si ce n’est que nous pouvons tous trouver de la force en nous, et que nous n’avons pas besoin d’artifices ou de colifichets pour réussir. Cependant, ce message très gentillet ne sera que peu mis en avant, sur la fin, bien évidemment, et le film ressemblera à une belle coquille vide. C’est-à-dire qu’avec Thor Ragnarok, le message est bien mâché pour les plus petits et en l’état, on s’en fout un peu de ce qui se passe. On ne craint pas pour les personnages, puisqu’encore une fois, on sait qu’il y aura des suites et que donc Thor, Hulk et consorts s’en sortiront et on attend patiemment que le film suive des balises très codifiées qui ne changeront pas d’un pouce. D’autant plus que la réalisation de Taika Waititi est très discrète, rentrant facilement dans le moule de tous les Yes Men officiant pour l’écurie Marvel.

Fort heureusement, le cinéaste possède un humour et une imagerie bien à lui et il va faire de ce Thor un petit plaisir divertissant, fun et décomplexé. A la manière de James Gunn avec Les Gardiens de la Galaxie, Taika Waititi va peaufinant l’environnement et le monde dans lequel évolue son héros. On passe de quelque chose d’assez contemporain, à un univers plus médiéval fantastique avec Asgard, puis à de la pure science-fiction avec une planète à la technologie avancée. Ces changements de monde impliquent donc de l’adaptation pour le héros et donc un humour qui fait presque à chaque fois mouche. Des gags de situation aux surnoms débiles pour désigner des trous cosmiques (l’anus du diable), Thor Ragnarok est un festival qui manie de manière aléatoire les références geek, les blagues pipi/caca et les moments qui font référence aux autres films de MCU. Cet humour va permettre aussi d’attendrir certaines relations, et notamment celle entre Hulk et Thor, devenant finalement de vrais amis. On pourra juste reprocher au film de laisser Loki en roue libre, n’essayant que faiblement de jouer sur son ambiguïté d’alignement (est-il bon ou mauvais ?).

Enfin, Thor Ragnarok réussit tout de même un pari assez difficile, fournir un divertissement honnête, référentiel et coloré sans jamais tomber dans une surenchère surannée et idiote. Il se passe toujours quelque chose dans ce film et on ne s’ennuie pas une seule seconde malgré sa longueur (le film dépassant aisément les 2h). Il y a beaucoup d’actions, les phases de bataille sont rondement menées et les acteurs semblent se régaler. Mention spéciale d’ailleurs aux différents caméos que l’on peut retrouver comme celui de Matt Damon qui est hilarant ou encore d’un Sam Neill qui se prend pour Anthony Hopkins. Le seul gros reproche que l’on peut faire sur ce film, c’est l’absence d’émotions. Très clairement, le réalisateur ne fait pas de sentiment et ne trouve pas le ton juste pour aborder certaines séquences comme la disparition d’Odin devant ses fils. Le moment aurait pu être symbolique et beau, il est juste banal et occulté par l’arrivée de la méchante. Une méchante d’ailleurs charismatique et on peut dire que le noir sied à merveille à Cate Blanchett qui a rarement été aussi belle. Contrairement à la jolie Tessa Thompson qui joue une valkyrie et dont le personnage reste assez plat.

Au final, Thor Ragnarok est résolument l’un des meilleurs Marvel qui soit sorti mais il ne le doit pas à son histoire, mais plutôt à son ton décalé et à sa volonté d’offrir un spectacle fun, drôle et décomplexé. Nous sommes tout bonnement face à un divertissement de masse qui oublie tout de même en cours de route son fond et son sens premier. Et c’est dommage car il y a vraiment matière à faire quelque chose d’encore mieux avec ce personnage et encore une fois les studios suivent des schémas que l’on commence à tous connaître par cœur, enlevant la surprise et l’émotion à tout cela. Bref, un film réussi dans un sens mais qui noie le poisson derrière ses couleurs flashy pour finalement ressembler à tous les autres produits Marvel.

Note : 14/20

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Par AqME

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