Brooklyn

De : John Crowley

Avec Saoirse Ronan, Domhnall Gleeson, Emory Cohen, Jim Broadbent

Année: 2016

Pays: Irlande, Angeleterre, Canada

Genre: Romance, Drame

Résumé :

Dans les années 50, attirée par la promesse d’un avenir meilleur, la jeune Eilis Lacey quitte son Irlande natale et sa famille pour tenter sa chance de l’autre côté de l’Atlantique. À New York, sa rencontre avec un jeune homme lui fait vite oublier le mal du pays… Mais lorsque son passé vient troubler son nouveau bonheur, Eilis se retrouve écartelée entre deux pays… et entre deux hommes.

Avis :

Réalisateur irlandais, John Crowley fait partie de ces petits réalisateurs pas si connus que ça dont on éprouve une certaine admiration. La raison se résume en un titre de film, « Boy A« . Sorti en 2009, le film que j’avais été voir par hasard, fut la claque cinéma de ma vie. Immense moment d’émotion, réflexion parfaite et complexe sur la seconde chance, ce « Boy A » qui a lancé un certain Andrew Garfield, est celui que je place au-dessus de mes films de chevets et depuis, chaque film signé John Crowley est une grande attente.

John Crowley vole d’un projet et d’un style à l’autre avec beaucoup de finesse et de subtilité et après le petit, mais non moins excellent, « Closed Circuit« , voici que John Crowley convole dans le « Brooklyn » des années 50, pour un film d’une parfaite élégance. Un film romantique, tendre et paisible, qui s’éloigne et s’amuse des intrigues qu’on nous offre habituellement. Arborant l’espoir d’une nouvelle vie, tout comme la difficulté et le courage de certains choix de l’exil irlando-américain, « Brooklyn » propose le parcours d’une jeune femme magnifiquement tenue par la trop rare Saoirse Ronan. On en ressort touché, ému et surtout avec la sensation d’avoir vu un très beau film qui, on l’assure, est bien l’un des meilleurs de son réalisateur ! Bref, un film à découvrir sans hésitation.

Dans les années 50, la jeune Eilis Lacey quitte son Irlande natale pour se lancer dans l’aventure américaine et les rêves qu’elles véhiculent. Laissant derrière la famille, elle part tenter sa chance à New-York et plus précisément dans le quartier de Brooklyn. Alors qu’elle est dévorée par le mal du pays, elle fait la connaissance d’un jeune gentleman. Amoureuse et filant le parfait amour, son passé et son pays viendront troubler son bonheur, et d’un coup la jeune femme se verra tiraillée entre deux avenirs, deux pays et deux hommes…

« Brooklyn« , c’est le genre de film dont la simplicité l’élève vers de jolis sommets de cinéma. Si l’on y regarde de plus près, « Brooklyn » n’a rien d’un film qui s’annonce exceptionnel et pourtant, tout comme « Boy A » a pu l’être, John Crowley va bien nous offrir un moment de cinéma incroyable. Un moment de cinéma calme et romantique dans lequel on se laisse emporter avec bonheur et émotion.

Tenu par un scénario superbe qui se divise en deux parties, toutes deux belles et nécessaires, finissant même par se compléter, John Crowley nous entraîne au départ sur le chemin des exilés. Avec « Brooklyn« , le réalisateur s’arrête un instant sur ces hommes et femmes qui rêvent d’une autre vie. Les quarante premières minutes sont de sublimes réflexions sur l’espoir d’être, les rêves, la difficulté de partir loin des siens, l’adaptation, ou encore la réalité qui fait face au fantasme de cette nouvelle vie. John Crowley sait parfaitement nous raconter ces moments de solitude, de détresses, de regrets, mais aussi de bravoure et d’adaptation. Puis vient la seconde partie, où John Crowley, sur les mots de Nick Hornby, nous offre l’une des plus belles et touchantes histoires d’amour que l’on ait pu voir sur nos écrans l’année dernière. Une histoire d’amour parfaitement romantique qui sait s’assumer comme tel, sans en faire trop et tomber dans la mièvrerie. Une histoire qui sait jouer avec les émotions, et joue beaucoup avec ce que l’on a habitude de voir au cinéma. Quand on découvre « Brooklyn« , on a tendance à craindre et rester en suspens, attentant une éventuelle trahison. On a tendance à s’agacer aussi devant ce que l’on a cru, une facilité d’un triangle amoureux, mais finalement, tous les chemins auxquels on pense presque par instinct, John Crowley les évite et ne cesse de nous surprendre, pour finalement rendre cette histoire, ce parcours et son film aussi simples qu’exceptionnels.

« Brooklyn« , c’est aussi une réalisation minutieuse, car en plus de la finesse et la tendresse de chaque scène, John Crowley a parfaitement su mettre en images et en lumière ce parcours. Il y a quelque chose de rétro qui se dégage de ce film, quelque chose qui rappelle les films des années 50 justement. John Crowley a une façon de filmer les visages, les émotions ou encore les convenances assez passionnantes. Tout le film respire le travail, respire le détail. Puis c’est beau, les plans larges sont incroyables et sont loin d’être gratuits. Ici, chaque choix de mise en scène raconte quelque chose et sert l’intrigue ou ses personnages.

Enfin, on ne peut pas parler de « Brooklyn » sans faire un arrêt sur ses acteurs. Si les grands Julie Walters, Jane Brennan ou Jim Broadbent sont parfaits, ce sont bien les jeunes qui nous prennent dans ce tourbillon d’émotions, et notamment le couple Saoirse Ronan (qui méritait amplement sa nomination pour les Oscars) et Emory Cohen (qui après « Detour« , trouve un personnage au diapason et il est fascinant encore une fois) qui sont bouleversants de sincérité, et surtout d’amour. Rarement, ces dernières années, on aura vu des personnages aussi amoureux l’un de l’autre, et le tout sans qu’il y a des lourdeurs derrière.

« Brooklyn » est donc un film magnifique, et bien plus beau, juste et tendre qu’on ne l’attendait. Moment de calme, paisible, et d’amour, nul besoin d’essayer pour être tenu en émotion devant ce film. Ici, tout se fait normalement et l’on se trouve être transporté par leur histoire, par ce destin, ses prises de risques, ses drames, comme ses joies et plus globalement par le film lui-même. Bref, des films comme « Brooklyn« , on adorerait en voir bien plus et John Crowley est vraiment un grand réalisateur, trop méconnu, ce qui n’est pas plus mal en fin de compte…

Note : 18/20

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Par Cinéted

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