36 Crazyfists – Lanterns

Avis :

Quel est le rapport entre Jackie Chan et le métal ? A priori aucun et cette musique ne dois pas forcément être la tasse de thé de l’excellent acteur. Pourtant, un groupe a décidé de lui rendre hommage en se nommant à partir d’un film dans lequel il a joué, Jackie Chan and the 36 Crazy Fists. Bon, la relation s’arrête là, puisque 36 Crazyfists est un groupe de métalcore qui naquit en Alaska, un état qui n’est pas forcément réputé pour la création de ses groupes de musique. Mais qu’importe, cet art est universel et traverse toutes les frontières. Le groupe se forme en 1994 autour du chanteur Brock Lindow et malgré quelques changements, le line-up de la formation reste solide. Elle se fera connaître à partir des années 2000, notamment grâce à un contrat avec Roadrunner Records, le grand spécialiste métal de cette période. Enchainant tous les deux ans à partir de 2002 et jusqu’en 2010, 36 Crazyfists décide alors de faire une pause et prend cinq ans pour fournir une nouvelle galette avec une autre maison de disques. Mais visiblement, cette trêve fut bénéfique pour le groupe, puisqu’à peine deux ans se sont écoulés et un septième album voit le jour avec Lanterns et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe est en colère.

Le skeud débute avec Death Eater et il sera à l’image du reste de l’album, c’est-à-dire puissant, violent, tout en restant tout de même assez accessible grâce à une belle alternance entre chant crié et chant clair. Le morceau est assez long, dépassant les quatre minutes, mais il est très rentre-dedans et donne immédiatement envie de bouger la tête dans tous les sens. Le groupe ne se laissera pas abattre avec la suite du programme, et notamment Wars to Walk Away From, même si le rythme reste plus lent et les riffs moins lourds. Le titre en devient d’autant plus accessible pour les profanes et le refrain est plus facilement identifiable. Brock Lindow peut faire étalage de sa voix assez spéciale, qui part facilement dans des trémolos qui appuie une technique irréprochable. Le chanteur est capable de pousser des growls ultra puissants, puis de se mettre à chanter de façon claire avec une belle justesse. Si on devait comparer sa voix, on pourrait dire qu’elle ressemble au chanteur de Mudvayne. Avec Better to Burn, le groupe fournit un autre morceau puissant, mais qui demeure plus « mainstream ». C’est-à-dire que malgré sa violence, le refrain est très catchy et la structure est moins complexe, ainsi que le refrain ou le pré-chorus. Mais le groupe ne se repose pas sur ses lauriers et va fournir des pistes plus virulentes, à l’instar de Damaged Under Sun, Sleepsick ou encore Old Gold et ses hurlements si viscéraux.

En fait, le plus gros défaut de Lanterns, c’est qu’il rentre dans des cases bien précises et demeurent un poil trop ancré dans les carcans du genre, sans jamais le renouveler. On retrouvera des titres violents donc, mais aussi des morceaux plus calmes, proche de la ballade ou encore un titre en acoustique. Ce cahier des charges est bien rempli, ce qui fait que 36 Crazyfists livre un bon album, mais il lui manque des morceaux vraiment accrocheurs pour rendre l’ensemble inoubliable. Pourtant certains titres marquent plus que d’autres, comme Sea and Smoke, qui fait étalage de la voix grave et posée de Brock Lindow, démontrant son talent, mais aussi sa polyvalence, ou encore comme Dark Corners qui clôture de façon sereine un album puissant et explosif. Le groupe choisit de finir sur une note mélancolique et prouve qu’il possède aussi du cœur. Chose que l’on peut aussi entendre sur Where Revenge Ends, un titre acoustique très solide. Il manque aussi une dernière petite chose au groupe, c’est de montrer tout le talent du guitariste, qui se contente souvent du minimum et ne livre pas assez de solos, puisque le seul dont on profitera, dans Bandage for Promise, ne dure pas assez longtemps, mais montre des capacités souvent inutilisées.

Au Final, Lanterns, le dernier album de 36 Crazyfists, est une agréable surprise, même si le groupe ne sort pas forcément de sa zone de confort. Publiant un métalcore classique et efficace, la formation ne se renouvèle pas mais prouve qu’il reste un solide client sur une scène exigeante et qui tourne un peu en rond. Et si Lanterns ne marquera pas les esprits sur la longueur, il n’en reste pas moins un véritable plaisir d’écoute pour un groupe qui n’est pas suffisamment mis en avant.

  1. Death Eater
  2. Wars to Walk Away From
  3. Better to Burn
  4. Damaged Under Sun
  5. Sea and Smoke
  6. Where Revenge Ends
  7. Sleepsick
  8. Bandage for Promise
  9. Laying Hands
  10. Below the Graves
  11. Old Gold
  12. Dark Corners

Note : 14/20

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Par AqME

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