Didier

De : Alain Chabat

Avec Alain Chabat, Jean-Pierre Bacri, Caroline Cellier, Chantal Lauby

Année : 1997

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Ce n’est vraiment pas le moment pour Jean-Pierre, agent sportif, de garder le labrador d’une amie pendant une semaine alors qu’il est empêtré dans de sombres affaires. Et pourtant, cette corvée va l’entraîner dans la plus hallucinante des aventures, où son pire cauchemar risque bien d’être la chance de sa vie.

Avis :

Alain Chabat, c’est tout un humour et tout un esprit culte. S’il commence à la radio, c’est avec Canal+ et sa bande culte des NULS qu’il éclate. Avec ses potes Lauby, Carette et Farrugia, pendant dix ans, ils vont faire le cauchemar de nos zygomatiques. Entre sketch et le cultissime « La cité de la peur » qu’il coréalise avec Alain Berbérian, on adore cette période de la carrière du comédien dans laquelle on replonge bien souvent avec nostalgie.

Si Alain Chabat à la fin des années 90 commence à tourner (Balasko, Farrugia, Molinaro, Corniau), il passe aussi à la réalisation en solo et ce premier coup d’essai s’appelle « Didier« , une comédie parfaitement « Chabanesque », qui est aussi régressive qu’elle est conne.

« Didier« , c’est un film qui m’éclatait quand j’étais gamin. Mais « Didier« , c’est aussi un film que je n’avais pas revu depuis bien des années. Je me suis donc relancé dans ce premier film signé Alain Chabat avec la crainte que le tout ait mal tourné et j’en ressors partagé, car si mes yeux d’adulte voient que le film est loin d’être intelligent, et que son scénario est une énigme, le résultat est encore là, et « Didier » demeure toujours une comédie hilarante. Peut-être encore plus aujourd’hui, car il fallait oser ce film et Chabat l’assume totalement.

Jean-Pierre est un agent sportif qui est au bord du précipice, car les deux derniers joueurs qu’il a vendus à un club n’ont pas portés les fruits espérés. D’ailleurs, excédé, le directeur mafieux du club de foot à qui Jean-Pierre a vendu les joueurs lui laisse quatre jours pour lui trouver une perle, sinon les genoux de Jean-Pierre vont morfler. C’est à ce moment-là que la vie, le destin ou les astres ont décidé de lui jouer un tour pour le moins spécial, puisque le labrador, appellé Didier, qu’il devait garder, se transforme en homme et petit bonus, le cabot est fort à la baballe…

Connerie monumentale et jouissive à la fois, « Didier » est le genre de film où il faut laisser la partie de soi la plus sérieuse à la porte et se laisser porter par le délire que Chabat et ses potes ont imaginé. Ce qui est génial avec « Didier« , c’est qu’Alain Chabat n’a pas peur du ridicule et ose aller jusqu’au bout de son concept délirant.

On oubliera donc le scénario qui n’est qu’absurde et burlesque, pour se laisser emporter dans les péripéties qui arrivent et s’enchaînent avec délice pour ce pauvre Jean-Pierre Bacri, au bord de la dépression.

Drôle et corrosif, « Didier« , c’est des situations aussi gênantes que cocasses. Des situations qui sont bien souvent gratuites, mais amenées avec comédie et générosité, ce qui fait qu’on se laisse attendrir et l’on se marre pour de vrai. On ajoutera à cela la réalisation très datée et l’ambiance spéciale années 90 qui apporte son petit cachet.

De plus, le film est truffé de répliques parfaites quasi-impossibles à oublier et qui fonctionnent à chaque fois. (« – On ne sent pas le cul des gens ! » Magique !). Ou la scène avec Josiane Balasko, une pépite.

Mais bon, si tout ceci est un plus, on ne va pas aussi se mentir, « Didier » est un film qui fonctionne et qui tient presque que sur la composition folle d’Alain Chabat en cabot devenu homme, devenu joueur de foot malgré lui (Mais qu’est-ce que c’est que ce scénario ?). Ici, Alain Chabat livre une étrange composition crédible et géniale à la fois. Complément transformé, ses gestes, sa démarche, et son naturel, le comédien est incroyable et c’est un véritable plaisir de le voir dans ce rôle. Un rôle dont aujourd’hui encore, on ne voit personne d’autre le tenir.

« Didier« , c’est aussi une bonne complicité avec Jean-Pierre Bacri, excellent dans le rôle du pauvre type qui subit sa vie finalement. Puis on appréciera les petits caméos ou seconds rôles ou encore les clins d’œil aux copains. Les commentaires de Dieudonné n’arrivant pas à dire Hazanavicius valent leur petit pesant de croquettes.

Sans vraiment de logique, si ce n’est celle de faire rire, avec un film à l’histoire improbable, « Didier« , première réalisation d’Alain Chabat, est bel et bien une comédie délirante qui nous éclate pour de vrai. C’est un film con, qui ne se prend pas au sérieux et malgré le vide de son scénario, vingt ans après les faits, « Didier » fonctionne toujours aussi bien et mérite bien son statut de film culte, comme celui de gros plaisir coupable.

Note : 13/20

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Par Cinéted

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