octobre 27, 2020

Horror Hospital

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De : Antony Balch

Avec Michael Gough, Robin Askwith, Vanessa Shaw, Ellen Pollock, Dennis Price, Skip Martin, Kurt Christian, Barbara Wendy, …

Année : 1973

Pays : Royaume-Uni

Genre : Horreur

Scénario : Antony Balch, Alan Watson et Robert Gordon (non-crédité)

Producteur : Robert Gordon

Résumé :

Jason Jones un jeune musicien veut partir loin de son milieu de glam-pop-rock suite à quelques divergences. Il se rend alors dans une agence des plus misérables et douteuse qui lui propose un séjour dans une clinique de remise en forme dirigé par le Dr. Storm.

Avis :

Après un premier essai satisfaisant car assez rentable à la vue du peu de moyens, « Secret of sex » (aka « Bizarre », 1969) un film à sketches autour du sexe flirtant avec l’horreur, le réalisateur Antony Balch et le producteur Robert Gordon se retrouvent pour ce « Horror Hospital » ou « La griffe de Frankenstein » (titre d’exploitation français absurde et profiteur puisque l’on ne voit jamais le baron Frankenstein ni sa créature, encore que l’on peut considérer une certaine chose comme tel d’où probablement la filiation profiteuse avec ce nom… ?), aidé cette fois par un ami de Balch, Alan Watson, pour l’écriture du scénario dont l’idée de départ était ce titre « Horror Hospital » proposé par Balch lors d’une session au festival de cannes en 1972.

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Influencé très fortement par son époque et les productions de fantastique et d’horreur des grandes firmes Britanniques qui commencent en ce début de décennie à battre de l’aile (comme la fameuse Hammer pour ne citer que la plus connue), on va y retrouver le côté atmosphérique, macabre, horrifique. Mais il s’en trouve aussi beaucoup accès vers un second degré cocasse, incohérent, le film étant très propice à l’humour et à des scènes étranges, déroutantes, tout en étant amusantes (ex: le personnage principal qui, lorsqu’il va s’échapper, se fait un petit détour par la cuisine prenant le temps de casser la croûte, ou encore le directeur de l’agence interprété par Dennis Price cabotinant et s’amusant n’a qu’une envie, goûter au jeune homme…)

Le scénario se veut plutôt jouissif, généreux mais est en fait assez décousu tendant à l’absurde et au n’importe quoi parfois, et les acteurs ne sont pas spécialement convaincants eux non plus, comme Robin Askwith mauvais et même difficilement supportable de temps à autre (et en même temps sa ringardise colle parfaitement au personnage) au point qu’on souhaiterait simplement le voir souffrir aux mains d’un Michael Gough (présent dans le premier opus produit par la Hammer de Dracula, en 1958 « Le cauchemar de Dracula » de Terence Fisher, révélé définitivement en l’écrivain de « Crimes au musée des horreurs » d’Arthur Crabtree, 1959 et auquel Tim Burton confia le rôle d’Alfred Pennyworth dans ses deux versions de Batman, 1989 et 1992 qu’il tiendra encore dans les deux suivants de Joel Schumacher) jouant dans ce film un savoureux savant fou aux idées tordues visant à étancher ses vices personnels. Cependant Michael Gough bien que très bien dans son rôle ne pourra jamais vraiment affirmer son rôle, lui donner toute l’ampleur car la narration traîne sur le personnage d’Askwith et ceux qu’il va rencontrer (dommage) même si le nain Frederick (Skip Martin, qui joua aux côté de Vincent Price dans « Le masque de la mort rouge », Roger Corman, 1964) est un attrait comique de choix. Qui plus est une fois les protagonistes et la trame installée le film par moment fait preuve de quelques longueurs, frustrant aussi en un sens car on aimerait en voir plus quant aux sévices proférés par le maître des lieux transformant chacune de ses victimes en pantin qu’il maîtrise à sa propre volonté, surtout les femmes utiles à sa consommation personnelle (son but déviant, finalement plus important que la conquête du monde trop classique).

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Ceci dit il y a suffisamment d’idées et de scènes intéressantes ou amusantes, que l’on aimerait (souvent) voir pousser plus loin (faute de budget avant tout, parce que les intentions sont bien-là), permettant de maintenir notre intérêt, dans une histoire plutôt sérieuse contrebalancée par des scènes et dialogues ponctués par un humour et une loufoquerie assez inattendus, étranges même, poussant le métrage dans la farce macabre qui en fait sa particularité. Comme l’improbable Rolls Royce ‘mortelle’ équipée comme pourrait l’être celle d’un Blofeld des 007 ou la Batmobile, par un système de lame rétractable décapitant ceux tentant de s’échapper, la tête tombant dans un panier/filet, ou des sbires tout de noir vêtus en cuir et portant un casque blanc, des personnes zombifiées tentant de faire l’amour (derniers souvenir d’une humanité passée) pour une scène rigolote… C’est donc un film très haché mais auquel ses créateurs auront su insuffler une vraie ambiance entre glauque et excentricité attachante, mêlant le délirant, le non-sens à l’horrifique et l’essentiel est là on y trouve du plaisir à sa vision.

Cette sympathique série B, sortie en dvd chez Artus film, loin d’être une perle du genre est donc surtout destiné à ceux qui souhaitent découvrir une œuvre supplémentaire et approfondir leur connaissance des série B horrifique anglaises, eux y trouveront très certainement leur compte.

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Sur le dvd vous pourrez trouver une intervention d’Alain Petit qui revient durant 33mn sur l’ensemble des participants et leurs carrière (acteurs, réalisateurs, producteurs, scénariste) plus que sur le film lui-même, trois bandes-annonces (les 3 sorties de la collection « British Horror ») et un diaporama.

Note : 13/20

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Par Serval

HHA

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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