octobre 27, 2020

Riding Alone for Thousands of Miles

Titre Original : Qian Li Zou Dan Qi

De : Zhang Yimou

Avec Ken Takakura, Kiichi Nakai, Shinobu Terajima, Jiang Wen

Année : 2007

Pays : Japn, Chine, Hong-Kong

Genre : Drame

Résumé :

Alors que son fils Kenichi est mourant et qu’il refuse de le voir, Takata, son père, va parcourir des milliers de kilomètres et tout mettre en œuvre pour exaucer le rêve de ce dernier…

Avis :

Les années 2000 pour Zhang Yimou, c’est avant tout la « trilogie du sabre » avec les films « Heros« , « Le secret des poignards volants » et « La cité interdite« . Une trilogie commencée en 2000 et qui se conclu en 2007. Mais entre ces trois films, et plus précisément les deux derniers, Zhang Yimou s’est offert une petite pause, avec un drame bien méconnu, « Riding Alone, pour un fils« .

Sorti en 2006 et passé sous silence, « Riding Alone, pour un fils » est pourtant un joli et triste moment de cinéma. C’est entre les rires et les larmes, la réalité et la poésie que Zhang Yimou prend le temps de nous raconter une histoire aussi belle qu’elle est terrible. Une histoire humaine, tristement simple et injuste. Une histoire qui nous emmènera du Japon et Tokyo, à la Chine loin des cartes postales habituelles. Bref, un bon moment plein de vérité et d’émotion, même s’il est aussi un peu longuet.

Takata Kôichi est en froid avec son fils depuis des années. Un jour, la femme de ce dernier l’appelle, Kenichi, son fils, est malade, il va mourir et elle aimerait bien que les deux hommes reprennent le contact. Kenichi refusera de voir son père. Regardant une VHS, Takata découvre alors la passion de son fils pour l’opéra chinois, et un chanteur de village en particulier. Il décide alors de partir pour la Chine afin de retrouver et de filmer ce chanteur. Commence alors pour le vieil homme un long périple.

C’est donc entre deux films à gros budget que le talentueux Zhang Yimou nous revient avec un film plus intime, plus discret et tout en émotion.

« Riding Alone … » est un drame simple, triste, humain, pudique et tout simplement beau, car il sonne vrai. Avec ce film, Zhang Yimou nous entraîne dans une réconciliation et une reconstruction, à travers le parcours d’un vieux pécheur, parti s’amender auprès de son fils et peut-être même auprès de lui-même.

Ce qui est prenant et touchant avec ce film, c’est l’annonce de la maladie incurable de ce fils et le peu de temps qu’il lui reste. Avec ce fait, le voyage du vieil homme sonne comme un compte à rebours pour une dernière rencontre avec ce fils adoré, que la vie emporte loin de lui, sans vraiment qu’il sache pourquoi. Parti en Chine à la recherche d’un improbable chanteur d’opéra, le parcours du personnage va peu à peu se faire de plus en plus touchant. Zhang Yimou joue beaucoup avec les symboliques tout au long de la quête de son personnage qui, en cherchant à retrouver l’amour de son fils, va finalement se retrouver lui-même.

Le scénario est difficile, car les pièges y sont nombreux et Zhang Yimou avait matière à faire dans la facilité et le larmoyant, mais le réalisateur chinois est plus intelligent que ça, et prend le temps de bien exposer les tenants et les aboutissants de ce parcours initiatique.

Un parcours initiatique tenu par un acteur d’une très belle vérité. Ken Takakura est une très belle révélation. Profond, sincère, touchant quand il ne bouleverse pas, bref, l’amour tient le film sur ses épaules, et même si la réalisation de Zhang Yimou y est pour beaucoup, le film détient aussi de véritables envolées lyriques et émotives grâce à cet acteur.

En parlant d’envolées, « Riding Alone … » est aussi un film typiquement comme on les aime chez Zhang Yimou. Encore une fois, l’esthétique est irréprochable et le réalisateur s’attarde sur de très beaux plans larges sur les paysages de Chine ou encore l’ambiance des villes. Comme toujours, on est dépaysé et ébloui par la beauté du film. Zhang Yimou a un œil et sait tenir une caméra et « Riding Alone … » en est encore une belle preuve. On en prend plein les yeux et le voyage en est d’autant plus beau et touchant.

Il n’y aura alors qu’une seule tache dans le décor, ce sont les longueurs, car même si le film est beau et émouvant, Zhang Yimou s’attarde et fait quand même pas mal traîner son film, auquel on peut peut-être facilement enlever une bonne vingtaine de minutes. C’est dommage, car dans le fond, on apprécie beaucoup le film et ce qu’il nous raconte.

« Riding Alone, pour un fils » est donc un beau et bon film qui, même s’il est trop long, au final se laisse bien apprécier, notamment grâce à la simplicité de son histoire, et par la vérité de son acteur et de ses rencontres. Bref, malgré ses défauts, on peut dire que « Riding Alone, pour un fils » est encore une jolie réussite que nous offre-là Zhang Yimou.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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