décembre 5, 2020

Little Evil

De : Eli Craig

Avec Adam Scott, Evangeline Lilly, Donald Faison, Clancy Brown

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Horreur

Résumé :

Gary vient d’épouser la femme de ses rêves, Samantha. Il découvre que le fils de cette dernière, âgé de 6 ans, pourrait être l’Antichrist.

Avis :

La comédie horrifique est un genre très difficile à exploiter. Non seulement parce que maintenant le terrain est perclus de films plus ou moins réussis et il faut se démarquer de la masse, mais aussi parce qu’il faut trouver le juste équilibre entre humour et horreur afin de ne pas créer un déséquilibre fatal. Et parmi les meilleurs du genre, on retrouve bien évidemment Braindead de Peter Jackson et sa générosité rougeâtre, Shaun of the Dead d’Edgar Wright et son décalage savoureux ou encore Tucker & Dale Fightent le Mal d’Eli Craig et ses rednecks naïfs. Ce dernier nom peut paraître inconnu du grand public et ce n’est pas faute d’enchainer les projets comme la série avortée de Bienvenue à Zombieland. Après cet échec, on retrouve le réalisateur sur Netflix avec une autre comédie horrifique, Little Evil, qui lorgne du côté de La Malédiction et qui va essayer de bouffer à tous les râteliers. Il en résulte une comédie sympathique, mais qui ne trouve pas le juste équilibre pour donner un film marquant, ou tout simplement qui vaut le coup d’œil.

Pour la petite histoire, le film raconte l’histoire de Gary, qui vient d’épouser une femme sublime mais dont le fils semble quelque peu dérangé. Alors qu’il essaye de construire une relation amicale avec l’enfant, Gary va vite se rendre compte que le gosse pourrait être l’antéchrist. Très clairement, on voit que la première référence est La Malédiction de Richard Donner. De toute façon, entre le pitch et le poster du film, rien n’est vraiment laissé au hasard. Et c’est un peu dommage car cela annihile une certaine tension, car on aurait pu avoir un film qui laisse planer le doute. Mais un flashforward dès le début du métrage va bien montrer que l’enfant n’est pas normal et qu’il cache un lourd secret. Du coup, sans cette tension, le film va rapidement se perdre un peu et se chercher, essayant constamment d’alterner entre des moments plutôt flippants et des moments qui se veulent plus drôles, notamment avec une galerie de personnages hauts en couleurs.

Et c’est peut-être là que le film perd des points. Les personnages sont tous relativement binaire et ne sont pas utilisés à bon escient. Adam Scott, qui prête ses traits au beau-père, est assez bon acteur, mais il reste un type qui a du mal à créer une relation avec son beau-fils, et pour cause. Il reste attachant mais parfois un peu trop stupide. Ce sera la même chose avec Evangeline Lilly, qui demeure sublime, mais qui a du mal à exister et qui s’avère être une cruche plus qu’autre chose, ne voyant jamais son fils comme l’antéchrist malgré tous les éléments qui le prouvent. Pour le reste, on aura bien du mal à y croire une seule seconde. Le meilleur ami de Gary est une femme qui veut ressembler à un homme et qui répond au doux de Al. Elle parle comme un bonhomme et roule en monster. On peut aussi parler des autres beaux-pères qui ne sont que des protagonistes tertiaires n’apportant rien au métrage, si ce n’est une pointe d’humour relativement lourde. Enfin, on peut citer Clancy Brown qui se recycle en curé démoniaque pour la deuxième fois (la première c’était dans le film Les Portes de l’Enfer) et qui surjoue à mort. Reste l’enfant, plutôt intéressant, car même lorsqu’il sourit, il reste inquiétant. Bref, on aura bien du mal à sentir de l’empathie à l’égard de toute cette palette pas vraiment cohérente.

Ensuite, le film a un gros problème d’équilibre. Les moments les plus intéressants sont clairement les passages à tendance horrifique. Certaines scènes se déroulant dans la chambre du petit garçon ou dans les couloirs de la maison sont très efficaces et on pourra même citer quelques références comme Poltergeist lorsque l’enfant touche la télé ou encore Shining avec deux jumelles assez inquiétantes. Le problème, c’est que tout cela est contrebalancé par des vannes ou des gags graphiques qui tombent complètement à l’eau. Comme exemple on peut prendre lorsque le beau-père court dans la rue avec les menottes aux poignets et qui rejoint un marathon. Cela n’a aucun sens et dédramatise toute la tension accumulée, en plus de ne pas être drôle. Et que dire du final et de sa morale universelle qui ferait passer le métrage pour un film familial. Le réalisateur décide donc de faire dans le grandiloquent, avec des effets spéciaux un peu kitsch, et arpente le chemin dangereux du libre-arbitre et du fait que l’on choisisse qui l’on veut être. C’est mignon tout plein, c’est très condescendant et encore une fois, cela adoucit le métrage qui aurait pu être bien plus saignant ou satirique.

Au final, Little Evil, la dernière comédie horrifique d’Eli Craig (Tucker et Dale Fightent le Mal) est assez symptomatique de notre société actuelle, c’est-à-dire lisse et uniforme. Ne prenant personne par surprise suite à un début maladroit et à une absence totale de doute sur la nature même de l’enfant, le cinéaste se plante sur l’équilibre entre humour et moment angoissant. C’est dommage car son précédent film était une vraie réussite dans le genre et pour celui-ci, c’est un peu la douche froide, même si dans les faits, Little Evil n’est pas si mal que cela et se laisse regarder sans déplaisir. Bref, un film lambda qui ne marquera pas, malgré la présence de la divine Evangeline Lilly.

Note : 09/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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