Marilyn Manson – Heaven Upside Down

Avis :

Rares sont les artistes à avoir fondé tout un groupe autour de sa propre personne, en utilisant jusqu’à son pseudonyme comme nom de scène pour la formation. Marilyn Manson fait partie de ces chanteurs qui ont rapidement trouvé un créneau pour percer dans le milieu du métal, à savoir de l’industriel avec une imagerie provocante et des paroles assez crues. Naviguant toujours en eaux troubles avec ces prestations scéniques et ses idéaux si on essaye de lire entre les lignes de ses paroles, Marilyn Manson est un personnage à part entière et il fait partie des tauliers de la scène métal internationale, n’en déplaisent aux puritains et à ceux qui ne jurent que par le growl et les riffs balourds sans nuance. Il y a deux ans de cela, le chanteur prenait tout le monde à revers avec The Pale Emperor, un album relativement calme qui hypnotisait son audimat à grands renforts de blues rock et de morceaux aux mélodies lancinantes et insidieuses. Avec l’aide d’un certain Johnny Depp, Marilyn Manson livrait certainement l’un de ses meilleurs skeuds, toute époque confondue. Avec Heaven Upside Down, le pari était donc de taille, succéder à une excellente galette et tenter de l’égaler. Est-ce le cas ?

L’album débute avec Revelation #12, un pur titre de métal industriel qui démontre une certaine volonté de revenir vers quelque chose de plus basique et de jeter un regard en arrière, vers des moments plus bruts, mais aussi moins inspirés. Ce premier titre ne tient effectivement pas sur la durée et il lasse rapidement, la faute à une absence de variété et de passages plus techniques au niveau des guitares. C’est toujours la même chose et c’est un poil fainéant. Tattooed in Reverse sera un titre un peu plus intéressant, notamment parce qu’il est plus varié, mais aussi parce qu’il renoue avec les thématiques musicales de l’album précédent. Le chanteur braille moins, les sons sont plus purs et on se retrouve face à un titre qui donne envie de continuer l’écoute, même si cela reste encore une fois inférieur à ce qui a été fait précédemment. Puis arrive We Know Where You Fucking Live, dont les paroles trouvent une certaine résonnance avec notre monde actuel, puisque le chanteur raconte que maintenant, tout le monde sait où habite tout le monde grâce (ou plutôt à cause) des nouvelles technologies et de la géolocalisation. Un titre porteur au niveau des paroles, ayant du sens, mais on sent que musicalement, il manque un petit quelque chose. Et c’est encore une fois de la variation au sein même du morceau. C’est propre, ça se laisse écouter, mais ça ne marque pas et surtout, les riffs sont tout le temps les mêmes. Et c’est un peu ce qui va marquer dans cet album, cette facilité qu’utilise l’artiste pour flatter le fan de la première heure, même si on ne retrouve pas forcément l’ambiance bien dark des premiers skeuds.

Fort heureusement, l’album se reprend dans sa deuxième moitié, notamment à partir de Kill4Me et du très long Saturnalia, deux titres qui sont en équilibre entre l’ancien Manson et le nouveau, plus vieux, plus sage et donc plus technique. Les deux morceaux précités sont assez intéressants, notamment parce qu’ils sont plus accrocheurs, mais aussi parce qu’ils sont moins « violents » que les titres précédents, opérant un changement dans la playlist et offrant quelque chose de plus complexe, comme par exemple Jesus Crisis et sa ligne de basse très explicite ainsi que son ambiance presque gênante, malsaine, dans un premier moment assez lent mais relativement dansant, puis lâchant les cris sur la fin du titre, montant crescendo pour finir en beauté. Un titre taillé pour la scène, ce qui manque cruellement à ce skeud. Et puis surgit Blood Honey, une putain de ballade d’une mélancolie prenante et qui est à l’image de l’ambiguïté du chanteur, qui peut être aussi violent que doux avec des titres qui prennent aux tripes comme c’est le cas avec celle-ci. Une ballade qui reste tout de même dans le domaine du métal industriel, avec des passages criés et une instrumentalisation qui se lance enfin dans des solos et des variations intéressantes. Et que dire du titre éponyme de l’album, Heaven Upside Down, qui sonne comme un titre de l’album précédent, se faufilant dans un blues rock inspiré et puissant, ce qui sied beaucoup mieux à l’artiste de maintenant.

Au final, Heaven Upside Down, le dernier album de Marilyn Manson, est forcément moins bien que le précédent, même s’il comporte quelques bons moments. Avec cet album, le chanteur essaye de concilier deux époques de sa carrière qui ne sont pas forcément osmotique, à savoir un début enragé et une fin plus douce et plus pépère. Du coup, on se retrouve face à un album bancal, qui souffle le chaud et le froid et qui demeure trop inégal pour pleinement convaincre. Après, cela reste un album de qualité, mais qui déçoit tant la barre était haute avec The Pale Emperor.

  1. Revelation #12
  2. Tattooed in Reverse
  3. We Know Where You Fucking Live
  4. Say10
  5. Kill4Me
  6. Saturnalia
  7. Jesus Crisis
  8. Blood Honey
  9. Heaven Upside Down
  10. Threats of Romance

Note: 14/20

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Par AqME

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