Stratton

De : Simon West

Avec Dominic Cooper, Tom Felton, Austin Stowell, Gemma Chan

Année: 2017

Pays: Angleterre

Genre: Action, Thriller

Résumé:

Stratton, agent du MI6, s’infiltre avec son coéquipier Marty dans un laboratoire iranien pour intercepter le vol de molécules chimiques mortelles. Mais à leur arrivée, celles-ci ont déjà disparu et la mission tourne mal… De retour à Londres, Stratton et son équipe se lancent dans une course contre la montre pour stopper la cellule terroriste qui projette d’utiliser l’arme biochimique sur une capitale.

Avis :

Genre souvent décrié pour ses facilités scénaristiques, le film d’action demeure avant tout un moment de divertissement. Certes, cela n’empêche rien d’apprécier des histoires travaillées, mais l’on serait plus enclin à faire preuve d’indulgence quand le métrage en question ne dissimule pas ses intentions. On ne peut pas définir la qualité d’une série B sur les mêmes critères que le cinéma d’auteur ou tout autre rapprochement inadéquat. Simon West ne s’est jamais caché de son intérêt pour les productions nerveuses. Entre Les ailes de l’enfer, Le flingueur ou le deuxième volet des Expendables, le réalisateur de Tomb Raider s’est taillé une réputation qui, depuis le très dispensable 12 heures, semblait abonner aux échecs critiques et commerciaux.

Malheureusement, la distribution de Stratton laisse à craindre que l’homme soit relégué dans la catégorie des metteurs en scène pour DTV. D’ailleurs, le pitch de départ se rapproche davantage d’une série Z digne d’Opération Delta Force plutôt que d’un récit à la Robert Ludlum ou Tom Clancy. L’allusion n’est pas anodine puisque c’est Duncan Falconer, auteur de romans d’espionnage et d’action qui est en charge du scénario. Adaptation d’un de ses ouvrages, Stratton suit une unité d’élite du MI-6. Après un petit texte de présentation qui laisse toute largesse à l’expérience de l’écrivain en tant que membre des forces spéciales, on se plonge (littéralement) dans une opération à haut risque.

Rien de très surprenant jusque-là, si ce n’est le mode d’infiltration qui suscite une tension évidente. Dès lors, on peut s’attendre à un spectacle convenu, mais relativement efficace. Et, dans une certaine mesure, c’est le cas. Des opérations secrètes, une menace terroriste qui plane sur l’Occident et des enjeux internationaux qui tiennent plus des règlements de compte entre services secrets émaillent le récit au détriment d’une certaine recherche dans les implications géopolitiques. Qu’on se le dise, les renseignements et la progression sont assez fluides et, pour cela, l’intrigue se cantonne à quelques facilités où pléthore de poncifs et clichés en tout genre vont entrer en considération.

À commencer par la trame principale où le vol d’une arme bactériologique, la présence d’une taupe au sein du MI-6 et la vengeance d’un agent trahi par ses pairs se heurtent à des conséquences prémâchées. Certes, l’ensemble reste plutôt dynamique et entraînant du point de vue formel. On a également droit à un cadre changeant avec Londres, mais aussi l’Italie. De sympathiques escapades pour varier les plaisirs et présenter une échelle internationale propre à ce genre d’intrigue. Pour autant, l’histoire est cousue de fils blancs. Lorsqu’on saisit la nature même des tenants et des aboutissants, il ne réside plus aucun suspense ou une quelconque tension à même de faire ressentir l’âpreté des affrontements.

Si les personnages demeurent plutôt bien campés par un casting honnête, la caractérisation suit un chemin identique. On laisse en retrait quelques éléments relativement intéressants à creuser (l’enfance de Stratton, éventuellement) pour mieux se concentrer sur des personnalités par trop timorées, expansives ou véhémentes. À force d’appuyer les contrastes et les disparités entre chaque intervenant, on finit par se fourvoyer, là aussi, dans des traits prévisibles, voire caricaturaux quand on évoque les antagonistes. Un développement basique qui n’offre aucune recherche supplémentaire. D’ailleurs, certaines relations évoluent de manière trop subite ou impromptue pour pleinement convaincre, comme pour une certaine relation amoureuse avant la conclusion.

Au final, Stratton est un film d’action qui ne fait pas d’étincelles. On apprécie le rythme emporté qui ne faiblit guère. L’énergie qui en découle trouve du répondant en visitant différents lieux géographiques. De même, la réalisation soutient une certaine dynamique. Si le divertissement remplit son office, on regrette néanmoins que l’intrigue soit une succession de clichés, tant sur le plan narratif que sur la caractérisation. Trop prévisible et trop simpliste dans son approche, il en ressort un métrage réchauffé avec ce que l’on peut voir au cinéma, comme à la télévision, depuis plus de 20 ans. Autrement dit, une distraction correcte, mais qui manque cruellement d’identité pour s’imposer.

Note : 12/20

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Par Dante

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