Annie

De : Will Gluck

Avec Jamie Foxx, Quvenzhané Wallis, Rose Byrne, Cameron Diaz

Année : 2015

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie Musicale

Résumé :

Alors qu’elle était bébé, les parents de la petite Annie l’ont laissée en promettant de revenir la chercher un jour. Depuis, Annie garde espoir, même si la vie dans le foyer d’accueil de la méchante Miss Hannigan est loin d’être facile. Sa rencontre avec Will Stacks, homme d’affaires impitoyable et candidat aux élections municipales à New York, va tout changer. Sur les conseils de Grace, sa brillante vice-présidente, et de Guy, son directeur de campagne prêt à tout, Stacks recueille Annie d’abord parce que c’est un excellent argument électoral… Stacks se voit comme le bienfaiteur et l’ange gardien de la fillette, mais grâce à son assurance et à son inébranlable optimisme, Annie pourrait bien inverser les rôles…

Avis :

Si on est un jeune profane de la culture américaine, il est fort possible que l’on soit passé à côté d’Annie. A la base, il s’agit d’un comics trip paru en 1922 qui devait mettre en scène un jeune orphelin du nom d’Otto, mais qui fut changé en jeune fille, le prénom étant trop usité à l’époque. Rapidement, le comic fut adapté en pièce de théâtre pour Broadway et encore aujourd’hui, la pièce continue de jouer. Le cinéma s’est alors emparé du phénomène et l’adaptation la plus réussie et la plus connue à ce jour est celle de John Huston en 1982 avec Aileen Quinn et Albert Finney. Comme toute bonne chose se recycle, et que le film de Huston commençait à sombrer dans l’oubli collectif, certains producteurs ont eu l’idée d’en faire un remake, recontextualisant l’action à une époque plus contemporaine. On confie alors le projet à Will Gluck, dont les comédies semblent plaire au public américain (Sexe entre Amis et Easy Girl) avec un budget conséquent, puisqu’on retrouve Will Smith et sa femme ainsi que Jay-Z à la production. Grosse machine à sous, gros casting par-dessus le marché, est-ce suffisant pour en faire un bon film ?

Le premier constat quand on regarde ce film, c’est que c’est une comédie musicale dont le fond est connu d’avance. Il n’y aura pas de surprise au niveau du scénario ni au niveau de la résolution du problème. Le film avance sur des rails et ne sortira jamais du chemin de la comédie familiale bien-pensante, à l’image des producteurs qui sont maintenant des familles plus ou moins bien rangées. Cela va directement créer un premier problème, c’est-à-dire qu’il n’y a aucun suspens au sein du métrage. D’autant plus que tout ce qui va arriver est évoqué de manière précise dans le film. Annie va être adoptée par un homme riche, on nous le dit avant que ce soit fait par le bras droit de l’homme riche en question. Annie trouve un petit chien dans la rue, c’est bien un petit chien, ça fait grimper la côte de popularité. On trouve une fausse famille à Annie, on nous le dit avant d’avoir un doute. Et tout le film est monté pour annihiler tout effet de surprise et toute tension. On se retrouve donc à suivre le film sans réellement le vivre. Alors certes, c’est une comédie familiale, qui a des codes, mais si on dépasse le stade primaire d’un enfant lambda où tout est expliqué, l’adulte n’a rien à se mettre sous la dent si ce n’est de bonnes paroles lénifiantes.

Mais finalement, la chose la plus choquante dans ce métrage provient des morceaux de musique. Non pas qu’ils soient mauvais, même si les traductions françaises laissent à désirer, mais c’est surtout que tous les morceaux arrivent comme un cheveu sur la soupe, sans réel intérêt. Il n’y a pas de liant entre les morceaux ou même les séquences qui entament une chanson et on se retrouve parfois à entendre chantonner sans raison valable. C’est assez désagréable car on a la sensation que les chansons étaient dans le cahier des charges et que Will Gluck a du se faire violence pour les inclure dans son film. D’autant plus qu’il n’y a pas vraiment de chorégraphie et que l’aspect scénographique est complètement laissé à l’abandon. Du coup, le fait que ce soit une comédie musicale ne lui donne pas un cachet supplémentaire mais au contraire, enfonce le film dans l’ennui et coupe complètement le rythme.

En dehors de ça, on ne peut pas dire non plus que le film soit mauvais. Il se suit de façon désintéressée et apporte une bonne morale bien que la chance tient une importance capitale dans le destin d’Annie. Le film joue sur le fait que la petite fille a un fort caractère (excellente Quvenzhalé Wallis que l’on avait remarqué dans le sublime Les Bêtes du Sud Sauvage) et qu’elle va changer la vision de la vie d’un grand homme d’affaires. Jamie Foxx est impeccable dans son rôle et cela le sort de sa zone de confort où il joue les flics costauds où les rôles un peu plus dramatique. L’acteur est touchant et parfois drôle. Le seul moment pénible, c’est lorsqu’il pousse la chansonnette pour faire son R’n’B basique et de mauvais goût. Il y a aussi une réflexion assez intéressante sur les smartphones, la surveillance et les nouvelles technologies, mais cela reste en surface. On sera surpris par la parodie de Twilight au cinéma par Ashton Kutcher et Mila Kunis et certains passages se révèlent assez réussis. C’est une bien maigre consolation, mais finalement, le but, in fine, d’Annie, c’est de divertir les familles et dans un sens, le pari demeure presque rempli.

Au final, Annie est une comédie musicale anecdotique qui n’arrive pas à la cheville du film de John Huston de 1982 ou même des différentes pièces de théâtre. Il manque à ce film une âme, une volonté de sortir du carcan musical dans lequel il est enfermé. Non pas que le film soit malhonnête, mais il reste trop balisé, trop gentillet, pour pleinement convaincre et cela malgré des moyens conséquents et un casting de haute volée.

Note : 10/20

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Par AqME

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