Denis

De : Lionel Bailliu

Avec Fabrice Eboué, Jean-Paul Rouve, Audrey Dana, Sara Giraudeau

Année : 2013

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Par deux fois, Vincent a cru rencontrer la femme de sa vie.
Par deux fois, elles l’ont quitté pour le même homme… Denis.
Maintenant que Vincent file le parfait amour avec Anna, sa seule crainte est que l’histoire se répète. Alors il va tenter de comprendre : Mais que peuvent-elles trouver à ce type grande gueule, amateur de chemises bariolées, qui enseigne le catch comme une philosophie ?

Avis :

Que faut-il pour faire un bon film ? Une bonne histoire, de bons comédiens et une réalisation à peu près correcte. Mais le plus important reste le scénario, car sans cela, il n’y aurait pas de film et donc pas de profondeur. Et il arrive que certains films sortent sans aucun scénario, juste sur une idée anodine qu’un réalisateur a entendu au coin d’un bar, ou lors d’une discussion familiale. C’est un peu ce qu’il s’est passé avec le film Denis et son réalisateur Lionel Bailliu. Car c’est lors d’une conversation avec un ami qu’il eut l’idée de faire son film, ce dernier lui racontant que deux de ses ex s’étaient mises avec des types pas très avenants. Mais une idée suffit-elle à faire un bon film, ou tout du moins un film sympathique ? La réponse est non.

Débutant lors d’un footing entre deux copains, le film présente rapidement ses personnages, et notamment Fabrice Eboué qui campe l’amoureux déchu qui ne comprend pas comment deux de ses ex ont pu succomber aux charmes d’un homme qui semble très vulgaire et ingrat. Sauf qu’il se trouve que Denis est un ami de son pote de footing (joué par l’excellent Simon Astier qui mérite des projets mieux que cela) et que le personnage de Eboué insiste pour faire organiser une fête avec son ex et Denis. Il ment alors à sa femme, une jolie vétérinaire, et passe la soirée pour comprendre comment Denis arrive à charmer toutes les filles. Il va s’ensuivre des quiproquos, des combats de catch, des vols de perroquets et une histoire qui commence à vraiment pas sentir bon. Car le film est une accumulation de mauvaises idées nauséabondes qui vont se confondre à une morale absolument dégueulasse. Cependant, ce n’est pas ça qui va frapper en premier, c’est surtout une réalisation bancale qui allie des moments qui se veulent cool avec des écritures qui apparaissent pour montrer des personnages inutiles et des mouvements de caméra complètement inopinés pour masquer un vide abyssal. On remarquera cela lors d’une discussion de bar où les deux personnages principaux discutent. Bref, Lionel Bailliu essaye de mettre du dynamisme dans une histoire qui en manque grandement.

Et pourtant, le rythme est assez soutenu et le métrage va droit au but, ce qui est plutôt une bonne chose. En même temps, il est difficile de faire plus concis que ce film, qui peine à dépasser les 1h10. Mais est-ce que cela autorise à faire n’importe quoi, quitte à confiner son film au mauvais goût. C’est-à-dire que rien n’est cohérent dans Denis et que mettre une situation de catch dans ce métrage est non seulement inintéressant, mais en plus d’une nullité abyssale, comme si ce sport était la solution pour retrouver confiance en soi et ne plus se faire marcher dessus. D’autant plus que les séquences nerveuses de combat sont très mal filmées et qu’il n’y a aucun sens de la chorégraphie dans ce métrage. Et histoire d’en rajouter une couche, on aura droit à des personnages clichés et stupides, dont Denis sera un mélange de toute ce qu’il ne faut pas faire. Il s’agit d’un homme professeur de catch, fan de Demis Roussos, roulant en Harley et aiment profondément les oiseaux. Pour le reste, on aura une nana qui dirige son monde (Audrey Dana, très jolie mais en perpétuel surjeu), une autre nana molle et lénifiante (Sara Girardeau) et un homme coincé qui travaille dans la police judiciaire pour renforcer son côté pragmatique (Fabrice Eboué complètement à côté de ses pompes dans ce film). Bref, une galerie incohérente et qui ne génère aucune empathie envers le spectateur.

Enfin, le film est extrêmement nauséabond dans son message. Déjà, on ne comprend pas pourquoi cet homme veut rencontrer le type qui lui a piqué deux nanas alors qu’il est très heureux en amour. Puis la morale finale est très douteuse. En gros, le « héros » se rend compte que peu importe les méthodes de Denis, ce qu’il faut, c’est lâcher prise pour être heureux et que son amour était réservé à son ex. Un final qui met mal à l’aise dans son déroulement, dans la lâcheté du personnage et dans la stupidité de la réaction de Denis, qui va devenir une caricature du type jaloux, voulant régler ses comptes sur le ring de façon stupide. D’ailleurs, il y a aussi un gros problème de tonalité dans le film, qui allie des moments plausibles, avec des moments plus cartoons qui sont hors de propos et qui du coup cassent les moments plus agréables et légèrement plus drôles, comme les dialogues de Simon Astier, le seul personnage buvable dans ce marasme. Et l’acteur mérite tellement mieux.

Au final, Denis est une purge incroyable et accumule tout ce qu’il ne faut pas faire dans une comédie française. D’un mauvais goût intense, d’une bêtise crasse, d’une réalisation inappropriée et d’un jeu d’acteur puant, le film n’avait pas marqué les esprits en 2013 et il doit rester dans l’oubli tant il est infâme. Bref, à oublier au plus vite.

Note : 03/20

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Par AqME

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