octobre 29, 2020

Shurik’N – Adamant-ium

Avis :

A la toute fin des années 90, un groupe de rap marseillais va faire son apparition sur le devant de la scène. IAM est jusqu’alors inconnu au bataillon et il faudra attendre 1991 pour voir surgir un premier album. Mais le véritable succès arrive en 1997 avec le troisième skeud du groupe, L’Ecole du Micro d’Argent. Gros phénomène et succès mérité, le groupe va alors devenir l’un des tauliers du rap français, dépassant même nos frontières. Mais le plus important dans tout ça, c’est qu’IAM reste un groupe de rap conscient, essayant de véhiculer des valeurs et non pas d’attiser la haine ou la différence. Mais comme tout groupe qui se respecte, il n’est pas rare de voir que l’un des membres souhaite se lancer dans une carrière solo en parallèle, afin de se sentir plus libre dans l’expression. Geoffroy Mussard, plus connu sous le pseudonyme de Shurik’N, se lance dans un projet solo en 1998, soit un an après le plus gros succès d’IAM. Il va alors alterner les moments avec le groupe et les moments tout seul. C’est près de dix-huit ans après ce premier skeud que le rappeur se lance dans son troisième album solo avec Adamant-ium. Dire que l’attente était longue est un euphémisme et si on a tendance à croire que plus c’est long, plus c’est bon, il ne faut pas non plus s’éparpiller dans divers projets. Car si cet album est plutôt plaisant et réussi, il n’en demeure pas moins très court et parfois assez facile.

D’ailleurs, l’album commence avec une introduction tout ce qu’il y a de plus classique. On a droit à quelques scratchs, une voix qui annonce un retour et c’est après une toute minute que survient le premier titre Qui va là ? Il s’agit d’une continuité de l’introduction, un morceau dans lequel le rappeur va parler de son retour en mode solo et qui ne va pas forcément dans une thématique marquante. Là aussi c’est court, moins de trois minutes et on reste un peu sur notre faim, même si l’instru fait le taf. Il faudra donc attendre Coupable pour avoir un vrai morceau. Le titre parle de la facilité de juger les gens en fonction de leur couleur de peau, de leur religion ou encore de leur catégorie sociale et si cela reste très simple au niveau de la structure du morceau, le titre est très efficace et se révèle assez plaisant. Et puis survient Adamant-ium, qui fait retomber le soufflé, brassant une thématique basique, faisant chanter un rappeur américain, et le titre fait très commercial, n’arrivant pas à montrer un Shurik’N inspiré. On sentira le rappeur plus emballé par Comme à Chaque Fois, un titre qui fait la part belle au piano et à l’ambiance inquiétante, parlant, si on connait un peu le bonhomme, de ninja et de technique de combat. Cela reste sympathique, même si encore une fois on peut être déçu par la portée des messages. Et ce n’est pas le très mauvais Lâchez-Moi qui va nous faire dire le contraire, morceau assez court et syncopé dans lequel le rappeur se lève du mauvais pied et veut qu’on le laisse tranquille.

Après un interlude inutile pour présenter un feat américain, on attaque la seconde moitié du skeud, et fort heureusement, le niveau remonte grandement. J’écris, qui attaque cette partie, est clairement l’un des meilleurs titres de l’album. Entre une instrumentalisation efficace et des paroles qui mettent en valeur les vertus de l’écriture, le rappeur semble reprendre du poil de la bête et donne envie de continuer l’album. Et c’est là qu’arrive Ca Défile. Le morceau est une petite pépite, avec une instru proche d’un jazz lounge en version électro, quelques scratchs bien placés, et le titre met en avant le talent d’écriture du rappeur. C’est assez simple, plutôt classique, mais d’une grande efficacité et finalement, on n’en demande pas plus. Avec Dans le Viseur, Shurik’N revient à des tonalités plus sombres et plus brutes, parlant de sujets plus graves, comme la monotonie, les politiques, etc… Encore une fois, l’artiste arrive à fournir quelque chose de qualité, que ce soit dans l’instru, le beat ou encore l’écriture et un flow percutant. On retrouve cela avec On Fait le Job, plus joyeux, ou bien Un de ces Morceaux, un titre plus mélancolique, qui parle du passé et de ces résidus mémoriels que l’on aime avoir de temps à autre. Enfin, Où te Mèneront tes Pas joue aussi sur la mélancolie, mais reste plus conventionnel sur la rythmique et le genre, lorgnant grandement vers le R’n’B un peu trop basique.

Au final, le dernier album de Shurik’N, Adamant-ium, est une semi-réussite comme on peut le voir comme une semi-déception. La première moitié de l’album est clairement décevante et n’apporte rien de bien nouveau. Par contre, la seconde partie est beaucoup plus exaltante, renouant avec des thématiques plus universelles et surtout un rap plus précis, plus entrainant. Du coup, on reste partagé sur ce skeud, qui en plus de cela est assez court, car même si l’on prend du plaisir à l’écouter et que le talent du rappeur n’est plus à prouver, on reste sur un disque assez facile et c’est bien dommage.

  1. Intro
  2. Qui va là ?
  3. Coupable
  4. Adamant-ium
  5. Comme à Chaque Fois
  6. Lâchez-Moi
  7. Interlude
  8. J’écris
  9. Ca Défile
  10. Dans le Viseur
  11. On Fait le Job
  12. Un de ces Morceaux
  13. Où tu Mèneront tes Pas

Note : 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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