Happy End – Haneke s’Emmerde

De : Michael Haneke

Avec Isabelle Huppert, Toby Jones, Mathieu Kassovitz, Jean-Louis Trintignant

Année : 2017

Pays : France, Autriche

Genre : Drame

Résumé :

« Tout autour le Monde et nous au milieu, aveugles. » Instantané d’une famille bourgeoise européenne.

Avis :

Michael Haneke est l’un des plus grands réalisateurs contemporains. À l’annonce de chacun de ses films, c’est une grande partie de la stratosphère cinéphilique et plus qui se met en branle. Il faut dire que l’œuvre de Michael Haneke est particulièrement riche et intéressante et durant le festival de Cannes, beaucoup de yeux furent rivés sur le dernier né du réalisateur qu’il a présenté en compétition officielle, après deux Palmes d’Or consécutives.

Cinq ans après « Amour« , la Palme d’Or 2012, Michael Hanake est de retour pour une chronique bourgeoise qu’il base à Calais afin d’aborder (enfin le croyons-nous), la question de la jungle de Calais et des migrants, à travers les yeux d’une famille Calaisienne. À l’annonce du projet, je dois dire que le nouveau Haneke a piqué ma curiosité, lui qui pose un regard juste et sévère sur les maux de notre société. Mais le dernier-né de Michael Haneke est très loin d’être ne serait-ce qu’intéressant. Déplacé, nombriliste et caricature même de la bourgeoisie, le denier Haneke est d’un ennui et d’une incohérence excessivement agaçante.

À Calais, la famille Laurent se voit bouleversée quand l’ex-femme de Mathieu, le fils de la famille, fait une tentative de suicide. Plongée dans un coma, Mathieu récupère sa fille de treize ans qu’il connaît peu. La jeune fille déménage donc du sud de la France à Calais, dans cette famille qui ne s’écoute pas vraiment.

Déception et colère, voici le ressenti éprouvé à la sortie du dernier film du grand Michael Haneke.

Si Michael Haneke est un immense réalisateur qui n’a plus rien à prouver à personne, tout au long de sa carrière, le cinéaste n’a cessé de diviser avec des films radicaux, et ce « Happy End » n’échappera pas à la règle.

Il y a des films où, à peine commencer, un malaise et un ennui naissent et ne nous quittent plus et c’est le cas avec « Happy end » qui s’ouvre sur une scène aussi ennuyante que déstabilisante. Moment aussi gênant qu’il peut attiser une curiosité, mais malheureusement, c’est bien le premier sentiment qui va s’imposer de manière quasi-horrible pendant cette très longue séance de cinéma.

Avec « Happy End« , Michael Haneke a décidé de filmer une famille étrange qui se cache des choses et a une tendance à s’autodétruire, en se créant des problèmes qui n’en sont pas. Michael Haneke va donc les filmer dans leur plus simple appareil dans un quotidien inintéressant. Partant sur une idée épuisée, la vie des bourgeois, « Happy end » ne proposera rien de neuf et ne va être que longueur.

Le scénario est insoutenable de caricature. Un scénario qui en l’espace d’une heure quarante va fabriquer des êtres dont on se fiche royalement. Avec ce film, le réalisateur se noie dans le cliché, tout y passe, névrose, mal être, tendance suicidaire, relations et fantasmes sexuels à la limite du malsain, adultère, alcoolisme, problèmes familiaux, inspection du travail, ennui, réseaux sociaux… Bref, le réalisateur n’oublie rien, tout en ne racontant rien finalement. Les personnages sont exaspérants de nombrilisme, tiennent des discours incohérents, sont terriblement théâtraux. Personne ne se comporte et ne parle comme ça dans la vie. Et même si le trait peut être forcé pour une critique, ça ne fonctionne pas et l’on ne ressent aucune empathie pour eux.

De plus, le scénario jouit de coupes monumentales, offrant des ellipses qui nous perdent, tant on a l’impression qu’il manque à cette histoire des éléments. Certains événements connus de tous les personnages arrivent comme un cheveu sur la soupe pour le spectateur (décès, fiançailles, ou anniversaire) qui les découvre une fois produit et parfois depuis plusieurs semaines. On est pris au dépourvu et l’on nous demande d’accepter ces ellipses sans explications en plus.

On avance donc péniblement, attendant que le film s’élève un peu, et finalement aborde ce qui nous avait été annoncé, la question des réfugiés. Si on en aperçoit bien dans le décor, il va falloir attendre les derniers instants du film pour que le réalisateur en parle et de manière on ne peut plus déplacée. Franchement, on ne comprend pas bien pourquoi ce moment-là, et cette façon-là.

« Happy end« , c’est aussi une mise en scène qui s’étire en longueur. C’est une mise en scène sans musique qui demeure extrêmement contemplative et plate. Michael Haneke étire toutes les scènes de son film, jusqu’à ce qu’elles s’épuisent d’elles-mêmes. Là encore, on se questionne du pourquoi de ce choix.

Résultat des courses, on s’est ennuyé ferme, le réalisateur ne nous a rien raconté, on a rien appris de neuf, et cette famille est au plus haut point agaçante. Ça s’écoute parler, ça se crée des problèmes pour rien et nous, on se fiche de ce qu’il leur arrive. Et finalement, le seul plaisir qu’apporte « Happy End« , c’est de pouvoir revoir le magnifique Jean-Louis Trintignant sur les écrans.

Note : 06/20

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Par Cinéted

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