octobre 21, 2020

Avalon

De : Mamoru Oshii

Avec Malgorzata Foremniak, Wladyslaw Kowalski, Jerzy Gudejko, Bartek Swiderski

Année : 2001

Pays : Japon, France, Etats-Unis

Genre : Fantastique

Résumé :

Dans une ville fictive d’Europe centrale, Ash est une accro de jeux vidéo et de réalité virtuelle. Solitaire, le seul compagnon qu’on lui connaisse est son chien. Elle était membre du groupe Wizard, constitué de véritables aficionados d’un jeu de guerre illégal nommé « Avalon », en référence à l’île légendaire où reposent les âmes des héros.
Mais depuis que la bande s’est dissoute, Ash joue seule. Un jour, elle apprend que son ancien amant, Murphy, est devenu un zombie, un « non-revenu ». Ce dernier était pourtant un joueur talentueux.
Son sort intrigue Ash. Celle-ci décide alors de refaire le chemin qu’il a pris en jouant dans une zone interdite baptisée « Class A ». Pour y parvenir, elle doit suivre l’Ombre, une mystérieuse petite fille aux yeux tristes.

Avis :

Immense réalisateur japonais, Mamoru Oshii est bien plus d’une légende ou une référence dans le domaine de l’animation. Réalisateur de films aussi cultes que « Patlabor » ou « Ghost in the shell« , le réalisateur passionne les amoureux du cinéma depuis le début des années 80.

Mais s’il a fait la majeure partie de sa carrière dans le cinéma d’animation, il ne faut pas oublier non plus que Mamoru Oshii s’est aussi essayé, et à plus d’une reprise, au cinéma traditionnel. Ainsi, de temps à autre, le cinéaste délaisse ses crayons pour passer à l’image réelle et « Avalon » fait partie de ceux-là, même si le film a beaucoup été retravaillé, au point que certaines images frôlent le film d’animation.

Avec ce film, Mamoru Oshii livre là un film complexe qui joue avec les univers, et si l’intrigue demeure excellente et pose de bonnes réflexions, c’est bel et bien le travail incroyable du réalisateur sur l’image et la mise en scène qui laissera sur le cul et ça, même si le film a pris un petit coup de vieux.

Dans un futur indéfini, Arch, une jeune femme, est accro au jeu virtuel Avalon, au point de ne vivre que pour jouer encore et encore au jeu. Un jour, elle apprend qu’un ami à elle, excellent joueur, est aujourd’hui un légume et fait partie de ceux qui ne sont pas revenus du jeu. Très vite, elle découvre la possible existence d’un autre niveau réservé à une élite. Arch n’a alors qu’une idée en tête, le découvrir, s’y rendre, et peut être retrouver son ami.

« Avalon » est donc un film d’une belle ambiguïté. C’est un film qui s’amuse à nous perdre dans une réalité, mais laquelle ? Doté d’un scénario pointu, Mamoru Oshii questionne sur les réalités justement. Offrant une histoire aussi mystérieuse qu’intéressante, « Avalon » aborde des thèmes forts, comme la frontière entre la réalité et le virtuel, et jusqu’où certains jeux peuvent amener. Il pose les questions de l’addiction. « Avalon » dans un sens, fait penser à une phrase tirée du film « Inception » de Christopher Nolan, qui disait en gros, « Ils ne dorment pas pour rêver, mais pour vivre » … Et c’est peut-être là, le cœur d’ »Avalon« . Le jeu peut-il être plus vivifiant que la vie elle-même ? Qu’est-ce qui vaut d’être vécu ou non ? Des thématiques fortes, avec lesquelles Mamoru Oshii s’amuse à l’intérieur de son film, dissimulant les frontières et les réponses. Le monde dans lequel vit son héroïne est-il vrai ou non ? Une question aussi intéressante que la réponse, où l’interprétation du film lui-même sera libre à chacun. Précis de détails et d’idées, chaque élément peut être une réponse ou sa contradiction et c’est ce qui fait qu’ »Avalon« , en très grande partie, est un film passionnant de bout en bout. Mamoru Oshii, comme à son habitude, ne nous mâche pas le travail et nous laisse libre d’en comprendre ce que l’on veut, même s’il y a quand même beaucoup d’indices dissimulés.

Mais si une grosse partie d’ »Avalon » tient sur son scénario génial, nul doute que l’autre partie, pour ne pas dire la plus grande, tient sur l’ambiance incroyable que Mamoru Oshii nous offre.

Malgré le fait qu’ »Avalon« ‘ ait vieilli (il fête ses quinze ans), le film reste une perle, un bijou incroyable de cinéma et d’idées. Mamoru Oshii a retravaillé ses images dans chacun de ses niveaux pour nous offrir un film bluffant à l’ambiance unique.

Que ce soit dans sa mise en scène, ses choix de couleurs, d’esthétisme, ses choix de réel ou d’irréel, rien n’est laissé au hasard et chaque choix pose autant de questions qu’il donne des indices et c’est là un véritable coup de génie. On en prend plein les yeux, en même temps qu’on réfléchit et qu’on en prend plein les oreilles aussi, puisque la BO est une perle. Une perle qui amènera à une superbe scène d’opéra à en coller la chair de poule.

Et finalement, le seul petit bémol qui vient toucher la petite corde de la déception, c’est les acteurs, et plus précisément les personnages, qui n’arrivent pas à toucher, ce qui est assez frustrant. Ils ont de magnifiques répliques qu’ils balancent avec conviction, mais ils leur manquent ce petit quelque chose pour nous prendre totalement. Mais bon, vu la qualité du reste du film, on ne va pas se plaindre.

« Avalon » est donc une excellente découverte, doublée d’une très bonne expérience de ce cinéma. Ambigu, maîtrisé, puissant dans ses thèmes et surtout dans sa manière visuelle de la traiter, entre deux « Ghost in the shell« , Mamoru Oshii nous offre un petit bijou en images réelles, et comme le résultat est magnifique, on se dit qu’on aimerait bien voir des films en images de Mamoru Oshii plus souvent.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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