L’Ange Noir

De : Jean-Claude Brisseau

Avec Sylvie Vartan, Michel Piccoli, Tchéky Karyo, Alexandra Winisky

Année : 1994

Pays : France

Genre : Thriller, Drame

Résumé :

Une femme a assassiné un homme chez elle. Elle est l’épouse d’un homme important et s’arrange pour faire croire à une tentative de viol, et ainsi légitimer son crime.

Avis :

Jean-Claude Brisseau est l’un des réalisateurs français qui attire le plus la controverse. Il faut dire que sa filmographie est pour le moins osée et que bien souvent, il n’a pas l’image ou la scène dans sa poche. Des films comme « Noce blanche« , « De bruit et de fureur » ou encore « Les anges exterminateurs » ont véhiculé avec leurs sorties un parfum de controverse et de provoque.

Pour son deuxième film des années 90, Jean-Claude Brisseau revient avec un thriller à la limite de l’érotisme. Superbe esthétiquement, « L’Ange Noir » avec son histoire intrigante et son ambiance chaude et froide à la fois, rappelle de temps en temps un certain cinéma d’Alfred Hitchcock, ce qui est très loin de déplaire. Jeux de séduction, manipulations, intégrité et faux semblant vont être la ligne directrice de ce que l’on pourrait appeler un film cruel et pervers.

Stephan Février est la femme d’un des juges les plus respectés de la Cours d’Assise de Bordeaux. Femme fatale à la beauté hypnotique, un matin, elle assassine un homme de sang-froid. Dans son plan, elle fait passer ce meurtre pour une tentative de viol et donc par conséquent, plaide la légitime défense. C’est Paul Delorme, un ami de la famille, qui assure sa défense. Commence alors un jeu de piste involontaire pour l’avocat qui ne va pas tarder à découvrir le possible passé de sa cliente et amie.

« L’Ange Noir« , c’est un thriller sombre aux lumières chaudes. Pour ce film, Jean-Claude Brisseau a décidé de nous emmener dans une sombre affaire, qui laissera éclater certaines hypocrisies de la part des magistrats et tout autant de jeux pervers.

Tenu par un scénario solide qui nous réserve bien des surprises, « L’Ange Noir » est un film qui prend son temps pour nous présenter ses personnages, son milieu, et son intrigue.

Si le film commence fort avec ce meurtre glacial et la mise en action du plan de la coupable, Jean-Claude Brisseau, par la suite, se lance dans un film « basique » dans le sens où l’on se retrouve dans une enquête et un jeu de piste qui aspire à de plus en plus de révélations. Le réalisateur gère très bien son rythme, afin de pouvoir en tirer le plus d’intrigue, voir même de suspens, possible. La découverte du passé trouble de cette femme, son envie de s’en sortir quitte à mentir, manipuler ou trahir sont autant d’éléments intrigants et bien amenés qui donne toujours envie d’en savoir plus.

On ajoutera à cela l’excellence de la mise en scène de Jean-Claude Brisseau qui démontre encore une fois tout son talent, mais aussi son envie de cinéma loin des normes du cinéma français.

« L’Ange Noir » est un film esthétiquement sublime. Les scènes de nu sont superbes, un peu de provocation qui se mélange à l’intime. La photographie qui tire sur l’ambiance sépia est intéressante. Et l’on ne parlera même pas des cadres et autres plans travaillés, offrant de jolies propositions de mise en scène.

« L’ange noir » est un film qui joue avec les frontières. Érotique, thriller, polar, drame familial et même social, Jean-Claude Brisseau refuse de choisir, mélange tout et ça se tient. Bon, il y aura bien des petites longueurs, il y aura bien des éléments qui auraient mérité plus d’attention. On aurait aimé un passé encore plus fouillé, et même plus débauché que celui que le réalisateur nous présente. Mais sur le tout, « L’Ange Noir » se tient et s’avère plaisant à suivre.

Cet assassin au passé trouble, c’est Sylvie Vartan qui l’incarne. Un choix étrange et bien vu qui fait revenir la chanteuse devant la caméra après vingt ans d’absence et elle tient ici sûrement son meilleur rôle, le plus difficile, le plus abouti et le plus glacial. Et l’on notera que la comédienne y est excellente et d’une grande beauté. Jean-Claude Brisseau a parfaitement su la mettre en avant et tirer le meilleur d’elle.

« L’Ange Noir« , ce n’est pas que Sylvie Vartan, qui d’ailleurs, même si elle tient un grand rôle, se fait plutôt rare à l’écran, puisque finalement, tout le film ou presque est vu à travers Tchéky Karyo, lui aussi excellent dans le rôle de l’avocat impliqué qui va trop en découvrir.

On trouvera aussi à l’affiche de ce film des comédiens comme Michel Piccoli, Philippe Torreton ou encore Alexandra Winisky.

« L’Ange Noir » est donc une bonne et cruelle enquête, et un bon film tenu par d’excellents acteurs, guidés par une bonne mise en scène et une BO impeccable.

S’il lui manque, c’est vrai, un petit quelque chose en plus pour marquer durablement, il n’en reste pas moins un moment de cinéma prenant et intéressant.

« L’Ange Noir » n’est donc pas le plus grand film de la carrière de Jean-Claude Brisseau, mais il ne mérite pas non plus l’oubli dans lequel il a fini par tomber. C’est un petit thriller à découvrir.

Note : 13/20

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Par Cinéted

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