Barocco

De : André Téchiné

Avec Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Marie-France Pisier, Jean-Claude Brialy

Année : 1976

Pays : France

Genre : Policier

Résumé :

Un boxeur va essayer de vendre des informations compromettantes sur un candidat lors d’une élection dans une grande ville portuaire.

Avis :

Si André Téchiné avait un long-métrage et quelques courts-métrages à son actif, c’est avec son second film que le réalisateur déclare avoir fait ses vrais débuts dans le cinéma. Ce film, c’est « Souvenir d’en France« , se déroulant dans les années 30 et qui se pose comme une chronique familiale et bourgeoise. Un film qui a apporté à la regrettée Marie-France Pisier, un César de la meilleure actrice dans un second rôle.

Après la chronique familiale, André Téchiné, pour son troisième film, se lance dans une histoire aussi étrange qu’ »actuelle » (il faut replacer le film dans son époque bien sûr). Avec « Barocco« , André Téchiné se lance dans ce que l’on pourrait appeler un « Crimes, arnaques et politique ».

Avec « Barocco« , André Téchiné nous entraîne dans une histoire pleine de tensions et de mystères. Une histoire qui donne en permanence envie d’aller à la scène suivante afin de toujours en apprendre plus. Et le tout est servi par une mise en scène et surtout une lumière incroyable, qui donnerait presque au film des allures de rêves éveillés.

Quelque part dans le nord de l’Europe, un boxeur se voit proposer une très belle somme d’argent afin de livrer un témoignage dans un journal, pour discréditer un homme politique. Ce même boxeur se voit alors proposé la même somme pour se taire et quitter le pays. Étant riche, il doit retrouver sa petite amie à la gare de la ville et s’enfuir, mais cette personne en a décidé autrement…

Étrange et captivant à la fois que ce troisième d’André Téchiné, qui signe ici un film qu’on pourrait bien comparer comme un ovni dans sa filmographie. « Barocco » est un film qui s’amuse à semer des embuches à celui qui le suit, dans le sens où il va en permanence se renouveler pour surprendre son spectateur. Alors parfois, ça fonctionne très bien et l’on se laisse totalement happer par cette intrigue et surtout son atmosphère lourde, presque cauchemardesque, et d’autres fois, le film tombe quelque peu à plat et installe des moments plus creux. Mais bon, on restera quand même accroché par ce thriller presque poétique, qui commencera comme un banal complot politique pour finalement s’aventurer vers l’échappée romantique. Avec « Barocco« , il faut finalement en savoir le moins possible pour se laisser entraîner par son histoire et ses acteurs qui sont tout bonnement excellents. Adjani et Depardieu, deux monstres de cinéma qu’André Téchiné dirige parfaitement, les rendant justes, beaux et touchants. Mention à Depardieu qui s’illustre merveilleusement dans un double rôle. On n’oubliera pas les extraordinaires Marie-France Pisier ou Jean-Claude Brialy.

« Barocco« , derrière le micmac de son affaire, c’est aussi un film qui peut être une lecture intéressante de l’Europe de la fin des années 70. Décrivant une ville où le chômage est plus présent, où c’est beaucoup le parcours de la débrouille pour vivre, la lecture peut être parfois caricaturale, mais elle est intéressante et surtout elle est aujourd’hui une sorte de Judas optique sur la société de l’époque.

L’énorme atout de « Barocco« , qui peut être aussi celui qui peut faire fuir certains, c’est son ambiance, son atmosphère, aussi bien réelle qu’elle peut être irréelle. Bercé dans une lumière incroyable signée Bruno Nuytten qui aura un César pour le coup, le film navigue entre rêve et cauchemar. Bon, je ne pourrais pas nier que le film a pris un coup de vieux et que son esthétisme peut apparaître comme fade, ou incompréhensible, mais si on le replace dans son époque, « Barocco » est aussi beau qu’audacieux.

Avec son histoire prenante, qui s’aventure aussi bien dans le thriller, le drame humain, que l’histoire d’amour, avec cette ambiance sortie d’une autre époque et avec ses comédiens au top, à commencer par Gérard Depardieu, André Téchiné livre là un film étonnant, ambitieux, qui laisse montrer l’envie de cinéma de son jeune réalisateur à l’époque. Bref, si on ne peut nier qu’il a vieilli, et qu’il ne peut pas plaire à tout le monde, « Barocco » mérite quand même qu’on le redécouvre.

Note : 13/20

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Par Cinéted

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