Le Château de Verre – En Verre et Avec Tous

Titre Original : The Glass Castle

De : Destin Daniel Cretton

Avec Brie Larson, Woody Harrelson, Naomi Watts, Max Greenfield

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame, Biopic

Résumé :

Jeannette Walls, chroniqueuse mondaine à New-York, a tout pour réussir et personne ne peut imaginer quelle fut son enfance. Elevée par un père charismatique, inventeur loufoque qui promet à ses enfants de leur construire un château de verre mais qui reste hanté par ses propres démons, et une mère artiste fantasque et irresponsable, elle a dû, depuis son plus jeune âge, prendre en charge ses frères et sœurs pour permettre à sa famille dysfonctionnelle de ne pas se perdre totalement. Sillonnant le pays, poursuivis par les créanciers, et refusant de scolariser leurs enfants, les Walls ont tout de même vécu une vie empreinte de poésie et de rêve, qui a laissé des marques indélébiles mais qui a créé des liens impossibles à renier.

Avis :

Petit réalisateur américain pas si connu que ça, Destin Daniel Cretton a été mis en lumière en 2009 avec son court-métrage « Short Term 12 » qui a créé un petit évènement au Festival de Sundance, lui offrant le prix du Jury. Un court qu’il adaptera en long-métrage pour son deuxième film, le sublime « State of Grace » avec la belle et talentueuse Brie Larson.

Après nous avoir bouleversé avec « State of Grace« , il aura fallu attendre trois ans avant d’avoir des nouvelles de Destin Daniel Cretton. De retour avec l’adaptation d’une histoire véridique, le réalisateur était plus qu’attendu au tournant.

Avec « Le château de verre« , Cretton revient sur l’histoire de Jeannette Walls, chroniqueuse mondaine, une femme à l’enfance et l’adolescence chaotique, qui a tout fait pour s’en sortir. Si « Le château de verre » sera un film magnifique, qui touchera au plus profond, il demeurera aussi un film plutôt longuet. Tout aussi fort et touchant que « State of Grace« , Destin D. Cretton déçoit quelque peu, tout en offrant un très beau cinéma… Paradoxe.

Jeannette Walls est chroniqueuse mondaine dans un prestigieux magazine new-yorkais. Jeannette est une jeune femme qui a tout réussi et s’est élevée dans l’échelle sociale. Mais alors qu’elle s’apprête à annoncer ses fiançailles à ses parents et surtout son père, un marginal, elle se remémore son enfance et son adolescence sur les routes, son éducation plus que théorique, et cette vie, aussi belle que difficile, avec un père alcoolique et rêveur qui n’a pas le sens des priorités, laissant ses enfants pratiquement livrés à eux-mêmes.

En voilà un joli film, avec un Woody Harrelson aussi excellent que grand. Un Woody Harrelson comme on n’a plus l’habitude de le voir. Ça change et c’est très bien. Un Woody qui forme un couple sublime avec une Naomi Watts encore une fois excellente de bout en bout. On notera que le réalisateur fait la part belle aussi à son actrice fétiche, Brie Larson, lui offrant un rôle superbe.

Avec « Le château de verre« , Destin D. Cretton revient donc avec un film qui aborde l’enfance et la parentalité. « Le château de verre » est une œuvre fragile, comme son nom l’indique. Une œuvre belle, pleine de tendresse et d’amour même si elle est aussi faite d’injustice, de difficulté et de chaos. Monté en flashbacks, « Le château de verre » est un film qui nous entraîne dans le passé, tout en étant au présent. Ayant deux lignes directrices, on se plaît aussi bien à suivre l’enfance de cette petite fille, qui parfois pourra rappeler dans ses grandes largeurs, l’incroyable « Captain Fantastic » de Matt Ross, qu’à suivre avec un certain suspens, la vie de la jeune femme qu’elle est devenue. Destin D. Cretton a très bien su faire des allers-retours dans ces deux vies-là, avec un montage qui est un petit bijou.

Avec ce film et surtout cette histoire, Destin D. Cretton touche à des thèmes universels qui parlent à tous. « Le château de verre » est un film qui aborde bien sûr l’enfance et l’éducation, mais c’est surtout un film bouleversant sur l’amour et la parentalité. C’est un film qui démontre que dans certains cas, malgré leurs défauts, leurs maladresses, leurs inconsciences, certains parents, qui n’en ont pas l’air, sont bourrés d’amour et qu’on le veuille ou non, ils restent nos parents et on les aime, même cachés au plus profond de nous. Ici, toute l’histoire est amenée pour étayer cette jolie morale et ce final, plein d’amour sincère. On est touché devant la simplicité et la véracité des émotions et des sentiments. « Le château de verre » a ce pouvoir de pousser à réfléchir, de pousser à s’interroger sur nos vies, nos amours et nos relations et un film qui pousse à cela ne peut qu’être bon.

Doté d’une mise en scène magnifique, qui apporte un sentiment de liberté autant qu’elle peut se faire aussi plus dure, on regrettera seulement que « Le château de verre » se fasse quelque peu longuet. Le tout est beau, son réalisateur navigue très bien entre ses deux « intrigues », tout en avançant parfaitement dans le temps, afin de couvrir une trentaine années de vie, mais on ne serait dire où, comment et pourquoi, mais ce « … château de verre » a une tendance à faire sentir le temps passer. Alors, ce n’est pas désagréable, on ne serait d’ailleurs dire ce qu’il y a en trop, car finalement tout est nécessaire, et décrit aussi bien qu’il approfondit l’intrigue, mais ça se sent quand même.

Ce troisième film de Destin Daniel Cretton est donc un film magnifique, aussi beau qu’il est triste et touchant. C’est un film qui parle avec amour et sincérité de la famille, c’est un film qui possède une belle morale, qui n’en fait pas trop et qui sera capable de parler et d’évoquer des souvenirs à tout le monde. Bref, malgré ce sentiment de longueur, Destin D. Cretton offre un troisième film qui confirme tout le bien qu’on pense de lui. Un film qui mérite qu’on s’y arrête quand il va arriver sur nos écrans.

Note : 14,5/20

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Par Cinéted

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