décembre 2, 2020

Une Femme Française

De : Régis Wargnier

Avec Emmanuelle Béart, Daniel Auteuil, Samuel Le Bihan, Gabriel Barylli

Année : 1995

Pays : France, Angleterre, Allemagne

Genre : Drame, Romance

Résumé :

Eté 1939, Jeanne a 20 ans et épouse l’homme parfait, Louis, un lieutenant d’infanterie. Sans avoir eu le temps de profiter de leurs noces, ce dernier est envoyé au combat mais, capturé par les soldats du Reich, il passe cinq années dans une prison allemande. A son retour à la fin de la guerre, les jeunes mariés font des enfants et s’envolent vers Berlin. Malheureusement, la jeune femme n’est pas comblée par cette vie et rencontre alors Mathias Bennent, un allemand. Folle amoureuse, elle devra faire un choix déterminant entre sa famille parfaite et son indépendance.

Avis :

Quatrième film de Wargnier, « Une femme française » fait suite au film qui le fit exploser. Ce film, c’est « Indochine« , œuvre culte du réalisateur, avec laquelle il offre un César à Catherine Deneuve et surtout une œuvre qui lui rapporta l’Oscar du meilleur film étranger, ce qui n’est pas négligeable.

C’est donc trois ans plus tard que Régis Wargnier donne de nouveau de ses nouvelles avec « Une femme française« , qui est l’évocation de la vie de la mère du réalisateur. Avec ce film, le réalisateur offre donc à une Emmanuelle Béart, belle à en crever, un rôle sublime. Un rôle fort et tragique, pour une histoire qui s’étale sur toute une vie.

Avec « Une femme française« , Régis Wargnier livre un très beau film d’amour. Un amour juste, passionné et prenant et c’est avec plaisir, et un soupçon d’émotion, qu’on suit les travers de cette femme qui a décidé de bousculer les choses.

1939, Jeanne a vingt ans et elle vient de rencontrer l’homme de ses rêves en la personne de lui. Mais la guerre, comme la vie plus tard, vont mettre l’amour de Jeanne à rude épreuve. Envoyée après la guerre à Berlin, Jeanne tombe sous le charme de Mathias Bennent, un boche comme on dit. Un amour qui ne va faire que grandir, mais qui sera aussi restreint par les obligations de la vie.

Œuvre singulière dans la carrière de Régis Wargnier, puisque le réalisateur y parle de sa mère, « Une femme française » est un beau film qui mérite qu’on le sorte de l’ombre dans laquelle, il s’est installé. S’il n’est pas le meilleur de son réalisateur, il a toutefois le mérite de nous raconter une belle histoire d’amour impossible, de peindre un portrait de femme ô combien sublime, loin des conventions de l’époque et d’aborder des sujets qui demeurent tous intéressants.

Avec ce film, la première chose sur laquelle on a envie de s’arrêter, c’est le portrait magnifique que peint Régis Wargnier. Sa Jeanne, c’est une battante. Sa Jeanne, c’est une femme qui vit, enfin, qui essaie de vivre selon ses envies et qui essaie dans la limite des chantages de se ficher du regard des autres. Volage, libre dans ses pulsions qui seront parfois contradictoires, amoureuse et scandaleuse, le réalisateur nous présente un personnage vrai, qu’on ne peut qu’aimer. Un personnage qui, à travers ses actes, ses relations, ses amours et ce qu’elle s’empêche de vivre, brosse le portrait d’une société coincée, bloquée, qui juge à l’emporte-pièce. Grace au personnage de Jeanne, Régis Wargnier nous parle d’une vieille France avec ses bons et ses mauvais côtés. Et c’est à travers les épreuves de la vie de Jeanne, ou encore les réactions de son entourage, qu’on voit les avancées qui ont été faites depuis, et même pendant le film, puisque « Une femme française » se déroule sur presque trente ans.

Avec ce film, le réalisateur revient en parallèle sur une belle partie de l’histoire moderne de France. De plus, magnifiquement filmé, « Une femme française » nous fait voyager de Nancy à Berlin, de Paris en Syrie, ou encore à Saint-Malo. Bref, Régis Wargnier nous fait voyager pour le meilleur comme pour le pire de son histoire.

Pour incarner sa mère, Régis Wargnier a choisi Emmanuelle Béart et on peut vraiment dire que l’actrice est épatante. Touchante, pleine de grâce et d’amour, ses déchirements sont d’une grande tristesse. La comédienne se donne à fond, et on sent qu’elle croit et qu’elle aime cette femme à qui elle donne vie. Nous, on sera aussi touchés que partagés entre son mari tenu par un Daniel Auteuil très bon et Gabriel Barylli, dont l’amour infini pour ses femmes traverse chaque image.

Ce quatrième film pour Régis Wargnier est donc une belle découverte. Si le film se fait parfois un peu long, c’est vrai, il n’en reste pas moins très beau, émouvant et tenu par des acteurs géniaux. Avec ce film, le réalisateur rend hommage à sa mère et livre là le portrait d’une femme incroyable, qui a décidé de sortir des sentiers battus quitte à se brûler les ailes. Bref, « Une femme française » mérite amplement qu’on s’y ré intéresse.

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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