février 25, 2021

Sharkansas Women’s Prison Massacre

De : Jim Wynorski

Avec Dominique Swain, Traci Lords, Christine Nguyen, Cindy Lucas

Année : 2015

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Lors d’un tremblement de terre, la croûte terrestre est fracturée libérant d’énormes requins préhistoriques qui se dirigent tout droit vers l’Arkansas.

Avis :

Parmi toutes les créatures animales qui terrifient les gens et donc les spectateurs de cinéma, le requin s’impose comme une évidence. Entre sa faculté de nager très vite et l’élément aquatique qui n’est pas naturel pour l’homme, dans lequel il peut facilement se noyer ou se retrouver sans aucun moyen d’évasion, le squale fut rapidement mis en avant au cinéma pour créer des peurs au sein du cinéphile. Si le plus marquant reste Les Dents de la Mer de Steven Spielberg, d’autres petits rejetons ont su se faire une petite place, même si pour cela, il a fallu jouer d’ingéniosité pour satisfaire un spectateur de plus en plus exigeant. Et il semblerait que le film de requin ne soit pas passé de mode, comme on a pu le voir avec le sympathique Instinct de Survie de Jaume Collet-Serra. Puis est arrivé le film low cost, le nanar avec des effets digitaux imbuvables et les idées de scénario improbables, comme pour Sharknado. Sauf que la surprise fut totale lorsque le métrage fut un succès retentissant, les gens applaudissant devant un déluge de n’importe quoi et une volonté de toujours aller plus loin dans un délire surréaliste. La brèche était ouverte, autant pour les requins numériques que pour ceux de la finance.

Si Asylum et Syfy se disputent le haut du podium en ce qui concerne le pire film de l’histoire du cinéma de requin, il semblerait que cette dernière soit sur le point de détrôner ce qui fut durant un temps la plus grosse entreprise de mockbuster. Avec Sharkansas Women’s Prison Massacre, on peut se demander où les scénaristes vont chercher des idées. Pour ce qui est de ce métrage, si on peut appeler ça comme ça, on penchera pour une soirée arrosée où un type a découvert que le début de Arkansas avait la même fin que le mot « shark » et il n’en fallait pas plus pour en faire un film débile avec un budget avoisinant les 600 000 dollars. Pur produit marketing pour un public bien ciblé entre les fans de navets et de nanas aux gros seins, Sharkansas Women’s Prison Massacre est un honteux produit qui se fout royalement du spectateur et qui se manque de respect à lui-même.

Déjà, le titre est bien putassier et un brin mensonger. Si certains voulait voir une invasion de requin au sein d’une prison pour femmes, il va falloir refaire un film, car ici tout se passe dans une forêt banale où un groupe de cinq jeunes femmes détenues pour diverses raisons, font des travaux d’intérêt général. Mini-short, débardeur blanc moulant, scène où les nanas boivent de l’eau en s’en renversant sur tout le corps, l’ensemble filmé au ralenti. On a la sensation d’être tombé dans un Marc Dorcel du pauvre, puisque la qualité de réalisateur de Jim Wynorski reste encore à démontrer. Entre un filtre pastel qui nous fait presque croire que nous sommes dans Les Feux de l’Amour, ou des choix hasardeux de mise en scène tremblotante, on voit bien que le cinéaste n’en a plus rien à foutre et fait au minimum, essayant parfois d’être drôle, mais loupant à chaque fois le coche. D’ailleurs, les attaques de requins font de la peine et les décors sont juste hallucinants de laideur, se déroulant principalement dans une maison ou dans une caverne qui ressemble à un fond vert dégueulasse.

Mais peut-on tout remettre sur le dos de Jim Wynorski ? Rien n’est moins sûr quand on regarde la qualité des effets spéciaux qui sont tout bonnement hideux. C’est-à-dire qu’ils sont à un tel point pixélisés que l’on se retrouve face à quelque chose qui ne tient plus du requin. Le pire étant lorsque l’animal se met à creuser en surface où rien n’est crédible. Et ce n’est pas drôle non plus, l’échec étant total, puisque le film se veut ringard et ne se prend jamais au sérieux, forçant tous les traits et donc n’arrivant pas à devenir un nanar. Et le film réussit même l’exploit à être une insulte envers le spectateur et lui-même. C’est-à-dire que certaines séquences sont tout bonnement honteuses et auraient pu être améliorées à moindre coût. A titre d’exemple, il y a un moment où tous flics trouvent un cadavre… en CGI ! Alors qu’un simple mannequin et un peu de maquillage aurait suffi. On peut aussi parler des attaques de requins qui soulèvent de la terre et sur le plan suivant, le sol est de nouveau nickel. Ou encore lorsque des effets numériques sont utilisés pour faire une éclaboussure d’eau. Bref, rien n’est cohérent et le tout numérique bas de gamme gâche une bonne partie du film, montrant son total désintérêt face à sa crédibilité et au respect du spectateur qui attend tout de même un minimum d’investissement.

Un investissement que l’on ne retrouve pas non plus chez les acteurs, malgré la présence de Dominique Swain qui a joué dans Volte/Face de John Woo. Les nanas ne sont que des poupées jetables exhibant des corps exquis, visiblement pour les requins aussi, et n’ayant aucun background, hormis une asiatique qui a un enfant. Il en faut beaucoup plus pour créer de l’empathie et certaines réactions sont totalement incohérentes, comme le fait de tomber amoureuse d’un type en deux plans et que ce dernier se sacrifie pour sa belle. Là, ce n’est même pas que tout va trop vite, c’est juste improbable et très mal amené, espérant juste créer un peu d’empathie avec le spectateur, qui sera de toute façon abasourdi pour la bêtise du concept et de ce qui se passe à l’écran.

Au final, vous l’aurez compris, Sharkansas Women’s Prison Massacre est un bon gros navet qui ne vaut même pas le coup d’œil, au risque d’y laisser quelques neurones. Entre des CGI baveux et pixélisés, des acteurs à la ramasse qui essayent d’être drôles ou dramatiques mais qui n’y arrivent pas ou encore une mise en scène d’une pauvreté abyssale, ce film de requin se hisse parmi les pires choses que l’on ait pu voir jusqu’à présent. Un film qui n’est ni drôle, ni effrayant, ni même attachant. Bref, le vide pourrait bien avoir un nouveau nom.

Note : 01/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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