octobre 26, 2020

Le Roman d’Elvis

Titre Original : Elvis

De : John Carpenter

Avec Kurt Russell, Shelley Winters, Pat Hingle, Bing Russel

Année: 1979

Pays: Etats-Unis

Genre: Biopic

Résumé:

En 1969, au moment de donner un concert a Las Vegas, Elvis Presley se remémore son passe.

Avis:

Après le petit téléfilm qu’est « Meurtre au 43 ème étage » et avant d’offrir au cinéma l’icône de la mort Michael Myers, John Carpenter s’est arrêté sur la vie d’Elvis Presley. Étrange film dans la filmographie de Big John, « Le roman d’Elvis » tient une anecdote assez drôle, car John Carpenter fut choisi pour réaliser le film, car il compose lui-même ses BO et ce qui est assez rare, c’est que justement, alors qu’il a été choisi pour cela, « Le roman d’Elvis » fait partie des rares films pour lesquels John Carpenter n’a pas composé la BO.

Deux ans après la mort du King, John Carpenter nous entraîne donc dans un biopic fleuve de presque trois heures. Trois heures où l’on va tout connaître de la vie d’Elvis. Trois heures méticuleuses et précises qui, même si elles comportent de petites longueurs par-ci et par-là, demeurent un vrai plaisir de cinéma et de spectacle, en plus de nous ravir les oreilles avec les chansons indémodables du King. Bref, un bon film qui s’éloigne de ce que John Carpenter a fait jusque-là et fera par la suite.

1969, cela fait dix ans qu’Elvis Presley n’est pas remonté sur scène. Sa cote de popularité n’est plus ce qu’elle était. Pour le King, ce concert résonne quelque peu comme une dernière chance de prouver qu’il est et restera le King. Quelques heures avant le spectacle, Elvis se remémore alors le passé dans sa chambre d’hôtel. De sa première guitare offerte pas ses parents à ses années lycées plutôt difficiles, des premiers enregistrements au succès fou… Elvis est nostalgique, mais ne doute pas.

Faire un film sur la vie d’Elvis Presley, en voilà une idée qu’elle est bonne, alors en plus quand c’est John Carpenter qui s’y colle, forcément, on ne peut qu’être curieux de voir le résultat.

Biopic fleuve de pratiquement trois heures, « Le roman d’Elvis« , même s’il reste très classique, n’en sera pas moins un bon film. Prenant le prétexte du retour sur scène du King pour jouer la carte de la nostalgie, John Carpenter nous entraîne dans une odyssée passionnante, aussi bonne qu’elle est techniquement impeccable.

Avec « Le roman d’Elvis« , c’est un tout autre King que nous présente Carpenter. Parfaitement tenu et écrit, on se plaira à découvrir l’enfance et l’adolescence d’Elvis. Les premiers accords de guitare, les premiers amours du jeune garçon. Le talent évidemment qu’il a et le charisme qu’il dégage. Le scénario nous présente un personnage profondément amoureux de sa mère. Il nous présente un jeune généreux et désireux de faire le bonheur des siens avant lui-même. Il nous présente aussi un personnage nuancé, bagarreur et colérique, ne supportant pas la critique. Le réalisateur nous offre les premières scènes du chanteur et de sacrés bons moments d’enregistrement. Le film offre une belle montée en puissance de Presley, conquérant la musique, le cinéma, les cœurs et le monde. « Le roman d’Elvis » est un film riche, et l’on sent qu’il y a du travail derrière.

Mais on pourra aussi lui reprocher de peindre un portrait particulièrement angélique du chanteur, car finalement, l’Elvis de Carpenter a peu de défauts et le réalisateur passe sous silence certains des problèmes qui amèneront Elvis vers sa mort. La malbouffe est survolée, les problèmes de médicaments sont passés sous silence. On peut peut-être expliquer cela par le fait que, quand le film sort, cela fait un peu plus d’un an que le chanteur est mort et peut être que Carpenter et les studios avaient plus envie de rendre hommage à l’artiste que d’abîmer son image. Surtout quand on sait que l’état de santé du chanteur avait été volontairement caché à l’époque. Et c’est peut-être aussi pour cela que le réalisateur n’ira pas plus loin dans la vie du King, dans ses dernières années, moins belles et plus paranoïaques qu’au début.

« Le roman d’Elvis« , c’est aussi un film qui surprend pour le choix de son acteur. Si aujourd’hui on est tous amoureux de ce que Carpenter et Russell ont fait ensemble, à l’époque, Kurt Russell est un petit acteur en devenir et le choix était loin d’être évident. Aucune ressemblance avec Elvis Presley et pourtant, quelle prestation. On y croit dur comme fer, Kurt Russell est plus que crédible, il est même bluffant dans sa gestuelle et toutes les scènes sur scène sont extraordinaires. C’est un bonheur de le suivre à travers toutes ces années. Jouant avec une sacrée palette d’émotions, Kurt Russell trouve là un rôle déterminant pour lui. D’ailleurs, même si le casting qui l’accompagne est très bon, on ne retient principalement que Kurt Russell, même si on émettra une mention pour Shelley Winters qui incarne la mère du chanteur et qui est très touchante dans la façon de gérer tous les changements dans la vie de son fils.

Et pour l’anecdote, c’est le père de Kurt Russell qui incarne le père d’Elvis à l’écran.

Ce quatrième film pour John Carpenter, malgré des longueurs et de petites édulcorations, demeure un excellent film, riche et détaillé, qui nous plonge parfaitement dans la vie du King.

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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