Creature

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De : Stuart Gillard

Avec Craig T. Nelson, Kim Cattrall, Colm Feore, Cress Williams

Année: 1998

Pays: Etats-Unis

Genre: Aventure, Horreur

Résumé :

1972, sur une île des Caraïbes, dans un laboratoire secret de la Navy, le Dr. Kruger a créé un hybride issu du croisement d’un dauphin et d’un requin blanc. Lors d’une expérience le monstre s’échappe et disparait dans l’océan… 25 ans plus tard, Simon Chase spécialiste des requins, est confronté à une série de cadavres attribués à des attaques de requins.

Avis :

Il n’est pas difficile de mesurer l’impact incroyable qu’à eu Les Dents de la Mer de Spielberg sur le cinéma de genre. Il suffit de regarder toutes les suites de piètre qualité et les films s’en inspirant largement comme la Mort au Large, Peur Bleue et consorts. Mais ce n’est pas le seul film à avoir eu cette force. En effet, on peut aussi compter parmi les grands films qui ont compté pour le cinéma de genre, un certain Alien de Ridley Scott. Les suites, tout le monde les connait, et c’est  à partir de là qu’une pléthore de films sur les méchants extra-terrestres a vu le jour. Mais que pourrait-il se passer si ces deux créatures amatrices de chair humaine fusionnaient ? Et bien, Peter Benchley, déjà scénariste du film de Spielberg, a eu l’idée folle de créer un monstre hybride, entre un dauphin et un requin, mais qui aurait la faculté d’évoluer suivant son environnement. Quand on sait que le résultat débouche sur un téléfilm d’environ 3h, on peut avoir peur ! Mais quoi il en retourne vraiment ? Petite croisière sur les îles caraïbes !

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Stan Winston aux commandes !

Le début de l’histoire nous place dans les années 70, au milieu d’un centre de recherche de la NAVY, proche des îles des caraïbes, endroit propice aux requins. On découvre alors que ce centre de recherche fait des croisements génétiques un peu spéciaux, entre dauphin et requin, pour créer une race intelligente de prédateurs qui servirait aux militaires américains. Seulement, l’expérience se passe mal et le plus dangereux des mutants tue tous les dauphins et commence à bouffer du militaire. C’est alors qu’un scientifique l’attrape dans une cage et le libère dans la mer, incapable de le tuer. 25 ans plus tard, on retrouve un chercheur qui fait des recherches sur les requins, en essayant de deviner pourquoi ces animaux n’ont jamais de cancer. Seulement, des corps mutilés, à moitié dévorés refont surface et les iliens sont persuadés qu’il s’agit d’un requin. Simon Chase, le chercheur est persuadé du contraire et il va se mettre toute l’île à dos pour prouver qu’il a raison et qu’il s’agit là d’une espèce encore inconnue. Piquant des idées un peu à droite et un peu à gauche, ce téléfilm d’une durée hallucinante, près de 3h, n’est pas si mauvais que cela. En effet, si le scénario est attendu, il réserve quelques surprises et essaye de nous faire aimer cette petite famille qui vient rejoindre le chercheur. D’ailleurs, c’est le point fort du film, plutôt que de nous montrer des scènes gores à tout va, le film va prendre le temps de présenter tous les personnages et de montrer le meilleur d’eux, et parfois le pire. Etant donné qu’il s’agit d’une pure production des années 90, le contexte économique ou encore au niveau du style est maladroit, tout comme la réalisation, qui, sans être mauvaise, ne fera pas se lever les foules. Mais on s’accrochera assez rapidement à tous ses personnages, à cette enquête qui prendra ensuite des allures de chasse aux requins et qui rappellera indéniablement Les Dents de la Mer. Mais dans la deuxième partie, on est dans quelque chose de plus proche d’Alien, avec la traque d’un monstre, et les tentatives pour l’abattre, afin qu’il arrête de tuer des innocents. On distingue alors facilement les deux parties, qui sont assez complémentaires et bien amenées, malgré quelques longueurs inévitables sur ce genre de sujet. On passera aussi les explications scientifiques foireuses qui essayent de nous faire croire que la bestiole s’adapte en trente secondes à son environnement et se fait pousser des pattes.

Le plus surprenant dans tout ça, c’est que malgré un côté télévisuel très soft, le film n’y va pas par quatre chemin. On aura droit à de l’enfant bouffé, à des cadavres flottant et à quelques passages assez effrayant, comme dans le bunker sous-marin à la lumière clignotante. Et qui plus est, les effets spéciaux ne sont pas dégueulasses du tout. On retrouve le grand Stan Winston derrière la créature (Predator) et il signe une belle création, à la fois inquiétante et au design vif et élancé. L’utilisation d’un robot permet d’éviter les images numériques foireuses, ou encore l’usage d’images de documentaires sur les requins. L’autre fait assez incroyable pour un téléfilm, c’est que les comédiens sont plutôt bons. Si Craig T. Nelson en fait des caisses en regard de braise et en grosse gueule pas content, il incarne un héros tout à fait respectable et un bon père de famille. A ses côtés, Kim Cattrall est sympathique et bien loin de son rôle de grosse pute dans Sex and the City. Elle incarne ici une mère de famille protectrice relativement convaincante. Les seconds couteaux sont peut-être un peu faiblards, comme le méchant du film, qui en fait des tonnes, mais cela reste assez correct et il faut remettre cela dans le contexte des années. La fin est très classique et ne réservera aucune surprise, si ce n’est un final assez explosif qui rappelle cette fois Alien la Résurrection. Jean-Pierre Jeunet aurait-il piqué cette idée pour la mettre dans un autre contexte ? Pourquoi pas !

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Ah oui, lui aussi se fait bouffer !

Au final, Creature est un téléfilm très divertissant bien que trop long. Coupé en deux parties, il réserve quelques bonnes surprises, empruntant au film d’aventure aquatique au début pour finir vers le film d’action et d’horreur. Si quelques longueurs persistent, il faut tout de même saluer le niveau de la production, qui dépasse facilement certains métrages horrifiques de maintenant. Par contre, on pestera forcément devant une caméra tremblante lors des scènes d’action pour masquer quelques défauts de budget d’effets spéciaux.

Note : 12/20

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Par AqME

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