octobre 27, 2020

Girlfight

De : Karyn Kusama

Avec Michelle Rodriguez, Jaime Tirelli, Paul Calderon, Santiago Douglas

Année : 2000

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Diana Guzman a l’art de s’attirer des ennuis. Adolescente sombre et maussade, elle en veut a la Terre entière et passe son année scolaire à se battre avec les rares amateurs qui trainent dans les couloirs du lycée. Diana habite Red Hooks, à Brooklyn, avec son père Sandro, souvent absent, et son jeune frère Tiny. Leur mère est morte. Diana est entourée de gens qui, selon elle, passent à côté de la vie. Pour elle, il n’y a pas d’autre alternative que de se battre pour s’en sortir et elle préfère de loin être celle qui cogne. C’est ainsi qu’elle découvre l’univers de la boxe.

Avis :

Karyn Kusama est une réalisatrice et scénariste américaine qui n’a pas eu la carrière qu’elle méritait, car si son premier film est un petit bijou, malheureusement pour elle, la suite n’a pas été aussi glorifiante. Alors qu’elle avait su offrir avec « Girlfight« , un film plein de justesse, Karyn Kusama nous a offert pas la suite des films comme « Æon Flux » (vous savez le film où Charlize Theron a des mains à la place des pieds) et « Jennifer’s Body« . Seul son dernier en date, « The Invitation« , a l’air, après quinze ans de chute, de lui faire remonter la pente.

Mais bon, pour l’instant revenons sur son premier film, qui est un petit bijou de cinéma indépendant. Introduisant pour la première fois à l’écran Michelle Rodriguez, « Girlfight » est un film sur la boxe, et plus particulièrement sur une jeune fille de dix-huit ans qui ne demande qu’à exploser. Une jeune fille qui trouvera dans la boxe un exutoire, et le tout servi s’il vous plaît avec une histoire originale, plaisante et touchante. Bref, pour son premier film, Karyn Kusama place la barre haute et dix-sept ans après sa sortie, le film n’a rien perdu et reste très beau à découvrir et vivre.

Diana est une jeune fille de dix-huit ans qui fait sa dernière année de lycée. Diana est bien loin des modèles stéréotypés des jeunes filles de son âge. Pleine de rage à l’intérieur, pour se calmer et aussi trouver sa voie, Diana va prendre des cours de boxe. Et alors que la boxe féminine est à peine acceptée, Diana fait preuve de talent et dégage une force, une énergie et une envie d’y arriver, mais pour prouver qu’elle a l’étoffe d’une championne, elle va devoir travailler bien plus que bien des hommes.

Petit film sans prétention, « Girlfight » est la belle surprise qui, sans renouveler le genre, arrive à surprendre, en offrant des personnages simples et justes et une histoire au contexte social intéressant et à la romance loin des clichés habituels. La boxe et le cinéma, c’est une grande et belle histoire d’amour, qui bien souvent s’est disputée au masculin. Pour son premier film, la réalisatrice Karyn Kusama a décidé alors de nous raconter cette histoire au féminin, ce qui est pour le moins original. Mais cette histoire au féminin, c’est surtout un prétexte pour brosser un magnifique portrait d’une jeune fille qui va se découvrir et se libérer à travers un sport. Comme je le disais, le film est loin des clichés habituels, même si on en trouve quelques-uns, presque nécessaires. Le scénario est beau et juste. Ici, la réalisatrice nous présente une paumée qui va peu à peu se réinsérer. Des questionnements aux entraînements, des chutes aux hésitations de son entraîneur qui ne croit pas en elle (du moins du départ), Karyn Kusama a très bien su monter son film pour nous emporter vers un final intelligent, prenant, et très bien vu. Un final qui mettra en images tous les sujets et les émotions qu’on aura ressentis dans le film. Un film plein de force, de fureur, mais aussi de tendresse et d’amour. Car oui, l’amour est aussi l’une des grandes lignes du film, qui a l’intelligence de nous offrir une romance qui sort des sentiers battus. Une romance sans artifice, qui touche par la sincérité de ses comédiens et des scènes que la réalisatrice a écrite. C’est même dingue d’avoir fait un film si juste avec cette première œuvre, et de s’être totalement perdu par la suite.

« Girlfight« , c’est aussi un film qui a l’intelligence de peindre en arrière-fond un contexte social juste. « Girlfight« , c’est un film qui traîne dans les bas-fonds de Brooklyn et qui présente des jeunes qui sont autre chose que des membres de gangs, malgré des parcours difficiles, brisés et parcourus de pauvreté. On appréciera que Karyn Kusama mette l’accent dessus, sans pour autant noyer son film dans un misérabilisme. Non, ici, la réalisatrice n’en fait pas, trouve toujours le ton juste, et surtout nous présente ses personnages comme ils sont, sans jugement, sans complexe, avec leurs bons comme leurs mauvais côtés.

Girlfight, c’est aussi le premier rôle de Michelle Rodriguez qui tient d’emblée une tête d’affiche et surtout le film sur ses épaules. Sorte de diamant brut, Michelle Rodriguez crève tout simplement l’écran dans un rôle bien plus dur qu’il n’y paraît, capable d’être d’une scène à l’autre d’une grande dureté ou d’un naturel et d’un charme fou. Pleine de fureur et d’amour, on est touché à tout instant aussi bien par la comédienne que par son personnage.

Puis enfin, « Girlfight« , c’est aussi de vrais moments de grâce, capturés par une mise en scène là aussi sans artifice. Sa réalisatrice a décidé d’aller au plus simple, et même si son film ne réinvente rien, il charme, il prend, et l’on se trouve happé, intéressé en permanence par l’histoire de cette jeune fille, mais aussi celle de son entourage, notamment son histoire avec l’un des boxeurs, superbement tenu par Santiago Douglas.

Bref, donc avant que Clint Eastwood ne crève les cœurs des foules du monde avec son chef d’œuvre « Million Dollar Baby« , il y a eu « Girlfight » et franchement, le film vaut amplement qu’on s’y arrête. Découvrant et révélant une Michelle Rodriguez magnifique, offrant plusieurs très belles histoires dans son intrigue, »Girlfight » passionne, aussi bien qu’il touche, et respire une certaine ambiance du tout début des années 2000. Oui, les looks, les répliques, les sons entendus, ou encore le grain de l’image… Un joli bond dans le passé.

Note : 15,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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