décembre 2, 2020

The Yellow Birds

De : Alexandre Moors

Avec Tye Sheridan, Alden Ehrenreich, Jennisfer Aniston, Jack Huston

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Guerre, Drame

Résumé:

Deux jeunes soldats font connaissance durant un camp d’entrainement. Ils se promettent de veiller l’un sur l’autre mais la guerre va mettre à mal leur pacte…

Avis:

Alexandre Moors est un réalisateur français qui s’est exilé aux États-Unis. Producteur et scénariste, il commence à se faire connaître dans le domaine du clip. Il a travaillé sur des clips de Jennifer Lopez, Kendrick Lamar ou Nikki Minaj. Puis petit à petit, c’est en 2013 qu’il présente « Blue Caprice« , un road trip sombre à travers l’Amérique, film encore inédit chez nous hors festival, mais qui a trouvé son petit écho.

Cette année, Alexandre Moors revient avec un deuxième film, et prend un tournant pour le moins radical, puisque « The Yellow Birds » est un film qui suit trois soldats quelque part près de la frontière syrienne, afin de nous raconter le quotidien de jeunes soldats. Film sombre et prenant, qui développe un mystère, « The Yellow Birds » est une jolie surprise, intéressante sur plus d’un point. Doté d’une mise en scène minutieuse qui retranscrit avec le plus d’authenticité possible ce quotidien infernal qui bouffe ceux qui ne s’y sont pas préparés, ce deuxième film d’Alexandre Moors met donc en lumière un jeune réalisateur talentueux.

Brandon Bartle est un jeune soldat qui revient de Syrie avec le traumatisme du front. Ami avec un autre soldat, ce dernier n’est pas rentré et a disparu dans des circonstances étranges. Que s’est-il passé sur le terrain ? Alors qu’il s’enfonce dans la dépression, Brandon se remémore ce dernier jour de front. Amitié, rire, mais aussi tension et drame ont fait partie de leurs vies.

Des films qui suivent des militaires ou qui traitent de la question militaire, le cinéma en compte une sacrée pelletée. Avec « The Yellow Birds« , on pouvait craindre que le second film d’Alexandre Moors n’apporte rien de neuf et finalement se trouve noyé dans la masse. Mais heureusement, ce n’est pas ce qui va se passer, car en plus d’être sympathique à suivre, « The Yellow Birds » montre une vision que l’on connaît moins des soldats. Avec ce second film, dont l’intrigue tourne autour d’une disparition, Alexandre Moors, en profite surtout pour nous dresser un portrait touchant d’un jeune soldat qui n’était pas prêt.

Alors qu’on a l’habitude de trop souvent voir les soldats comme de véritables machines à tuer, sans émotions, ou du moins très amoindries, avec son nouveau film, Alexandre Moors a fait le choix inverse. Et c’est en nous enfermant avec ces hommes qu’il va nous toucher. Ici, ces hommes sont touchés, ont des émotions et ne sont pas forcément sûrs d’eux même. Et c’est dans cet angle-là, qui s’impose comme le grand thème de son film, qu’Alexandre Moors livre et ouvre son film qui devient plus qu’intéressant. D’un coup, Alexandre Moors rend la guerre et le terrain à une échelle plus humaine et la tournure que va prendre son intrigue va en être encore plus touchante. « The Yellow Birds » évitera aussi tout patriotisme poussé, car ce n’est pas le propos et le sujet. Non, ici, tout tourne autour des ravages de la guerre sur les corps et les âmes et ça change, car même si le sujet est fort intéressant, finalement peu de films ont le courage de mettre ça en thème principal.

Doté d’une jolie mise en scène, qui sait rester intime, « The Yellow Birds » colle au plus près de ses personnages. Très souvent, Alexandre Moors les colle et les filme dans des conversations plus intimes. Alexandre Moors choisit bien souvent de filmer leurs visages plutôt que de faire dans le spectaculaire d’un traditionnel film de guerre. Et finalement, leurs visages sont tout autant spectaculaires, tristes, que les grandes scènes d’attaques qu’on ne connaît que trop bien.

Ces visages extraordinaires, ce sont les jeunes Alden Ehrenreich, Tye Sheridan et Jack Huston qui tiennent chacun de très touchants personnages, particulièrement le petit Sheridan, qui sombre peu à peu dans le film, et voir la guerre à travers son regard est terriblement prenant. Décidément le gamin choisit bien ses rôles. Une petite mention pour Jennifer Aniston qui tient un petit rôle à contre-emploi.

En conclusion, avec son approche différente de la guerre et son intrigue prenante et touchante, « The Yellow Birds » est une belle petite surprise. Pour son deuxième film, Alexandre Moors nous livre là un film qui dénonce les ravages de la guerre, tout en n’oubliant pas d’être divertissant. Donc, si jamais ce « The Yellow Birds » arrive en salle, il vaut vraiment le coup qu’on s’y arrête. Mais bon, il ne faut pas trop rêver et si on l’a en direct to DVD, se serait déjà bien, mais c’est bien dommage car le film mérite d’être vu en salle.

Note : 15/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.