octobre 18, 2021

Five Ghosts

Auteurs : Frank J. Barbiere et Chris Mooneyham

Editeur : Glénat

Genre : Aventure, Fantastique

Résumé :

Fabian Gray est un chasseur de trésors aux pouvoirs extraordinaires. Possédé par les fantômes de cinq grandes figures de la culture populaire, il peut tour à tour devenir : Merlin, le plus puissant des magiciens ; Robin des bois, le plus précis des archers ; Sherlock Holmes, le plus rusé des détectives ; Miyamoto Musashi, le plus adroit des samouraïs ; ou Dracula, le plus terrible des vampires. Mais si ces formidables habiletés lui permettent de s’emparer facilement de tout ce qu’il souhaite, elles font aussi l’objet des pires convoitises. Et c’est Fabian lui-même qui risque bien de devenir le prochain trésor à dérober…

Avis :

Quelle que soit l’époque, les récits d’aventures possèdent un cachet particulier quand on évoque ceux que l’on a pu découvrir pendant notre enfance. Aux souvenirs de contrées oubliées, de reliques antédiluviennes, d’antagonistes charismatiques et de héros sans peur et sans reproche, la nostalgie est de rigueur ; quand bien même leur relecture met en avant une progression simpliste et linéaire. On songe bien entendu à Bob Morane, Doc Savage ou Indiana Jones, des figures emblématiques de la culture populaire. Avec Five Ghosts, l’intrigue s’avance avant tout comme un hommage au genre, plus précisément aux histoires « pulp » que l’on retrouvait dans de petits magazines, surtout en vogue dans la première moitié du XXe siècle.

Or, le présent comics fait un étrange amalgame entre aventures, fantastique et récit de super-héros. Fabian Gray, le protagoniste, dispose d’une particularité pour le moins étonnante. Il est possédé par cinq fantômes (d’où le titre), mais pas n’importe lesquels. Sous son crâne de chasseur de trésors se disputent Merlin l’enchanteur, Robin des bois, Miyamoto Musashi, Dracula et… Sherlock Holmes ! De là à parler de schizophrénie spectrale… Toujours est-il que dans les intentions, il emprunte ponctuellement les qualités et les talents de ces personnages fictifs ou historiques. Autrement dit, ce condensé de muscles et d’esprits promet des péripéties aussi cérébrales que rythmées.

Malheureusement, l’idée initiale ne parvient jamais à trouver un développement intéressant. En cause ? La rapidité à laquelle se déroule chaque épisode (ou chapitre) de l’intrigue empêche une approche plus approfondie de ce qui s’avance comme une curiosité pour attirer le chaland et le geek. Des dialogues circonspects, une succession d’événements épileptiques, des circonstances alambiquées, sans oublier des antagonistes passablement grotesques qui égrènent les planches. Certes, l’on reste dans un esprit bon enfant qui fait la part belle à la surenchère et aux pseudo-révélations qui entourent notre ami globe-trotter. Mais derrière cette simplicité assumée et ce rythme frénétique, l’importance réelle des possessions s’étiole comme peau de chagrin.

Elles se contentent d’intervenir pour résoudre une situation désespérée. Pires que cela, elles sont interchangeables, tant les pouvoirs ou les capacités avancées disposent de conséquences identiques. En clair, on ne fait guère dans la dentelle et on fonce dans le tas. La magie de Merlin, l’animalité de Dracula, l’esprit guerrier de Musashi parviennent à des règlements de compte expéditifs. La subtilité et l’intellect de Sherlock sont négligés, tandis que la finesse et l’espièglerie de Robin des Bois pointent aux abonnés absents. On ne retient que de simples éléments symboliques et la renommée de leur patronyme pour étayer une intrigue qui progresse cahin-caha.

De plus, le comportement de Fabian Gray n’est nullement influencé par ces illustres spectres. L’homme demeure taciturne, téméraire et égal à lui-même. Même sa personnalité manque de profondeur, tout comme les motivations des autres intervenants. Là encore, on tente d’étonner ou de flatter le connaisseur par d’autres figures célèbres dont les noms ne seront pas dévoilés ici pour éviter tout spoiler. Pour autant, leur présence ne change rien et tend à confirmer ce qui caractérise Five Ghosts, une évocation de surface qui dissimule un récit creux et terriblement prévisible dans les fils qui tissent la destinée du héros et les épreuves qu’il rencontre.

S’il n’est pas un échec total, Five Ghosts se révèle néanmoins un comics en demi-teinte. Derrière un concept original qui ne demandait qu’à se développer, on découvre une histoire basique qui joue d’effets spectaculaires pour poursuivre l’aventure. On oublie le semblant de crédibilité escompté, mais surtout on regrette le peu de cas que les auteurs font de la possession multiple. La succession des noms et les principaux attributs desdits personnages sont censés satisfaire le lecteur. Hormis l’aspect référentiel qui en découle, l’image et la présence de figures mythiques ne trouvent pas l’impact auxquelles elles auraient dû prétendre. Une œuvre basique et ciblée pour un public amateur de « pulp ». Les autres considéreront l’ensemble très succinct et globalement simpliste.

Note : 12/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.