Vendredi 13 – Chapitre 2 – Le Tueur du Vendredi

Titre Original : Friday the 13th – Part 2

De: Steve Miner

Avec Warrington Gillette, Adrienne King, Amy Steel, Betsy Palmer

Année: 1982

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Alors qu’on le croyait mort noyé au fond de Crystal Lake, Jason Vorhees revient se venger du sort réservé à sa mère. Après avoir assassiné Alice, seule survivante du premier opus, il massacre les innocents campeurs présents, puis doit faire face à Ginny, dotée de pouvoirs psychiques, et son ami Paul.

Avis:

Le cinéma est peuplé de sagas qui marqueront à jamais le septième art. Star Wars, Star Trek pour la SF, Underworld, Twilight pour la bouillasse vampirique pour adolescentes, Freddy, Halloween, Chucky ou encore Vendredi 13 pour l’horreur. Etrangement, le cinéma de genre est plutôt décrié dans les sphères qui s’autoproclament du bon goût et c’est pourtant là que l’on trouve les sagas les plus longues et le nombre le plus élevé de fans. Alors certes, il est vrai que bien souvent, la qualité de chaque film est plutôt variable, et plus la saga avance et plus on a tendance à sombrer dans l’opportunisme ou le film de trop qui n’a plus rien à raconter ou à apporter comme approfondissement de la mythologie. Et parmi les plus grands boogeymen du cinéma, Jason Voorhees a une place de choix, avec pas moins de dix films, un crossover et un remake. Figure iconique de la culture horrifique et même populaire, le tueur au masque de hockey n’a pourtant pas tout le temps eu ce faciès agressif. D’ailleurs, dans le premier, il n’est pas le tueur et dans le deuxième volet, il n’a qu’un sac sur la tête. Revenons donc sur ce deuxième chapitre, et essayons de savoir s’il apporte quelque chose de concret à la licence.

Le film se détache d’entrée de jeu de son aîné, dans le sens où il va reprendre quelques temps après les évènements du premier et délaisser le camp de vacances avec de jeunes gens innocents voulant niquer plutôt que de s’occuper d’enfants. On retrouve donc la survivante du premier film, celle qui a décapité la mère tueuse de Jason, dans son appartement, en proie à des cauchemars à cause de son vécu. C’est assez intéressant comme façon de faire, puisque cela permet de se remémorer le premier métrage, et ensuite de montrer le traumatisme d’une telle tragédie. Pour autant, Steve Miner, aux manettes de cette suite, n’oublie pas qu’il faut susciter de la peur avec cette suite, et il va très rapidement instaurer un climat d’angoisse au sein de l’appartement. Tout d’abord en montrant des pieds se dirigeant vers ce lieu, puis en laissant libre cours à la pensée de la jeune fille. Dès lors, on sait ce qui l’attend et l’inéluctable arrive, malgré une vaine tromperie avec un chat qui saute. C’est assez efficace comme façon de faire, même si aujourd’hui, on connait toutes les ficelles du genre, mais c’est surtout que la façon dont saute le chat est assez risible, puisque l’on voit que c’est quelqu’un qui le balance depuis la fenêtre. Alors oui, ce n’est pas bien méchant, on voit bien des mains surgir dans Inferno de Dario Argento et le film est un chef d’œuvre, mais il n’empêche que cela fait un peu tâche.

Et cet aspect artisanal, presque je m’en foutiste, va continuer durant tout le film, et encore plus lorsque le métrage change de cadre et se situe sur un camp de vacances à côté de Crystal Lake. Malgré les avertissements des autochtones, un formateur va décider d’établir son camp non loin de celui où Voorhees a écrit son nom afin de former des adolescents au métier de moniteurs de colonie. On s’y attend forcément, le massacre va avoir lieu et le fantôme de Jason flotte au-dessus du camp. A partir de là, il va être complexe de s’attacher au film, et cela pour plusieurs raisons.

La première, celle qui frappe de suite, c’est que cette suite n’apporte clairement rien à la licence en termes de mythologie et d’approfondissement du personnage central, à savoir Jason. On aura quelques éléments sur la fin, notamment en rapport avec sa mère, mais rien de bien probant et surtout, cela ne justifiera en rien le massacre commis par le tueur gigantesque. On aura bien une nana qui s’intéressera à la légende de Voorhees, essayant de dresser un portrait psychologique du tueur, le prenant pour un enfant qui n’aurait pas eu d’éducation et aurait donc un rapport erroné avec la mort, mais cela n’est qu’élucubrations de comptoir et ce n’est certainement pas pour rien qu’elle raconte tout cela au zinc d’un bar.

La deuxième chose qui est embarrassante dans ce film, c’est la présence de personnages dont on se fout royalement. Tous les personnages sont clairement de la chair à canon que l’on sert en libre pâturage à Jason. On retrouvera tous les imputables du genre, à savoir le couple coquin et curieux, l’handicapé, la bombe que l’on va voir entièrement nue, le beau gosse débile, etc…On ne ressentira aucune empathie pour ces jeunes, qui sont au départ trop nombreux et pas assez charismatiques pour marquer les esprits. De plus, leurs réactions sont purement débiles, et pas seulement dans le fait de n’avoir qu’une idée en tête, baiser, mais aussi dans leur façon de faire. Deux exemples sont flagrants dans le film. Le premier, c’est lorsque l’un des personnages se retrouvent la tête en bas à cause d’une corde. La nana doit alors partir chercher un couteau pour le descendre et elle va chercher dans sa chambre pour en sortir un canif. Il n’y a pas de cantine dans le camp? Le deuxième, c’est lorsque la nana veut se taper celui en fauteuil roulant, qu’elle part se préparer, et quand elle revient, il n’est plus là et elle va voir à l’étage s’il n’y est pas. C’est incohérent et stupide.

Enfin, ce deuxième chapitre manque d’ambiance et d’une marque de fabrique. Pur film de commande suite au succès du premier métrage, Steve Miner se contente du minimum et accumule les clichés du genre, que ce soit dans la mise en scène ou dans les situations. Il manque une véritable ambiance dans ce film, alors qu’il y avait matière à faire. D’autant plus qu’on a la sensation que le réalisateur ne sait pas quoi faire de tous ses personnages, en envoyant la moitié boire un coup dans un bar afin de ne pas les avoir dans les pattes. Fort heureusement, le film se rattrape sur un bon point, les meurtres. Ils sont relativement généreux et offrent parfois des moments plutôt marrants. On notera le coup de la lance qui perfore les deux amoureux en train de forniquer ou encore la machette en pleine gueule du type en fauteuil roulant, le faisant débouler toute une pente d’escalier sur plusieurs plans consécutifs. Alors oui, c’est une bien maigre consolation, mais cela fonctionne et permet au film de se sortir d’un marasme ambiant assez décevant.

Au final, Vendredi 13 – Chapitre2: Le Tueur du Vendredi est un film assez moyen et qui reste bien en-dessous de son aîné, n’arrivant jamais à égaler la surprise du boogeyman masqué. Et ce n’est pas le ralenti final avec le pauvre maquillage qui y changera quelque chose. On ne retiendra donc que la générosité des meurtres et une introduction assez percutante, rendant le film potable, malgré un milieu mou du genou et prenant trop peu de risque.

Note: 11/20

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Par AqME

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