décembre 2, 2020

Omagh

De : Pete Travis

Avec Stuart Graham, Gerard McSorley, Michelle Forbes, Peter Balance

Année : 2003

Pays : Angleterre, Irlande

Genre : Drame

Résumé :

Samedi 15 août 1998, ville d’Omagh en Irlande du Nord. A 15h10, lorsque la bombe de 250 kg explose dans le quartier commerçant de Market Street, elle tue 29 personnes et en blesse plus de 250 autres. Cet attentat, le plus meurtrier du conflit nord-irlandais, est revendiqué par le Real IRA, groupe dissident de l’Armée Républicaine Irlandaise.
Un mois plus tard, en dépit des engagements solennels de Londres et de Dublin, les responsables de l’attentat continuent à échapper aux policiers des deux Irlandes. Certaines sources affirment que la police connaît l’identité des coupables, mais ne les attrapera jamais, faute d’éléments à charge.
En colère, les habitants d’Omagh décident de constituer une association d’aide aux victimes.
Un homme, Michael Gallagher, dont le fils, Aiden, est mort lors de cet attentat, devient le porte-parole des familles.

Avis :

Pete Travis est un réalisateur britannique qui ne fait pas vraiment de bruit, mais qui a su faire son petit bonhomme de chemin. Proposant des films ou des séries télés, Pete Travis a su imposer un cinéma de qualité et de vérité, comme on pu le prouver des films tels que « Henry VIII« , « Angles d’attaque« , ou ses séries « The Jury » ou la petite dernière et petite merveille, « Fearless« .

Après un premier film fleuve de plus de trois heures sur Henry VIII, Pete Travis revient avec un film choc et lourd sur l’un des attentats les plus meurtriers de l’Irlande moderne.

Revenant sur le conflit entre l’Angleterre et les deux Irlandes, « Omagh« , du nom de la ville où l’attentat s’est produit, revient sur le parcours de famille des victimes qui se sont battues pour retrouver et faire inculper les auteurs du drame.

Beau, profond et touchant, Pete Travis nous offre-là une plongée d’un peu moins de deux heures dans un deuil infaisable et il vaut mieux être accroché.

15h10, Omagh, une voiture piégée explose en plein centre-ville. Le bilan est lourd, trente et un morts, dont plusieurs enfants, et des centaines de blessés. L’attentat est de suite revendiqué par une branche de l’IRA qui refuse le processus de paix que l’IRA et le gouvernement anglais viennent de prendre. Si l’enquête est une priorité absolue, très vite les familles des victimes vont avoir la sensation que rien n’avance. Elles vont donc se réunir pour se soutenir, faire pression sur les gouvernements, et même porter plainte contre les dirigeants de l’IRA face à la justice.

Produit par Paul Greengrass, « Omagh« , second film de Pete Travis, est un bijou de drame et surtout de terreur. Revenant et reconstituant les dernières heures de ces personnages avant l’attentat, Pete Travis nous livre là un film d’une terreur inattendue. Stressant comme jamais, en son départ, le réalisateur va diviser son film en trois actes. Trois actes très différents l’un de l’autre, pour rendre hommage aux victimes des attentats, et à leur famille, sans oublier d’offrir un film divertissant, qui en plus de retranscrire avec réalisme le combat des familles, offre un spectacle (si on peut appeler cela comme ça), tendu, réel et bouleversant.

Comme je le disais, le premier acte, très court, est d’une terreur absolue, rappelant des drames qu’on peut vivre encore aujourd’hui. La reconstitution de l’attentat est faite ici de manière à ce qu’elle soit le plus réel possible. Le réalisateur ne fait ni dans le spectaculaire, ni dans le pathos et nous, on reste impuissant face au drame qui va se produire.

La seconde partie sera là encore dans le réalisme (d’ailleurs, c’est le mot d’ordre de tout le film). Après le drame, le réalisateur nous piège auprès d’un père cherchant son fils au milieu de la panique et de l’organisation des secours, des hôpitaux. Installant un suspens terrible, on respire et l’on espère auprès de ce père. Le drame en est d’autant plus dur et bouleversant.

Puis enfin, son troisième acte, le plus long, sera sur la très longue bataille que les familles vont devoir mener pour que justice leur soit peut-être rendue un jour. Entre découverte macabre, pression de l’état et enquête bâclée, « Omagh » aura presque des éléments de film d’espionnage, car le réalisateur s’enfonce dans les méandres du conflit deux Irlandes, présentant une branche plus virulente de l’IRA, appelé la REAL IRA.

Bref, entre le drame humain, le côté espionnage, collectant des informations importantes, mais aussi contradictoires, ou encore cette ambiance éprouvante, suffocante, infernale, et ses comédiens bluffants de réalisme, criant de vérité, « Omagh » nous prend dès son ouverture et jamais ne nous lâche.

Pete Travis est un réalisateur dont on n’entend jamais parler et c’est bien dommage, car il nous montre encore une fois toute l’entendue de son talent. « Omagh » est un excellent film qui en plus se révèle être d’une instruction passionnante, exposant et revenant parfaitement sur l’un des derniers moments dramatiques de l’histoire de l’Irlande moderne.

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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