décembre 4, 2020

Beaumarchais l’Insolent

De : Edouard Molinaro

Avec Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain, Manuel Blanc, Claire Nebout

Année : 1996

Pays : France

Genre : Historique

Résumé :

Quand on pense à Beaumarchais on pense au Barbier de Séville et au Mariage de Figaro. Mais qui était en réalité Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais? Un homme d’affaires peu scrupuleux, un politicien visionnaire mais intéressé, un homme d’action courageux, prêt à user du verbe comme de l’épée, un grand amateur de femmes, un procédurier systématique mais défenseur acharné des droits de l’Homme. Enfin, un homme des Lumières.

Avis :

Edouard Molinaro, c’est un peu le pape de la comédie française. Ayant une carrière impressionnante, cette dernière est marquée par les succès de certaines de ses comédies qui sont aujourd’hui devenues culte. Comment ne pas citer, « L’emmerdeur« , « La cage aux folles » et ses suites, « Hibernatus« , « Oscar« , « Mon oncle Benjamin« , « Une ravissante idiote » (avec un Anthony Perkins en français, s’il vous plaît !)… Bref, la carrière d’Edouard Molinaro est un monument de cinéma et aujourd’hui, c’est sur sa dernière comédie sortie en salle qu’on va s’arrêter.

« Beaumarchais, l’insolent« , mené par l’excellent Fabrice Luchini, est donc une belle découverte. Revenant sur une partie de la vie de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, grande figure du siècle des lumières et presque annonciateur de la révolution française, Edouard Molinaro livre là un film aussi drôle que captivant. Et c’est quelque part entre la pure comédie et le biopic que le réalisateur a placé sa caméra, pour filmer un Fabrice Luchini génial, dont les tirades et les « je m’en foutisme » ne vont pas être prêt d’être oubliés.

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais est un homme pour le moins complexe. Dramaturge de génie, politicien visionnaire, homme d’affaire, amateur de la gente féminine et défenseur des droits de l’homme, Beaumarchais a marqué l’histoire et bien embêté deux Rois de France.

Excellent, voilà un mot qui définit très bien l’émotion ressenti devant le « dernier » d’Edouard Molinaro. Excellent, parce qu’instructif. Excellent parce que complexe et captivant. Excellent, parce que Fabrice Luchini est habité par son personnage et qu’il emmène derrière lui tout le gratin du cinéma français. Du culte Michel Serrault à Jean Yanne. Des toutes jeunes Sandrine Kiberlain, Florence Thomassin et Isabelle Carré aux grands Michel Piccoli, Jean-Claude Brialy et Jacques Weber. Et la liste est encore bien longue, tant on a l’impression que tout le cinéma français s’est battu corps et âme pour être dans le dernier film d’Edouard Molinaro (José Garcia, Guy Marchand, Martin Lamotte, Claire Nebout, Judith Godrèche, Alain Chabat, Michel Aumont … Je m’arrête là…).

Avec ce film, le cinéaste a su habilement composer entre la comédie populaire, offrant des scènes hilarantes, et le biopic respectueux, le tout basé sur une pièce de théâtre écrite par Sacha Guitry. « Beaumarchais, l’insolent » est un film qui passe d’un rythme à l’autre en une scène. C’est un film qui nous amuse et l’instant suivant tient notre attention sur certains évènements, puis l’instant suivant, une provocation en plus, on reste capturer de suspens, attendant et imaginant cette réaction. Bref, Edouard Molinaro a tout compris et nous raconte cette partie de vie de manière assez géniale.

« Beaumarchais, l’insolent« , c’est aussi une très belle reconstitution de la France de Louis XV et Louis XVI. Décors somptueux et démesurés. Costumes magiques et flamboyants. Et le tout servi par une mise en scène discrète, mais qui assure une très belle efficacité. On pourra simplement reprocher au film de nous perdre un peu dans le temps, ne sachant pas vraiment combien d’années se sont écoulées entre certains instants.

Puis enfin, j’y reviens, mais cet « … insolent« , c’est Luchini, et ici, Luchini est grand. « Beaumarchais … » c’est pratiquement un one-man-show de l’acteur qui manie avec amusement autodérision, punch, intelligence, magnant le verbe, la phrase, la virgule, et le français plus largement, avec un talent et une diction phénoménale, et finalement on ne voit personne d’autre à sa place. Qui d’autre aurait pu affronter Michel Serrault en Louis XV avec autant de classe, d’assurance et de « je m’en foutisme » à la fois ?

Si tout, ou presque est réussi, Luchini, dans ce rôle, c’est le champagne qui enivre la soirée. Bref, c’est du caviar et comme tout produit incroyable, il est rare et il se mange trop vite, car l’heure quarante que dure le film passe bien trop vite et l’on en aurait bien repris.

Cette dernière fantaisie d’Edouard Molinaro (il ne tournera plus que pour la télévision après), est donc un excellent film, qui se trouve être aussi intéressant qu’instructif. Emporté par des comédiens géniaux, une musique divine, une mise en scène discrète et jolie, « Beaumarchais, l’insolent » est un film dont on ne parle pas assez et après l’excellent moment de cinéma passé en sa compagnie, c’est avec plaisir que j’écris ces quelques lignes, afin de le remettre un peu dans la lumière.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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