Rage – Seasons of the Black

Avis :

On croit souvent que le Heavy Métal est né quelque part entre l’Angleterre et les Etats-Unis. Cependant, durant les années 80, l’Allemagne n’était pas en reste avec des groupes comme Helloween ou encore Gamma Ray. Un autre groupe va émerger de cette grosse vague aux riffs bien lourds, c’est Rage. Mais cette formation, qui gravite autour du chanteur Peter Wagner (le seul membre issu de la formation initiale), va avoir beaucoup de mal à se défaire de la concurrence. Pourquoi ? Tout simplement parce que les critiques, tout comme le public, trouvaient que Rage manquait d’identité et que leur son ne sortait pas forcément de la masse. Mais c’était sans compter sur la persévérance et l’abnégation des musiciens, qui à force d’efforts, ont réussi à se faire un nom et à se constituer une base solide de fans. Il aura tout de même fallu attendre près de dix ans et l’album Trapped ainsi qu’une tournée triomphale au Japon. Aujourd’hui, Rage fait partie des mastodontes du Heavy et il semblerait que fournir des mélodies Heavy soit assez facile pour eux, puisqu’ils sortent quasiment un album par an. Seasons of the Black arrive donc un an après le précédent opus, et il s’agit du vingt-troisième album studio du groupe. Mais la quantité ne rime pas forcément avec la qualité, alors est-ce que ce skeud est bon ?

L’album débute avec Seasons of the Black, un long morceau d’un peu plus de cinq minutes qui tente de mettre en place une introduction un peu éthérée avec des bruits étranges et des cris d’animaux. Puis rapidement, le groupe balance ses gros riffs barbares qui font parfois penser à du métalcore ou à du Death bien virulent. Le petit cri du chanteur pour amorcer la rythmique promet alors quelques beaux growls, mais finalement, on aura droit à un chant clair assez guttural par la tessiture du leader. Cependant, les couplets et les breaks sont relativement lourds tout en étant rapide et on voit que Rage a affiné sa technique et son identité au fil des albums. Le morceau est donc très bon, avec en prime un refrain entêtant qui fonctionne du tonnerre. Dans la playlist de l’album, on retrouve des morceaux du même acabit que ce Seasons of the Black. On peut citer par exemple Septic Bite et son rythme très rapide, se terminant par le cri d’un monstre qui fait de suite écho à Godzilla, ou encore Walk Among the Dead, malgré un refrain plus tendre au niveau des paroles et essayant de se donner plus de puissance avec l’appui d’une autre voix masculine. Bref, Rage n’hésite pas à envoyer du bois et entre les riffs assez lourds, les rythmiques rapides et la voix si gutturale du chanteur, le groupe fournit un album intéressant.

Intéressant mais qui manque tout de même d’une véritable marque de fabrique. Le plus étonnant dans cet album, c’est la différence entre l’image donnée par le groupe, quelque chose de violent, et finalement leur musique qui reste très accessible. Par exemple, Serpents in Disguise démarre relativement bien, avec des riffs rapides et une batterie qui tambourine, mais rapidement, le rythme se calme, le chanteur pose un peu plus sa voix et le morceau devient très étonnant avec un refrain mélodique et presque joyeux, en désaccord avec l’imagerie du groupe. Et cette dichotomie se retrouve dans d’autres sons. On peut citer Blackened Karma et sa jolie ligne de basse en début, ses riffs agressifs par la suite, puis les couplets d’un calme olympien, lorgnant vers le hard, voire le rock. On peut aussi parler de Justify, qui intervient après un break d’un peu plus d’une minute (Gaia) tout posé, et qui s’avère être un morceau joyeux, presque festif malgré quelques riffs un peu plus lourds qu’à l’accoutumée.  Et que dire de Farewell qui clôture l’album de manière étonnante et plutôt réussie, entre morceau rock symphonique et ballade entrainante. Bien évidemment, tout cela est plutôt bon et techniquement irréprochable, mais il manque tout de même un petit truc pour que l’ensemble soit vraiment accrocheur, un hit, un peu plus de diversité peut-être, ou même des titres carrément plus violents.

Au final, Seasons of the Black, le dernier album en date de Rage, est un skeud intéressant à plus d’un titre, qui réserve bien des surprises par les choix artistiques du groupe. Véhiculant une imagerie puissante et violente, le groupe prend tout le monde à contre-pied avec un album très accessible, parfois même un peu trop enjoué, et qui manque du coup d’une véritable identité. Un reproche que l’on a fait au groupe à ses débuts.

  1. Seasons of the Black
  2. Serpents in Disguise
  3. Blackened Karma
  4. Time Will Tell
  5. Septic Bite
  6. Walk Among the Dead
  7. All we Know is Not
  8. Gaia
  9. Justify
  10. Bloodshed in Paradise
  11. Farewell

Note : 14/20

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Par AqME

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