octobre 27, 2020

Hostel

De : Eli Roth

Avec Jay Hernandez, Derek Richardson, Eythor Gudjonsson, Barbara Nedeljakova

Année : 2006

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Deux étudiants américains, Paxton et Josh, ont décidé de découvrir l’Europe avec un maximum d’aventures et de sensations fortes. Avec Oli, un Islandais qu’ils ont rencontré en chemin, ils se retrouvent dans une petite ville de Slovaquie dans ce qu’on leur a décrit comme le nirvana des vacances de débauche : une propriété très spéciale, pleine de filles aussi belles que faciles…
Natalya et Svetlana sont effectivement très cools… un peu trop, même. Paxton et Josh vont vite se rendre compte qu’ils sont tombés dans un piège. Ce voyage-là va les conduire au bout de l’horreur…

Avis :

Le cinéma est un lieu privilégié pour l’imagination et le libre cours de nos rêves et fantasmes. Si la littérature permet aux scénaristes de trouver des idées novatrices et de mettre en images les mots que l’on lit, les faits divers ne sont pas en reste. Et de plus en plus, on retrouve des films qui, pour se donner plus de crédits, estampille leur film de l’étiquette : inspiré de faits réels. Hostel, le deuxième film d’Eli Roth, n’a pas cette prétention, et pourtant l’idée est venue d’un fait divers inconnu, prenant sa source dans un site web thaïlandais. En effet, c’est le webmaster du Aintitcoolnews.com qui a montré l’existence de ce site à Eli Roth, qui proposait des voyages avec la possibilité de tuer une personne pour quelques milliers de dollars. Il n’en fallait pas plus au réalisateur fantasque pour en faire un film, même si son projet de départ était d’en faire un documentaire. C’est donc ainsi qu’est né Hostel, sortant en plein boom des torture-porn, mais qui restera, aujourd’hui encore, dans le haut du panier.

L’histoire est très simple et ne sera finalement qu’un prétexte pour un petit déluge de torture. Josh et Paxton sont deux étudiants américains qui se font un road trip en Europe. On leur conseille alors d’aller en Slovaquie, où les nanas sont torrides. Mais lorsque l’un de leurs potes disparait mystérieusement, les deux amis commencent à se poser des questions. On pourrait croire comme ça que le film n’est qu’un étalage de clichés sur patte et que la torture sera la base du métrage, mais ce n’est pas totalement vrai. La première moitié du film est clairement une présentation des personnages et même s’ils resteront très caricaturaux, on s’attachera à eux, notamment à Josh, qui fait cette virée pour oublier un amour perdu. Les trois compères sont drôles, et Eli Roth n’hésite pas à tout montrer que leur quotidien, les embrouilles comme les baises d’un soir. Etrangement, et même si on reconnaît bien là une vie remplie de vacuité, on sent de l’empathie pour eux car ils sont sympathiques. Ce ne sont pas des goujats, ils veulent juste s’amuser et prendre du bon temps avant de reprendre les études.

Cependant, on pourrait reprocher un énorme défaut au film, celui d’être rempli de clichés par rapport aux gens de l’Est. C’est bien simple, Eli Roth fait un défilé de freaks et de tronches cassées au niveau du casting masculin, et même les enfants sont des clichés sur patte avec leur chapka et leurs yeux qui ne regardent pas droit. Cette parade monstrueuse, qui concerne même les flics, sera contrebalancée par le casting féminin, comme si toutes les femmes de l’Est étaient des bombes anatomiques et facilement baisables. Ce dimorphisme tend à appuyer un sentiment d’insécurité, comme lorsque le policier dit au jeune américain qu’il est si loin de chez lui, mais on ne peut s’empêcher d’y voir une certaine facilité. Ce sentiment de malaise sévit durant tout le film, notamment grâce aux décors naturels voulus par Eli Roth et à une ambiance poisseuse régnants dans les bas-fonds de ce village perdu. Là-dessus, il y a un réel travail intéressant et rien n’est laissé au hasard. D’ailleurs, la montée en pression du film se fait crescendo et il n’y a aucun défaut de rythme. Mais encore une fois, on reste dans la carte postale glauque des pays de l’Est, pauvres et perclus de paysans.

Fort heureusement, le film se rattrape sur le côté gore et son aspect volontairement grandguignolesque. La seconde moitié du film se concentre exclusivement sur la survie d’un des deux héros, et bizarrement, c’est sur celui que l’on apprécie le moins que l’histoire va se focaliser. Un petit coup de génie de la part du réalisateur, qui fait mourir celui pour lequel on ressent le plus d’empathie, et qui fait lutter et survivre celui pour qui on avait plus de réserves. En faisant cela, le réalisateur permet de développer un peu plus ce personnage et de se rendre compte de sa fidélité en amitié, ainsi que de sa robustesse. Les éléments gores vont aussi parsemer le métrage, n’hésitant pas à filmer des gros plans pour que le spectateur se sente bien mal à l’aise. C’est poisseux, c’est sale et surtout, cela veut montrer une chose essentiel de la nature humaine, l’ennui peut amener au meurtre. Car dans son film, malgré le côté torture-porn, Eli Roth glisse un message assez pertinent sur la lutte des classes, où les riches continuent à buter les pauvres, juste pour le plaisir, se leurrant vainement en pensant qu’ils sont en train de faire une partie de chasse. Alors certes, ce n’est pas la première chose que l’on voit dans Hostel, mais c’est assez prégnant pour être noté. On relèvera tout de même quelques scories, comme cette volonté de sauver une jeune fille inconnue au bataillon, ou encore quelques caméos inutiles bien que sympathiques comme celui de Takashi Miike, l’une des références d’Eli Roth.

Au final, Hostel est un film qui fait partie des bonnes surprises dans le domaine du torture-porn. Relativement bien shooté avec des personnages plutôt attachants, on se focalisera surtout sur l’ambiance glauque au possible et un aspect gore déjanté pleinement assumé. On regrettera juste le manque de nuance dans le portrait des gens de l’Est et un film sommes toutes assez classique dans sa narration et dans son concept même de juste torturer des gens. Néanmoins, on ressent un plaisir certain devant ce film maîtrisé et fait avec honnêteté.

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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