Zombie Lover

Titre Original : Make-Out With Violence

De: Deagol Brothers

Avec Eric Lehning, Cody DeVos, Leah High, Brett Miller

Année: 2009

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Les amours au lycée. La perte d’un être cher. Ce sont des moments de nos vies que nous ne pouvons oublier. Patrick et Carol Darling sont deux frères adolescents qui doivent à leur tour faire le deuil de leur amour de lycée… la si belle Wendy, mystérieusement disparue quelques semaines plus tôt. Or, l’un des deux frères refuse obstinément de croire en sa mort. Son corps n’ayant jamais été retrouvé, il s’enfonce dans les bois où elle a disparue afin de comprendre ce qui aurait pu s’y passer. Une recherche qui s’avéra fructueuse puisque la belle Wendy y est présente, attachée entre deux arbres, le regard perdu et le corps putride.

Avis:

Le zombie est une créature assez fascinante qui inspire un grand nombre de réalisateurs. Si le père de tous les morts-vivants reste George A. Romero, ce n’est pas pour rien. En effet, le cinéaste a pris le concept du zombie et du film d’horreur pour y insérer une critique acerbe et virulente de la société, du racisme, de la violence, de l’humanité dans sa globalité. Il fut le premier à insuffler une portée intelligente dans un film qui fait réellement peur. Puis petit à petit, le zombie est devenu une figure iconique du cinéma de genre, à un tel point qu’il a fini par phagocyter d’autres créatures à une époque, comme le vampire. Décliné en comédie, en drame, en film d’action ou encore dans des westerns, le mort-vivant fascine. Le problème, c’est que parfois, c’est raté et que déjà que le zombie n’est pas très vivace et loquace, on se retrouve parfois devant des métrages douteux, qui essayent de dire quelque chose à travers le zombie, mais qui n’y parviennent pas vraiment. Ce qui est le cas de Zombie Lover, un film indépendant américain, bardé de récompenses, et qui pourtant et d’une nullité affligeante.

Le pitch de départ est du déjà-vu, comme pour Dead Girl par exemple. En gros, une nana disparait, ce qui contrarie toute la communauté où elle vivait. Elle avait un petit copain et un autre gars était fou amoureux d’elle. Ce gars, c’est Patrick, un rouquin à lunettes qui n’a jamais eu le courage de lui dire ses sentiments. Patrick a un frère jumeau, Carol, qui semble un peu limité, mais qui a un succès fou avec les filles. Un jour, Carol retrouve cette fille attachée à un arbre en mode zombie. Il décide de la ramener, ce qui éveille de nouveaux sentiments chez son frère, qui décide de la planquer. A partir de là, on va vite voir que l’histoire tourne au glauque lorsque l’amoureux de service va commencer à pouponner la zombie. Bref, sans grande surprise, on tombe sur une romance horrifique, comme le laisse présager l’affiche. Sauf que l’on aurait pu s’attendre à une comédie romantique avec des zombies, un peu comme Shaun of the Dead, mais on sera loin du compte.

Le début fait illusion, avec un petit garçon qui présente tous les personnages qui auront un rôle à jouer dans l’histoire. C’est raconté simplement, avec des mots d’enfant, et il y a une certaine crédibilité dans tous ces portraits rapides. Le problème, c’est qu’avec la surenchère de personnages, on n’a pas vraiment le temps de s’attacher à quelqu’un. Les présentations sont sommaires et le film essaye tant bien que mal de passer de l’un à l’autre pour apporter des backgrounds un peu plus solides. Sauf que ça ne marche pas car au bout d’un moment, tous ces protagonistes vont commencer à faire n’importe quoi. Le « héros » est super bizarre, voire creepy, dans sa façon de regarder la nana, faisant passer l’amour pour quelque chose de malsain. Son frère est un pseudo tombeur qui drague tout ce qui bouge avec succès et à un moment, ça doit servir l’intrigue (c’est-à-dire que le frère amoureux de la zombie donne une liste de choses à faire pour divertir les gens pendant qu’il s’occupe de son cadavre), mais on ne comprend pas pourquoi il fait ça. Les personnages féminins sont des nunuches qui oublient vite leur amie disparue. Bref, on ne comprend pas tout ce monde qui fait très portrait Amérique profonde mais pas trop, comme on le voit trop souvent dans les films indépendants américains qui se veulent dénonciateurs.

Ensuite, Zombie Lover pose un deuxième problème, c’est que sa thématique du zombie et de l’amour fou n’est quasiment pas développée. On voit rarement la morte-vivante, les quelques séquences qu’elle a se veulent un peu sales, notamment quand elle bouffe un rat vivant, mais on n’y croit pas une seule seconde. Le film oublie complètement de nous parler de la condition du mort dans un monde de vivants et les quelques insertions glauques ne servent strictement à rien. Et ce n’est pas le montage faussement auteur qui mettra de l’intelligence dans l’ensemble. D’autant plus que le film est tourné avec les pieds. On sent bien que le budget fut minimal, mais les efforts fournis ne sont pas suffisants. Il n’y a pas de rythme, le film est trop généreux en palabres inutiles, comme ce dîner en famille entre Carol et la famille de sa copine du moment. Cela ne sert à rien. Et des moments futiles et inutiles, le film en est comblé à ras la gueule. Et que dire des acteurs, puisque aucun d’eux n’a percé, en sachant qu’ils jouent comme des sacoches et qu’ils sont tous plus ou moins détestables.

Au final, Zombie Lover est une purge infâme qui ne mérite pas tous les prix qu’il a reçu, et certainement pas celui de la mise en scène. Peu éclairé, peu inspiré, aussi bien dans le scénario que dans la réalisation, le film fait la part belle à la médiocrité, tout en essayant de masquer son vide intersidéral avec un message faussement arty et des thématiques familiales usées jusqu’à la corde. Un film de zombie complètement raté dans tout ce qu’il entreprend.

Note: 01/20

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Par AqME

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