Androïdes – Tome 4: Les Larmes de Kielko

Auteurs : Jean-Charles Gaudin et Viska

Editeur : Soleil

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Los Angeles – 2037. Mon nom est Kielko, je suis l’androïde domestique des Morgan, une famille épanouie et codifiée «  »Important personality » ». Je suis à leur service depuis plus d’un an. Les mots émotion et sentiment n’ont de valeur que pour vous, les humains. Pour moi, ce ne sont que des mots, des algorithmes qui déterminent mes actions et réactions. Depuis quelque temps, je ressens quelques perturbations nano-technologiques qui ne figurent dans aucun de mes paramètres d’initialisation. Je sais que Grady a un comportement déviant. Mon devoir est de garder le silence. Je dois l’accompagner dans des lieux peu recommandables. Mais dans son sillage, il y a ce liquide rouge que vous appelez sang. Un élément qui me fascine jusqu’à l’obsession…

Avis :

Quatrième volume de la série Androïdes des éditions Soleil Anticipation, Les larmes de Kielko touche, surprend, choque et nous montre une toute autre facette des robots intelligents, une nouvelle vision qui diffère totalement des trois autres.

Dans cet univers qui n’est pas très éloigné temporellement du nôtre, les androïdes font partie intégrante de notre environnement. Ils sont très utiles et permettent aux gens de se décharger d’énormément de tâches. Le rêve, quoi ! On suit très vite une famille, les Morgan, qui se servent de leur androïde pour cuisiner, surveiller leur enfant unique, s’occuper de lui, gérer quelques tâches de gestion de la maison et se souvenir de toutes informations importantes.

Différemment aux autres volumes, l’androïde est décrit ici comme un réel utilitaire. Physiquement, même s’il est humanoïde, il n’y a pas d’effort particulier pour cacher ses circuits électroniques et le fait qu’il ne soit pas fait de chair. Régulièrement, il doit être rechargé pour fonctionner et a donc des états de veille comme les machines que nous connaissons.

De plus, au même titre que les trois lois de la robotique, les androïdes comme Kielko apprennent diverses normes sur les humains et se doivent de les respecter si ce n’est de les comprendre. La BD nous en fait part à de multiples reprises et permettent au personnage principal de nous partager ses réflexions sur l’être humain qu’il admire par-dessus tout et qui diffère totalement de ce qu’il est. Par exemple, à la page 3, Kielko essaie de comprendre les passions amoureuses et détaille « l’annexe à la nomenclature d’accès 1-A [qui] parle d’attraction, de passion ou de désir ». Ces passages nous aident également à mieux cerner ce que l’auteur entend par « androïde ». Sa réflexion est intéressante et pertinente. Toute la BD est portée par ces idées, par les sensations de Kielko et sa fascination pour l’être humain. Une machine peut-elle ressentir de l’amour, des sensations ? Ces choses peuvent-elles s’apprendre même via le biais d’une intelligence artificielle de haute volée ? La fin de ce tome étonne et répond à ces questions d’une manière plus complexe que prévue et que l’on ne voit pas forcément arriver.

La BD tourne rapidement au thriller avec des meurtres qui s’enchaînent. La famille Morgan traîne dans des affaires louches et malsaines. Tout est fait pour nous mener là où l’auteur le veut et cela est très bien monté. On ne se rend compte de rien et on est tenus en haleine tout le long de la lecture. Les planches montrent le minimum, nous laissant nous imaginer la suite, et ne donnant pas de détails superflus. Une fixette est marquée sur la personne de Madame Morgan, nous la montrant sans cesse à travers les yeux de Kielko. Perversion, crimes, tromperies, ce volume décrypte l’âme humaine et le cœur d’une machine d’une façon prenante et captivante. On s’attache malgré nous à cet androïde.

La fin est surprenante, même si certains lecteurs vont la sentir venir. Elle est très bien menée et est réellement touchante. Elle nous amène à réfléchir sur plusieurs aspects de la technologie et des sensations qui empêchent la raison de s’affirmer, chez l’humain comme chez la machine. Le titre est d’ailleurs assez équivoque et n’est compris qu’à la toute fin. Les fameuses lois de la robotique sont ici décryptées avec soin et nous font nous poser de multiples questions.

Les dessins, comme pour les autres volumes, sont magnifiques et nous font voyager et rêver. On est vite embarqués dans ce monde étrange où les nouvelles technologies foisonnent. La BD commence en 2037, à Los Angeles et l’on peine à croire que dans 20 ans nous en serons là où le scénariste le pense. Cependant, les inventions ne sont pas exagérées, et ne nous montrent pas un futur totalement surréaliste, ce qui nous permet une meilleure immersion et donne une meilleure crédibilité.

La frontière entre l’Homme et la machine n’a jamais été aussi ténue que dans ce tome-ci qui clôt la série avec succès. La science-fiction et les questions sur l’androïde sont souvent au cours des débats et passionnent les foules.

Cette BD se lit vite malgré le nombre de pages excédant le total habituel (56 au lieu de 48). L’histoire est complète, complexe, la psychologie des personnages est détaillée suffisamment pour nous plonger dans les aventures de Kielko. On ne s’ennuie pas et on en redemande !

Note : 18/20

Par Lildrille

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